Retour Accueil
Retour page précédente

PLAIRE A DIEU d’après les Règles de Saint Basile

Le monachisme basilien

Vie de Basile
Comment vivait-on ?

Plaire à Dieu d'après les Règles de Saint Basile

I Vouloir plaire à Dieu.
II L'ascèse.
III L'amour fraternel.

Sommaire histoire du monachisme

III L’amour fraternel

Le moine désire aimer Dieu de tout son être. Un tel amour est inné en l’homme à la manière d’un germe. Etre à l’école des commandements du Seigneur, c’est apprendre à cultiver ce germe, le nourrir et le porter à son épanouissement avec la sagesse divine. C’est cet amour reçu de Dieu qui anime toute la vie du moine. En effet, la charité embrasse tous les commandements (GR 2). Le soutien fraternel est un très grand bienfait de la vie cénobitique. Le champ du combat, la voie assurée du progrès, un entraînement continuel, la pratique assidue des commandements du Seigneur, voilà ce qu’est aussi une communauté de frères. Elle tend à la gloire de Dieu (GR 7). La mise en commun des biens,le souci de ne rien laisser échapper des commandements qui sont donnés aident à plaire à Dieu. Si l'on est plusieurs à chercher avec sollicitude, ce sera plus facile de trouver la solution cachée car Dieu nous fera la grâce de la découvrir dans les enseignements et les avertissements du Saint-Esprit (Prologue GR). Au monastère, l’amour fraternel s’exprime principalement dans le service et l’attention mutuels. Dieu a décidé que nous aurions besoin les uns des autres afin que nous soyons unis les uns aux autres (GR 7).

1. Le service fraternel.

En servant ses frères, le moine sert le Seigneur lui-même : tous ceux qui ont la charge d’être utiles aux frères doivent sentir intérieurement et montrer extérieurement qu’ils servent non des hommes mais le Seigneur lui-même, car dans sa grande bonté, celui-ci estimera comme rendus à lui-même l’honneur et le zèle rendus à ceux qui lui sont consacrés, et il promet en récompense l’héritage du Royaume des cieux (cf. Mt 25, 34-40; GR 34).

Dieu nous a donné la propension naturelle à aimer notre prochain; ce sont les fruits de ce germe que Notre Seigneur nous demande quand il dit :  Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres (Jn 13, 34: GR 3).

2.  L’attention mutuelle.

L'attention mutuelle, c ’est toute cette inexprimable délicatesse fraternelle qui fait que l’on s’oublie soi -même pour ne plus être centré que sur l’amour. Alors on se réjouit avec un frère qui est honoré parce qu’il cherche à plaire à Dieu, selon la parole de l’Apôtre (1 Co 12, 26; PR 175), et lorsqu’on a des reproches ou des exhortations à faire à un frère, on parle avec charité et tremblement, avec une grande humilité, dans le seul but de plaire à Dieu. On le fait avec bienveillance et compassion à l’égard des auditeurs (PR 184). Si le frère que l’on a corrigé est touché, alors le cœur du moine s’applique à ne pas rechercher sa propre gloire mais la gloire de Dieu et l’édification du prochain (PR 185) et l’on sait que plus on est humble, plus on plaît à Dieu.

3. La charité et la miséricorde.

Dans les moindres détails Basile appelle les frères à faire preuve de charité et de miséricorde envers leurs frères. Il met vraiment le commandement de l’amour en premier dans les Règles, comme le Christ l’a fait dans l’Evangile. L’amour fraternel au monastère est un amour ardent, plein de délicatesse et d’attention mutuelle. C’est aussi un amour qui a une certaine retenue dans son expression, qui exige une vraie pureté du cœur. Le frère est avant tout seul avec Dieu; il ne cherche que Dieu, avec un cœur ardent et il doit poursuivre cet amour unique qui embrasse tous les autres, avec zèle et persévérance.

Les règles basiliennes sont un trésor de vie spirituelle; elles tracent la route toute directe vers le cœur du Seigneur. Plaire à Dieu, c’est le chercher et le louer avec ardeur. Une disposition exprime bien l’attitude de celui qui veut être agréable à Dieu : la ferveur du cœur, toujours et partout. Ces expressions jalonnent les Grandes et Petites Règles. Le cœur du moine est ardent, quelles que soient ses occupations, quels que soient les ordres reçus. C’est la relation d’amour qui constitue la vie spirituelle. Le moine n’a qu’un souci : plaire à son Seigneur bien-aimé. C’est sa vocation. Sans cesse il tend à faire davantage (PR 121). Il ne néglige rien de ce qui plaît à Dieu (PR 98), il ne prend pas de repos; il se soucie d’accomplir parfaitement et sans cesse la volonté de Dieu (PR 276). A cette fin, il essaie de faire passer toute sa vie dans la louange de Dieu; il veut être une hostie vivante offerte au Père et il vit dans l’humilité et la crainte de Dieu. Il veille sur son cœur, désirant ne rien négliger de ce qui peut le purifier, d’où toute sa vie ascétique. Libéré peu à peu de lui-même, il s’ouvre à ses frères et se donne à eux en devenant serviteur, un serviteur discret, bienveillant et débordant de miséricorde.
                   Le moine qui plaît à Dieu est un être simple, de cette simplicité toute évangélique, toute absolue, la simplicité des fils du Royaume de Dieu.

Je pense qu’être simple, écrit Basile, c’est être sans mélange et absolument pur de tout contraire, comme un seul bloc. Et tout est orienté vers la piété; non seulement cela mais encore soucieux d’atteindre la fin et en toutes choses, de façon que chacun, à la place qui lui est assignée, tende correctement vers son but sans se laisser détourner même par des buts semblables(GR 264).

Le désir de plaire à Dieu englobe les composantes du propos monastique : conversion, fuite du monde, solitude, ouverture du cœur, obéissance, vie sous le regard de Dieu, assomption du désir humain.

Le désir de plaire à Dieu est le désir ardent, absolu et universel du disciple de Jésus-Christ.

Retour au sommaire monachisme.