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AUX ORIGINES DE CLUNY

Aux sources de cluny
La vie communautaire
Les monastères de femmes

Introduction

L’éclatement de l’empire carolingien provoque un séisme politique de grande envergure. Le Xe siècle est appelé à juste titre « le siècle de fer ». C’est un temps de terreur. Les Vikings « s’installent » dans la riche Normandie en 911, les Sarrasins remontent les vallées alpines sans rencontrer une grande  résistance et les hordes hongroises arrivent aux portes d’Orléans. L’empire perd ses repères ; la crise économique atteint toutes les couches de la société.

Et pourtant, au cours de ce « siècle obscur », la tradition bénédictine, qui faisait naufrage elle aussi, refleurit dans les diverses région de l’Europe Occidentale.

Une lumière brille peu à peu dans les ténèbres. Cluny germe ! Mais il ne s’agit pas d’une génération spontanée, loin de là !

Le contexte monastique

En effet, le 10 juillet 817, à Aix la Chapelle, Benoît, moine d’Aniane, ami de  Louis le Pieux, s’adresse aux Grands de l’Empire et de l’Eglise réunis en concile. Il brosse un tableau accablant du relâchement des moines. Il attribue leur décadence à la diversité des Règles, plus ou moins vécues, en usage dans les monastères, et à la méconnaissance de la Règle Bénédictine. Un débat s’ensuit entre Benoît et l’assemblée conciliaire. Un Capitulaire de 83 articles en résulte. Parmi ces articles, mentionnons :

Et surtout obligation est faite aux monastères de l’empire d’adopter la Règle Bénédictine interprétée par la lecture qu’en fait Benoît d’Aniane. De ce fait toutes les règles monastiques locales et régionales sont supprimées, et l’unification du monachisme se réalise.

Aux sources de Cluny

Ceci révèle qu’il y a eu tout un mouvement de réforme monastique dont Cluny et les groupes parallèles sont les heureux bénéficiaires [cf. par exemple Camaldoli avec Saint Romuald (950 -1027) et Vallombreuse avec Saint Jean Gualbert] ; ils sont les aboutissants et non pas les créateurs. Cluny est le plus important d’entre eux par sa durée, par son éclat et par l’étendue de son champ d’action.

Le monastère de Cluny est fondé en 9101 par Guillaume, Duc d’Aquitaine (+918). Guillaume était l’arrière petit-fils de Guillaume le Grand (775 – 812) qui s’était retiré à Aniane en 806 puis avait fondé un monastère non loin de là, monastère qui prit son nom : Saint Guilhem-le-Désert. Guillaume confie la fondation de Cluny à Bernon.

Qui était Bernon ?

Le peu d’éléments dont nous disposons sur la vie de Bernon nous permet de comprendre les origines de l’observance clunisienne. En effet, Bernon était moine de Saint-Martin d’Autun. Anzy le ducCette Abbaye était très fervente depuis sa restauration qui avait eu lieu vers 859 sous l’influence de Charles-le-Chauve. La réforme de Saint-Martin d’Autun avait été confiée par le roi au comte Badillon. Pour ce faire, le comte se rend à l’Abbaye Saint-Savin-sur-Gartempe, sise près de Poitiers, fille d’Aniane, célèbre dans tout l’empire pour sa régularité monastique selon la réforme initiée par Benoît d’Aniane. Le comte obtient dix-huit moines pour Saint-Martin d’Autun. Parmi eux :

- Arnuphe qui devient Abbé de Saint-Martin,

- Hugues qui deviendra Abbé d’Anzy-le-Duc (Hugues de Poitiers). On peut encore aujourd’hui se recueillir sur son tombeau dans la crypte de l’Eglise d’Anzy.

crypte d'Anzy le duc Sous l’influence des moines de Saint-Savin, Saint-Martin d’Autun adopte la réforme de Benoît d’Aniane et se transforme, devenant une pépinière de saints. Vers 886, la communauté est sollicitée pour restaurer l’antique abbaye de Baume. Bernon est envoyé par ses frères pour accomplir cette œuvre. Abbé, il y apporte la réforme bénédictine. Il fait de même, quatre ans plus tard, lorsqu’il fonde l’Abbaye de Gigny dont il devient aussi Abbé.



1 L’année de la fondation de Cluny a fait l’objet de nombreuses controverses : 908 ? 909 ? 910 ?  910 a été retenu depuis le XVIIe s.



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