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LA VIE DE SAINTE MACRINE

1.1. Naissance, enfance, adolescence.

Chapitres

1. La vie de Macrine
1.1 Naissance, enfance, adolescence
1.2 Le travail de Macrine dans la maison familiale
1.3 Le caractère de Macrine
1.4 La vie monastique à Annisa
1.5 L'attitude de Macrine pendant sa maladie
1.6 La mort de Macrine
1.7 Ce que représentait Macrine pour les moniales
1.8 Les miracles accomplis par Macrine

2. La mère de Macrine

3. Les frères de Macrine

3.1 Basile
3.2 Naucratios
3.3 Pierre de Sébaste
3.4 Grégoire de Nysse

4. Deux moniales d'Anissa
4.1 Vetiana
4.2 Lampadion

5. La vie philosophique à Anissa

Sommaire histoire du monachisme
Sainte Macrine

Macrine est l’aînée d’une famille de dix enfants (cf. P.G. 46/973A). Si nous connaissons bien la vie de quatre garçons (le cinquième est probablement mort en bas âge), Basile, Grégoire de Nysse, Pierre de Sébaste et Naucratios, par contre nous ne savons rien de la vie des filles, si ce n’est, bien sûr, de Macrine.

A sa naissance, le bébé reçoit le nom de sa grand-mère paternelle, mais ce nom reste un nom civil, si sainte qu’ait été la grand-mère, car Macrine reçoit un nom secret, celui de Thècle, donné par révélation à sa mère lorsqu’elle la mit au monde et Macrine va garder toute sa vie ce nom caché, symbole de sa vocation de vierge et de “témoin” du Christ. Comme c’était souvent l’usage, ce nom secret est donné pour prédire ce que sera la vie de l’enfant et pour signifier, par cette identité de nom, qu’elle choisirait un même genre de vie (VSM 2), à savoir la virginité, selon la vie (légendaire) de sainte Thècle dans les Actes de Paul. L’enfant grandit. Elle avait sa propre nourrice, néanmoins sa mère la nourrissait le plus souvent, nous dit Grégoire et nous pouvons remarquer ainsi combien, dès son plus jeune âge, Macrine et sa mère ont été très liées par une grande proximité de vie, qui ne cessera qu’avec la mort de la mère. La petite Macrine est intelligente, ouverte et apprend facilement tout ce qu’on lui enseigne, quelle qu’en soit la matière. Ses parents décident donc de lui faire faire des études.Le Dialogue de l’âme et la résurrection nous montre Macrine initiée à la philosophie platonicienne. Toutefois, sa mère ne veut pas qu’elle reçoive un enseignement profane; elle va donc instruire elle-même Macrine dans l’Ecriture “inspirée de Dieu”, et plus spécialement dans :

Pendant son adolescence, la vie de  Macrine est rythmée par la récitation du psautier sept fois par jour, signe de la prière incessante :
au lever, en se mettant au travail, en achevant le travail, en prenant le repas, en quittant la table, en allant se coucher, en se relevant la nuit pour prier. Ce n’est pas une nouveauté. La Vie de Macrine s’inscrit dans la tradition ecclésiale la plus ancienne. Basile organisera aussi la vie des fraternités au rythme de la prière :

Quoi donc de plus heureux que d’imiter sur terre le choeur des anges : dès le commencement de la journée, se lever pour la prière et honorer le Créateur par des hymnes et des chants, puis, lorsque le soleil s’est mis à briller de sa lumière pure, aller au travail, partout accompagné de la prière et du sel des hymnes, pour ainsi  dire, assaisonner encore ses travaux? (Lettre II)

Grégoire écrit que Macrine gardait partout la psalmodie avec elle, telle une compagne fidèle qui ne fait pas un seul instant défaut (3).

Macrine grandit ainsi; elle travaille la laine et, à douze ans - l’âge du début de la vie adulte (cf. Jésus au Temple) - resplendit la fleur de la jeunesse. Macrine est très belle si bien que ses parents forment pour elle un projet de mariage, projet qui échouera d’ailleurs par la mort du jeune homme. En effet, le père de Macrine cherchait pour sa fille bien-aimée un jeune homme tout à fait remarquable, d’excellente naissance, de bonnes moeurs, d’une magnifique réputation - obtenue par ses discours et talents oratoires mis au profit des pauvres et des opprimés. Le père de Macrine décide donc de fiancer sa fille à cet être exceptionnel, et voilà que ce jeune homme meurt. Ses parents essaient à nouveau, en vain, de la marier; on lui tient maints discours. Beaucoup de prétendants se présentent, rien n’y fait. Macrine, qui a un caractère ferme , dit que sa décision était de se marier avec le jeune homme choisi par son père et qu’il faut se contenter de ce mariage conclu pour elle une fois pour toutes car le jeune homme étant mort, il est en voyage et il lui faut lui rester fidèle. De la sorte Macrine affirme sa décision de virginité qu’elle lie avec celle de ne jamais se séparer de sa mère, fût-ce un seul instant.. A cette époque, il était normal qu'une vierge ne quitte pas la demeure familiale et vive sous l’autorité de ses parents (Cf. Lettre de Jérôme à Laeta - Lettre 107- pour l’éducation de la petite Paula : Qu’elle ne quitte jamais sa mère, même pas de la largeur d’un ongle); mais ce qui est nouveau ici, c’est que c’est Macrine elle-même qui prend la décision de vivre dans la virginité. Et Grégoire, de cette façon, fait remarquer l’importance, pour lui capitale, de la liberté Cf. Livre du Père Gaith).

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