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1.2. Le travail de Macrine dans la maison familiale

Chapitres

1. La vie de Macrine
1.1 Naissance, enfance, adolescence
1.2 Le travail de Macrine dans la maison familiale
1.3 Le caractère de Macrine
1.4 La vie monastique à Annisa
1.5 L'attitude de Macrine pendant sa maladie
1.6 La mort de Macrine
1.7 Ce que représentait Macrine pour les moniales
1.8 Les miracles accomplis par Macrine

2. La mère de Macrine

3. Les frères de Macrine

3.1 Basile
3.2 Naucratios
3.3 Pierre de Sébaste
3.4 Grégoire de Nysse

4. Deux moniales d'Anissa
4.1 Vetiana
4.2 Lampadion

5. La vie philosophique à Anissa

Sommaire histoire du monachisme

Ainsi mère et fille lient leur vie, en un fructueux échange, la mère prenant soin de l’âme de Macrine et Macrine prenant soin du corps de sa mère. La mère affirme d’ailleurs que la vie commune n’est pas pénible avec sa fille car elle en reçoit profit : elle bénéficie en effet, de la part de sa fille, de soins attentifs qui remplacent plusieurs servantes. Nous avons là un modèle de vie communautaire!
- Au plan du travail manuel, Macrine prend part à tous les travaux nécessaires dans la maison (n’oublions pas que de par sa naissance elle aurait normalement vécu sans rien faire, en se faisant servir). Elle procure à sa mère de la nourriture par son propre travail, elle prépare le pain, etc.... En effet, elle jugeait qu’une telle occupation convenait à son genre de vie.. On travaille parce que travailler fait partie de la vie pauvre. Ce travail humble, travail d’esclave pour lequel les Anciens n’avaient aucune estime, est radicalement nouveau, si bien que Macrine est présentée ici comme un modèle. Rappelons-nous la petite Eustochium, ou plutôt les objections que lui prêtait Jérôme : Je suis une jeune fille raffinée qui ne peut travailler de ses mains que Jérôme n’exhortera pas au travail manuel mais à l’abandon à la Providence (cf. Lettre 22 de Jérôme)... Ce qui n’empêchera pas Eustochium d’éplucher les légumes et de préparer la soupe pour toute sa communauté quand elle en sera devenue la supérieure!  Paula apprendra à travailler la laine, mais c’est là un travail (le seul à ma connaissance) que l’on pouvait demander à une femme libre. Macrine prête également ses mains pour le service liturgique.
- Au plan du travail moral et spirituel, Macrine partage tous les tracas de sa mère - or ceux-ci sont importants car Emmelie est veuve, a de lourds impôts à payer et porte les soucis d’une mère ayant quatre fils (le cinquième est mort très jeune, avant la mort du père) et cinq filles. Macrine va donc essayer d’alléger le poids des douleurs de sa mère, comme nous le verrons plus loin, spécialement lors de la mort de plusieurs de ses fils.

D’autre part, Macrine travaille à se garder sans tache sous la conduite de sa mère. La pureté de vie, l’obéissance à l’ancien sont les bornes qui jalonnent sa course vers le Christ. Et Emmelie entraîne Macrine vers la vie dépouillée et immatérielle. Vous aurez remarqué les verbes dynamiques : conduire, courir, entraîner... Il s’agit bien d’une course spirituelle en effet et vous trouvez là le thème du progrès.

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