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1.3. Le caractère de Macrine

Chapitres

1. La vie de Macrine
1.1 Naissance, enfance, adolescence
1.2 Le travail de Macrine dans la maison familiale
1.3 Le caractère de Macrine
1.4 La vie monastique à Annisa
1.5 L'attitude de Macrine pendant sa maladie
1.6 La mort de Macrine
1.7 Ce que représentait Macrine pour les moniales
1.8 Les miracles accomplis par Macrine

2. La mère de Macrine

3. Les frères de Macrine

3.1 Basile
3.2 Naucratios
3.3 Pierre de Sébaste
3.4 Grégoire de Nysse

4. Deux moniales d'Anissa
4.1 Vetiana
4.2 Lampadion

5. La vie philosophique à Anissa

Sommaire histoire du monachisme

Grégoire écrit que Macrine eut trois croix dans sa vie : la mort de ses deux frères et la mort de sa mère; à propos de la mort d’Emmellie il ne nous révèle rien du caractère de Macrine, par contre il montre celui-ci à travers la mort de Naucratios et de Basile ainsi que sa propre maladie qui va la conduire à la mort.

Dans ces épreuves se révèle toute la grandeur d’âme de Macrine. Elle se montre ferme et inébranlable. Elle sait opposer la raison à la douleur et ne pas se laisser écraser. Elle se tient sans broncher et toutes les descriptions que fait son frère nous montrent combien Macrine est un homme debout.  En effet, n’allons pas penser que Macrine n’est pas atteinte par la mort de ses proches; bien au contraire, elle en est très affectée (Naucratios était son frère le plus cher; on sait aussi l’affection qu’elle portait à Basile), mais elle s’élève au-dessus de la nature. Son exemple, ses exhortations à la patience et au courage permettent à sa mère de surmonter  la douleur qu’elle éprouve.

D’autre part, Macrine sait se laisser purifier dans l’épreuve. Ceci nous est clairement montré lors de la mort de Basile, “le grand Basile”, que Macrine aimait tant. Macrine reconnaît comme bienfaisants ces assauts successifs du malheur car une seconde purification, une seconde fonte dans le creuset permet que l’on soit séparé des scories qui n’ont pas été éliminées lors de la première purification. Ainsi, pense-t-elle, le métal ne rejette absolument plus d’impuretés, il est PUR. Macrine se révèle alors être un athlète invincible : elle demeure FERME dans le CHRIST. Ce thème de la pureté est développé tout au long de cette Vie.

Enfin, lors de sa maladie - qui la conduira à la mort -, Macrine a aussi une attitude toute conforme à l’idéal de la philosophie : dans la souffrance et la fièvre elle rafraîchit son corps et garde son esprit libre et, dans la contemplation des réalités d’en-haut, elle ne se laisse pas atteindre par sa faiblesse physique. Devant son frère venu la visiter, elle essaie de cacher l’oppression de sa respiration et crée un climat joyeux, plaisante même. Comme avec sa mère, son exemple de fermeté vis-à-vis d’elle-même entraîne son frère. C’est ainsi qu’à l’évocation fraternelle de la mort du grand Basile, Grégoire pleure; Macrine elle, ne pleure pas, elle sait se dépasser elle-même et, finalement, l’âme de Grégoire se sent dégagée de la nature humaine (17). Macrine ne vit pas de rupture entre la contemplation et l’apostolat : elle éduque autant par sa parole que par sa conduite.
                   Grégoire, et c’est tout dire du caractère de Macrine, compare sa sœur à un :

" coureur qui arrive près du but, ayant dépassé son adversaire et annonçant déjà sa victoire, voyant la couronne du vainqueur et dirigeant son regard vers le prix de l’appel  d’en-haut. "
Macrine vit en athlète du Christ. Sa poursuite du Christ est libération progressive en vue de Le voir .



 Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu.


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