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1.5. L’attitude de Macrine pendant sa maladie

Chapitres

1. La vie de Macrine
1.1 Naissance, enfance, adolescence
1.2 Le travail de Macrine dans la maison familiale
1.3 Le caractère de Macrine
1.4 La vie monastique à Annisa
1.5 L'attitude de Macrine pendant sa maladie
1.6 La mort de Macrine
1.7 Ce que représentait Macrine pour les moniales
1.8 Les miracles accomplis par Macrine

2. La mère de Macrine

3. Les frères de Macrine

3.1 Basile
3.2 Naucratios
3.3 Pierre de Sébaste
3.4 Grégoire de Nysse

4. Deux moniales d'Anissa
4.1 Vetiana
4.2 Lampadion

5. La vie philosophique à Anissa

Sommaire histoire du monachisme

Il vaut la peine de s’attarder sur l’attitude de Macrine pendant sa maladie car là aussi se révèle sa personne. D’une manière exemplaire elle affronte la souffrance physique, puis la mort. Lors de la visite de son frère Grégoire, Macrine, atteinte d’une maladie qui conduit à la mort, est pleine de fièvre; elle ne jouit d’aucun confort particulier; elle est étendue à même le sol sur une planche recouverte d’un sac; une autre planche sert d’oreiller. Lorsque son frère arrive (ils ne se sont pas vus depuis de nombreuses années et cette visite a lieu après bien des souffrances et morts familiales), Macrine ne peut déjà plus se lever; elle s’accoude et s’efforce de faire à Grégoire l’honneur de venir à sa rencontre. Macrine essaie de cacher l’oppression de sa respiration et de créer un climat joyeux; elle plaisante, puis fait l’évocation de leur frère bien-aimé, le grand Basile; enfin elle disserte sur la vie philosophique. Son attitude montre combien Macrine prend soin, avec une grande délicatesse, de son frère Grégoire, en s’oubliant elle-même. Elle achève de parler en lui disant : Il est temps pour toi, frère, de te reposer. Puis, devinant les pensées inquiètes de Grégoire au sujet de la mort prochaine de sa sœur, elle le réconforte. On remarque là, une fois de plus, la maîtrise que Macrine a d’elle-même, sa grandeur d’âme, toute l’orientation de sa vie vers le Seigneur, vers la vie bienheureuse (tension que nous retrouverons dans le De Instituto christiano). Macrine vit tournée vers Dieu et les autres. Elle prend grand soin de Grégoire et de ses compagnons; elle ne les laisse pas livrés à eux-mêmes. Elle a fait ses recommandations pour le repas. Elle ne parle d’elle-même que pour rendre grâce; elle vit, en ses derniers moments, une véritable anamnèse. En effet, dans le but non de se raconter mais de rendre grâce au Seigneur, elle retrace sa vie depuis sa jeunesse; - en fait, elle relate surtout la vie de ses parents, du moins c’est ce qu’en rapporte Grégoire (VSM 20). Puis le Lucernaire (c’est-à-dire ce que nous appelons maintenant les Vêpres) commence; le récit est interrompu... La primauté est toujours donnée à l’Office Divin.

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