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3.2. Naucratios

Chapitres

1. La vie de Macrine
1.1 Naissance, enfance, adolescence
1.2 Le travail de Macrine dans la maison familiale
1.3 Le caractère de Macrine
1.4 La vie monastique à Annisa
1.5 L'attitude de Macrine pendant sa maladie
1.6 La mort de Macrine
1.7 Ce que représentait Macrine pour les moniales
1.8 Les miracles accomplis par Macrine

2. La mère de Macrine

3. Les frères de Macrine

3.1 Basile
3.2 Naucratios
3.3 Pierre de Sébaste
3.4 Grégoire de Nysse

4. Deux moniales d'Anissa
4.1 Vetiana
4.2 Lampadion

5. La vie philosophique à Anissa

Sommaire histoire du monachisme

Naucrate était le second des frères de Macrine, et il l’emportait sur tous ses frères par ses heureuses dispositions naturelles, par sa force, son habileté en toutes choses. Il est brillant, encore plus brillant que le Grand Basile, et donne à vingt-deux ans une conférence publique qui séduit tous les auditeurs. Comme Basile, inspiré  par la prévoyance divine, il se convertit. Il se tourne vers la vie solitaire et pauvre, n’emportant rien d’autre avec lui que lui-même... il vivait donc en lui-même... (8)  Cette expression platonicienne (cf. Phédon 65c; Rép. X 604a)  employée ici par Grégoire de Nysse se trouvera aussi dans les Dialogues de saint Grégoire le Grand qui écrit que Benoît habitait avec lui-même. Il est intéressant de remarquer que les deux Grégoire, de culture différente, ont la même source et la même intuition spirituelle. Naucratios fuit toute distraction.

Il ne reste pas comme Basile, à Annisa, mais se retire en un lieu désert près d’un fleuve, dans une forêt épaisse. Il vit  loin des troubles de la ville et des occupations absorbantes du service impérial. Il se fait serviteur de quelques vieillards malades et sans ressources. Il chasse et/ou pêche et nourrit ces vieillards du produit de sa chasse ou de sa pêche. On peut se demander si ce mode de vie est traditionnel dans d’autres milieux monastiques, mais souvenons-nous simplement de l’influence d’Eustathe qui lui, pratiquait ce service de charité.

S’il vit seul, il vit néanmoins dans l’obéissance à sa mère - ce qui est tout à fait relatif comme obéissance!- : Par obéissance à sa mère, il est heureusement guidé vers Dieu, dans l’obéissance des commandements divins (8). Il mène ainsi pendant cinq ans la vie philosophique et fait la joie de sa mère par son mode de vie. Un accident de chasse, qui reste très obscur, met fin à sa trop courte existence terrestre...

La conversion de Naucratios est comparable à celle de Basile. On peut néanmoins remarquer comment Grégoire nous relate cette conversion de Naucratios : il part du lieu le plus intérieur : lui-même, pour arriver au lieu secondaire : le lieu géographique, près de l’Iris, dans le Pont. (Cf. Lettre II de Basile).

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