Retour Accueil
Retour page précédente

L'Eucharistie

Saint Cyprien

Sa vie, son œuvre
Le martyre
L'Eglise
Le baptême
L'Eucharistie

Saint Cyprien

1) Qui la reçoit ?

De plusieurs textes de Cyprien, il ressort de manière claire que tout baptisé, dès son plus jeune âge, est admis à la communion, sous les deux espèces. Il semble que cela ait été le cas dans toute l’Église et c'est encore ce qui se passe aujourd'hui dans les Églises orientales.
En revanche, en sont exclus tous ceux qui ont quitté l’Église, ainsi que tous ceux qui ont gravement péché et, tout en restant membres du corps ecclésial, se trouvent dans la catégorie des pénitents. Cela a été mentionné plus haut, au sujet des lapsis repentants et réconciliés au moment de la menace d'une nouvelle persécution. Cela sera détaillé plus bas, avec la question de la pénitence.

Il est à noter que l'Eucharistie est reçue tous les jours par les fidèles.

Nous ne voudrions pas, alors que nous sommes dans le Christ, et que tous les jours nous recevons l'eucharistie comme la nourriture de notre salut, à cause d'une faute plus grave, être obligés de nous abstenir de la communion.

Ce qui ne veut pas dire que la messe était célébrée quotidiennement. En effet, il était possible alors aux fidèles de conserver chez eux le Corps du Christ. Il est possible que le texte suivant fasse allusion à cette pratique courante :

Une femme [qui avait renié durant la persécution] voulut ouvrir avec des mains impures la cassette où elle conservait la sainte Eucharistie; mais il en sortit une flamme qui la repoussa et l’empêcha de toucher le pain consacré.
Des Lapsis ... 14.

2) Corps et Sang du Christ

1) La réalité sacramentelle

A de nombreuses reprises, Cyprien parle de la réalité sacramentelle de l'Eucharistie. Il croit et il prêche que communier revient à recevoir le Corps et le Sang du Christ, cela ne fait aucun doute pour lui. Comme visiblement pour ses interlocuteurs. C'est probablement pour cela qu'il est toujours allusif sur cette vérité qui ne connaît pas alors de contestation. Il n'y a donc pas ici à détailler sur ce qui est la foi de l’Église depuis les origines jusqu'à nos jours.

2) Dans le calice, vin et eau

Un conflit s'est élevé au sujet de prêtres qui se contentaient de mettre de l'eau dans le calice. Consulté, Cyprien ironise à leur sujet :

… A moins que l'on ne craigne, au sacrifice du matin, d'exhaler l'odeur du sang du Christ en sentant l'odeur du vin.

La première conséquence, la plus visible, est un fléchissement de la fermeté de la foi. Si la peur des moqueries provoque ce rejet de « toute véritable discipline religieuse » (dans l'antiquité, le seul véritable repas de la journée, qui était accompagné de vin, se déroulait le soir, ou tout au moins en fin de journée. Seuls les ivrognes buvaient dès le matin), que se passera-t-il lors d'une prochaine persécution ?

C'est ainsi que les frères, dans la persécution ont moins d'ardeur à souffrir comme le Christ, en apprenant à rougir de son sang dans les sacrifices.
Lettres ... LXIII, XV, 1.

Mais ce qui est plus grave, et que ne comprennent pas les « aquariens », c'est qu'il en va de la validité même du sacrement. Et c'est ce que souligne longuement Cyprien dans sa Lettre, après avoir cité de nombreux exemples bibliques pour démontrer la place du vin :

En effet, comme le Christ nous portait tous, qu'il portait nos péchés, nous voyons que l'eau figure le peuple, le vin le sang du Christ. Quand donc dans le calice l'eau se mêle au vin, c'est le peuple qui se mêle avec le Christ, et la foule des croyants qui se joint et s'unit à celui en qui elle croit. Ce mélange, cette union du vin et de l'eau dans le calice du Seigneur est indissoluble.
Lettres ... LXIII, XIII, 1-3.

De ce texte, nous pouvons comprendre que le Sang du Christ n'est pas celui de Jésus, au sens historique. Mais c'est celui du Christ tout entier, qui est tête et corps. C'est, tout ensemble le Christ et les fidèles qui sont offerts ici dans le calice, inséparablement. Nous retrouvons ici cette unité, si chère à Cyprien. Et profondément vraie.

L'Eucharistie est également le sacrifice de l’Église. L’Église, qui est le Corps du Christ, participe à l'offrande de son Chef. Avec Lui, elle est offerte elle-même tout entière. Elle s'unit à son intercession auprès du Père pour tous les hommes. Dans l'Eucharistie, le sacrifice du Christ devient aussi le sacrifice des membres de son Corps.
C.E.C. § 1367.

3) Un seul autel

Ce que Cyprien affirme pour le baptême est également valable pour l'Eucharistie. Aux yeux de l'évêque de Carthage, l’Église est seule habilitée à célébrer et à donner les sacrements, puisqu'elle seule est unie en vérité au Christ. Être séparé de l’Église revient nécessairement à être séparé du Christ. Aucun sacrement ne peut donc être donné en vérité par celui qui n'est pas dans l’Église.

4) Fruits

Ce n'est pas à des mourants mais à des vivants que la communion doit être rendue. De cette manière, ceux que nous excitons et animons au combat ne resteront pas sans armes et découverts, mais seront protégés par le corps et le sang du Christ ; l'Eucharistie devant être une défense à ceux qui la reçoivent, ceux que nous voulons voir défendus contre l'adversaire seront munis du secours de la nourriture dominicale.
Lettres ... LXVII, II.

Par l'Eucharistie, le chrétien reçoit le Christ et sa force pour tenir bon dans le combat. Ceci est vrai dans un contexte de persécution mais pas seulement.

Pour vivre en chrétien, l'homme doit rester uni au Christ. Et cette union, c'est surtout à travers l'Eucharistie quotidienne qu'elle se vit. Et qu'elle se conserve. Afin de déboucher sur la vie éternelle.

.