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Vie sociale, mariage et virginité

Saint Cyprien

Sa vie, son œuvre
Le martyre
L'Eglise
Le baptême
L'Eucharistie
La pénitence
Le combat spirituel
La prière
Vie sociale, mariage et virginité
L'usage des biens

Saint Cyprien

A) La virginité

Les vierges, qui vivent au sein de leurs familles, ont une vocation à part, dont Cyprien vante la grandeur. Pour lui, c'est une vie qui dépasse tout ce qui peut être imaginé. Cependant, une telle gloire ne s'acquiert pas sans combattre, et c'est pourquoi Cyprien n'hésite pas à comparer la vie d'une vierge à celles d'un martyr. Et cela passe en particulier par la mortification du corps. Mais, pour y être fidèles, les vierges doivent se tenir en permanence en garde pour éviter les occasions de chute : usage des biens, fréquentation de banquets, des bains publics …

B) la vie sociale

1) La chasteté

Unissant le récit de la création et le passage où saint Paul compare l'union conjugale au mystère qui unit le Christ à l’Église (Eph. 5), Cyprien fait remonter l'origine de la pudeur à l'origine même de l'homme.

La pudeur s'acquiert et se conserve par une grande maîtrise de soi et par l'évitement de tous les lieux et circonstances qui pourraient lui nuire. Une grande vigilance est ici requise, d'autant plus que les occasions ne manquaient pas dans une cité antique : statues, mythes et récits divers, bains publics …

2) La modestie de la tenue

La tenue doit être modeste, pour ne pas attirer l'attention : vêtements simples, pas de maquillage, de cheveux teints, de bijoux. Ce sont surtout les femmes qui sont ici visées.

Pour justifier son propos, Cyprien avance un argument scripturaire : la création de l'homme et de la femme, que Dieu a faits « à son image et à sa ressemblance ». Voici comment il s'adresse à celles qui se maquillent et se teignent :

Dieu a dit : « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance », et on osera changer et dénaturer l'ouvrage de Dieu ! C'est un attentat contre Dieu que de réformer et de transfigurer son œuvre. Sachons-le bien, ce qui naît vient de Dieu ; les changements sont l’œuvre du démon. Les Vierges ... .i

3) Les loisirs

Les spectacles, cirque, théâtre ou autre, offrent deux dangers. Ils ont toujours une dimension religieuse, donc idolâtrique, et ils possèdent une dimension malsaine du fait de leur violence et de leur climat immoral. Tout cela va à l'encontre des valeurs chrétiennes et le croyant, s'il veut préserver sa vie spirituelle, n'y a pas sa place. C'est une question de foi.

Pour compenser, deux types de spectacles sont proposés, qui tous deux renvoient à Dieu : celui de la nature, qui tourne vers le Créateur. Et celui des Écritures :

Que le chrétien étudie les saintes Écritures ; là encore, il trouvera des spectacles dignes de sa foi. Il verra Dieu créer le monde ainsi que les animaux et les soumettre au pouvoir de l'homme. Il verra les méchants engloutis dans un naufrage commun et les justes miraculeusement sauvés, […] et, pour couronner le spectacle, le démon qui avait soumis le monde à son empire abattu sous les pieds du Christ. Quel spectacle, mes frères! […] Ce spectacle, ce n'est pas un consul, un prêteur qui le donne, mais c'est le Créateur de toutes choses. Les Spectacles ... 6.

C) La Mort

Cyprien vit en un temps de guerres, d'épidémies… Ce qui ne le trouble pas car il a un sens aigu de la fragilité du monde. Pour lui, le monde va vers sa fin, comme le prouvent à la fois la diminution des richesses naturelles et la perte des valeurs morales chez l'homme. Mais ce n'est pas dans les biens de ce monde que le chrétien met son espérance.

Et, alors qu'ils connaissent comme les autres la souffrance et les épreuves, les chrétiens ne devraient pas s affliger, eux qui croient aux promesses du Royaume. Mais, parce qu'ils manquent de foi, ils cherchent à rester en ce monde au lieu de tendre vers Dieu.

C'est en paix et dans la joie que le chrétien véritable quitte ce monde pour paraître devant son Dieu.

Celui qui doit rejoindre la maison du Christ et jouir de l'éclat du royaume ne doit ni s'affliger ni se lamenter, mais plutôt se réjouir de son départ et de son transfert, confiant dans la promesse de Dieu et fort de sa foi dans la vérité. La mort ... 23.

La mort est le moment du jugement, où chacun se voit rendre selon ses actes. C'est pourquoi la pénitence est si importante, elle qui manifeste le regret des fautes commises.
L'évêque de Carthage a, au fond de lui, l'espoir d'amener tout homme à la conversion. C'est dire qu'il n'est pas habité par la haine lorsqu'il fait ses descriptions terribles de l'enfer et des peines éternelles de ceux qui s'y trouvent. Là aussi, nous trouvons une dimension thérapeutique. Son ultime admonestation à un païen, qui lui est hostile, est vibrante :

A vos actes de haine, nous répondons par la bienveillance, et en échange des tourments, nous vous montrons les chemins du salut. Croyez et vivez, et vous qui nous persécutez pour un temps, réjouissez-vous avec nous pour l'éternité. […] Tant que l'on demeure en ce monde, il n'est pas trop tard pour se repentir. […] Quand bien même ce serait à l'article de la mort, au moment où s'achève la vie temporelle, que tu viendrais à prier pour tes fautes et à implorer celui qui est l'unique vrai Dieu, en confessant que tu le connais et en ayant foi en sa connaissance, le pardon t'est accordé à toi qui le confesses. A Démétrien 25

Fougueux, emporté, entier, sans concession, et de ce fait parfois violent, Cyprien est malgré tout un homme habité de Dieu, tellement qu'il ne sait faire autrement que de laisser le dernier mot à la miséricorde divine et à l'espérance pour l'homme.