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Irénée, sa vie, son œuvre

Saint Irénée

Sa vie, son œuvre
Les combats d'une vie
Les sources d'Irénée pour affirmer sa foi
La création de l'homme
La chute
La Révélation de Dieu à l'homme
Incarnation et Rédemption

Saint Irénée de Lyona) Sa vie

Nous n'en connaissons que peu de choses : les seules sources sont ses propres écrits et de rares renseignement puisés chez Eusèbe de Césarée, dans son Histoire ecclésiastique.

Né en Asie (vers le milieu du II° siècle), peut-être baptisé enfant, il a connu Polycarpe (né vers 69, mort martyr vers 155), évêque de Smyrne (aujourd'hui Izmir en Turquie) dont il a reçu un enseignement.

Pour une raison inconnue, Irénée est venu à Lyon, après un possible passage par Rome. En Gaule, il devra d'ailleurs apprendre la langue du lieu. Nous ignorons également où et quand il a été ordonné prêtre.

En 177, il appartient au clergé de Lyon. Cette année là, il est envoyé à Rome porter une lettre au pape Eleuthère. Les spécialistes actuels sont divisés à ce sujet : pour les uns, c'est son déplacement à Rome qui lui a permis d'échapper à la vague de persécution qui s'est abattue sur la communauté. Pour les autres, il n'a pas été arrêté et a été sacré évêque pour succéder à Pothin mort dans les geôles, avant de se rendre à Rome porter la Lettre des chrétiens de Vienne, relatant la martyre de l'évêque, de Blandine et de leurs compagnons. Certains lui attribuent même la paternité de cette lettre.

Nous retrouvons Irénée à Rome vers 190 où il intervient auprès du pape Victor qui voulait excommunier tous les chrétiens d'Asie, car ceux-ci suivaient une tradition particulière pour la date de Pâques. L'intervention est un succès, l'unité de l’Église est préservée.

Nous ignorons enfin la date et les circonstances de la mort d'Irénée. La tradition qui en fait un martyr est très tardive. Aucune mention n’apparaît à ce sujet avant le VI° siècle. Elle est donc loin d'être assurée.

b) Son œuvre

Irénée a écrit plusieurs ouvrages, mais deux seulement nous sont parvenus, dans des traductions : La dénonciation et la réfutation de la gnose au nom menteur, plus connu sous le nom de Contre les hérésies, et La démonstration de la prédication apostolique. (Ces deux ouvrages ont été publiés dans la Collection des Sources Chrétiennes, mais se trouvent également en libre accès sur internet.) Les citations qui seront faites proviendront de l'édition des Sources Chrétiennes.

Dans les deux cas, toute l'argumentation est basée sur les Écritures. Irénée ne cite aucun auteur profane.
Dans son œuvre, Irénée aborde de nombreux thèmes. Mais au centre de tout, se trouve Dieu qui se révèle à travers les Écritures et à travers son Fils qui s'incarne et « récapitule » tout en Lui afin de sauver l'homme. Celui-ci est précieux puisqu'il est modelé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Tout chez Irénée part des Écritures, car elles sont le lieu par excellence où Dieu parle à l'homme. Mais la Tradition n'en est pas moins importante car c'est par elle et grâce à elle qu'une juste interprétation des dites Écritures peut être faite en Église.

c) Sa postérité

Irénée a été très cité par de nombreux Pères, tant grecs (Basile, Cyrille de Jérusalem, Jean Damascène, Maxime le Confesseur … ) que latins (Tertullien, Hippolyte de Rome, Augustin … ) Très tôt, ses œuvres ont été traduites, ce qui a d'ailleurs 'sauvé' ce qui nous est parvenu.

Très peu connu au Moyen-Âge, il a été redécouvert à partir du XV° siècle. Les éditions du Contre les hérésies se sont alors multipliées. (La Démonstration n'a été retrouvée qu'en 1904). Peu apprécié au XIX° siècle, il est aujourd'hui considéré comme un théologien majeur. Après Augustin, il est le Père le plus cité par le Concile Vatican II.

Pour mieux connaître la pensée d'Irénée, vous pouvez lire un très bon ouvrage de Bernard Sesboüé : Tout récapituler dans le Christ, Collection Jésus et Jésus Christ, n° 80, Éditions Desclée, 2000.

 

A suivre ...