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Les sources d'Irénée pour affirmer sa foi

Saint Irénée

Sa vie, son œuvre
Les combats d'une vie
Les sources d'Irénée pour affirmer sa foi
La création de l'homme
La chute
La Révélation de Dieu à l'homme
Incarnation et Rédemption

Saint Irénée de Lyon

A/ Les Écritures

a) Elles sont le lieu où Dieu se révèle

Pour affirmer sa foi, Irénée refuse toute spéculation. Pour lui, il est clair que tout ce que l'homme doit connaître par la foi est révélé dans les Écritures. Le reste ne le concerne pas. Il ne faut pas perdre de vue qu'il s'oppose à des hérétiques qui se lancent dans des spéculations interminables.

Si par exemple on nous demande : avant que Dieu ne fit le monde, que faisait-il ? Nous dirons que la réponse à cette question est du pouvoir de Dieu. Que le monde ait été fait par Dieu par mode de production et qu'il ait commencé dans le temps, toutes les Écritures nous l'enseignent, mais quant à savoir ce que Dieu aurait fait auparavant, nulle Écriture ne nous l'indique. Donc la réponse à la question posée appartient à Dieu. (CH II 28, 3)

Tout ce que l'homme peut connaître de Dieu se trouve dans les Écritures et nul part ailleurs. Irénée ne se contente pas de l'affirmer, il le met en pratique. Chacune de ses affirmations théologique est appuyée par de multiples citations scripturaires, tant de l'Ancien que de Nouveau Testament. Et aucune autre source, philosophique, littéraire … ne peut être mise en évidence dans ses écrits.

b) Elles forment un tout

Pour Irénée, il est clair que l'ensemble des Écritures forme un tout. Elles proviennent du même Père et c'est le même Esprit qui a parlé par les prophètes et qui repose sur le Christ. L'Ancien Testament annonce le Christ, c'est pour l'évêque de Lyon une certitude. C'est ainsi que la Démonstration de la Prédication Apostolique est constituée d'un perpétuel renvoi de l'Ancien au Nouveau Testament. Nous reviendrons plus loin sur ce thème. Irénée démontre à longueur de page que le Christ est venu accomplir, dans toutes les étapes de sa vie, ce qui avait été annoncé. Une véritable lectio où de nombreux livres bibliques sont mis à contribution, en particulier (mais pas seulement) la Genèse, les livres prophétiques et les psaumes car les annonces prophétiques (au sens large) n'ont d'autre but que de provoquer notre foi au moment où les événements annoncés se réalisent : à savoir l'Incarnation du Fils.

Mais pour les comprendre en vérité, il est nécessaire de les lire en Église.

Si quelqu'un croit au seul Dieu qui a fait toutes choses par son Verbe [ … ], celui-là sera « attaché à la tête, par laquelle le corps tout entier est coordonné et uni et, grâce à toutes les jointures de distribution, selon la mesure de chaque partie, opère la croissance du corps pour son édification dans la charité » (Eph IV 16), ensuite toute parole de l’Écriture aura pour lui une signification pleinement assurée, pourvu qu'il lise ces Écritures d'une manière attentive auprès des presbytres qui sont dans l’Église, puisque c'est auprès d'eux que se trouve la doctrine des apôtres. (CH IV 32, 1)

B/ L’Église et la Tradition

Irénée possède un grand sens de l’Église. Le fait qu'il ait beaucoup voyagé et connaisse des communautés diverses l'a peut-être aidé à aller en cette direction. Nous pouvons relever un point : à ses yeux, les chrétiens sont tous issus du paganisme. Irénée ne mentionne jamais les communautés ou les personnes venues du judaïsme. Il est vrai qu'en son temps, de telles communautés étaient souvent suspectées de ne pas être totalement fidèles à la foi chrétienne car tentées de revenir à des pratiques juives.

a) La succession apostolique

Ce qui différencie la véritable Église de tous les courants hérétiques, c'est son origine, laquelle est connue. Irénée, nous l'avons vu à l'introduction, a été enseigné par Polycarpe, lui-même disciple de Saint Jean. C'est ainsi que chaque église locale doit pouvoir remonter aux apôtres, comme le montre la succession des évêques. Telle est la vision d'Irénée mais elle ne correspond pas à la réalité historique. L'évêque de Lyon affirme en effet que l'organisation ecclésiale qu'il connaît est celle qui a toujours existé, ce qui n'est pas le cas. De nombreux textes nous le démontrent, mais cela nous entraînerait trop loin.
Voici par exemple comment il conclue la liste de la succession apostolique de l’Église de Rome :

Voilà par quelle suite et quelle succession la Tradition se trouvant dans l’Église à partir des apôtres et la prédication de la vérité sont parvenues jusqu'à nous. Et c'est là une preuve très complète qu'elle est une et identique à elle-même, cette foi qui, dans l’Église, depuis les apôtres jusqu'à maintenant, s'est conservée et transmise dans la vérité. (CH III 3, 3)

C'est donc pour Irénée cette continuité des évêques qui est à la fois gage de vérité, assurance de la foi, et fondement de l'unité de l’Église, en dépit de l'éloignement dans le temps et dans l'espace.
En effet, la succession des générations ne change rien à la foi, pas plus que la dispersion géographique. Toute l’Église, quelle que soit sa localisation, est une, car partout est professée la même foi. En cela, elle s'oppose clairement aux hérétiques qui possèdent chacun leur tradition propre et des enseignements particuliers.

Si Irénée insiste sur l'importance de l'unité de la foi, il ne méconnaît pas les différences qui peuvent exister dans la manière de vivre cette foi. C'est ainsi qu'il est intervenu à diverses reprises pour rétablir la paix entre des communautés menacées de divisions du fait de pratiques différentes. Ce qui se vérifie au sujet de la date de Pâque. Mais aussi au sujet d'autres pratiques, comme le jeûne .

 

A suivre ...