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15 août : fête de l'Assomption.

AssomptionDès la fin du V° siècle on célébrait à Jérusalem la « Dormition » de la Vierge Marie  qui rappelait sa mort et son entrée dans la gloire céleste. A Rome, c'est vers 650, que la fête du 15 août est adoptée pour célébrer sa glorification. Si l'Eglise l'a toujours vénérée comme  la première créature régénérée et sauvée par la mort et la résurrection de son fils avant même la naissance de celui-ci, elle a reconnu dans un dogme promulgué le 1° novembre 1950 par Pie XII,  qu'« au terme de sa vie terrestre, la Vierge Marie a été élevée en corps et en âme, à la gloire du ciel ». 

L'Assomption de Marie découle de sa maternité divine. Dieu a « préservé de la dégradation du tombeau, le corps qui avait porté son propre Fils et mis au monde l'auteur de la vie » De même que la maternité de Marie a été une grâce pour le monde entier, ainsi son Assomption personnelle inaugure l'assomption de l'humanité en Dieu.
La liturgie de cette fête nous fait vivre ce mystère. 
Dans la première lecture (Ap 11,19 -12,10), saint Jean voit le «temple qui est dans le ciel »  s'ouvrir « pour laisser apparaître l'arche de l'Alliance ». Cette arche de l'Alliance est un coffret de bois précieux qui contenait les Tables de la Loi et qui fut détruit lors de la destruction du Temple en 587 avant notre ère. Elle symbolisait la présence de Dieu à son peuple.  Cette vision « du ciel »  signifie ainsi que Dieu offre à toute l'humanité une Alliance éternelle en Jésus- Christ. « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu et le pouvoir de son Christ »
« Un signe grandiose apparut dans le ciel : une femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous ses pieds,  et sur la tête une couronne de douze étoiles ». Or cette femme rayonnante de l'éclat du soleil est « torturée par les douleurs de l'enfantement ». Puis apparaît « un énorme dragon rouge feu  avec sept têtes et dix cornes » qui veut dévorer le nouveau né.
Qui est cette Femme ? En ce jour de l'Assomption, on y reconnait Marie qui a donné naissance à un fils, Jésus, un enfant mâle, lequel « a été et demeure le berger de toutes les nations », selon l'annonce de plusieurs prophètes de l'Ancien Testament  (Dn 7,14; Is 42,1). Dès sa naissance il a été menacé de mort (Mt 2,13-18) et il a subi des tentations au désert. Mais il a vaincu ces forces du mal  par son obéissance au Père jusque dans sa Passion rédemptrice.  C'est pourquoi, il est maintenant auprès du Père, comme premier ressuscité de toute l'humanité qu'il a sauvée de la mort et du mal.  Second « Adam », le Christ est « l'homme primordial » d'une humanité nouvelle. Tous ceux qui lui appartiennent revivront en lui. La mort n'est plus une fin, mais comme pour le Christ, un passage, une « Pâque ». A sa suite, toute l'humanité, la Vierge Marie en premier, peut désormais accéder à la communion avec Dieu. le Père, pour l'éternité. Tel est le contenu de la deuxième lecture  (1° Cor. 15,20-26).             

On reconnaît aussi dans cette Femme, l'Eglise qui est née du côté transpercé du Christ à la Passion.. Elle communique à l'humanité,cette vie divine qu'elle reçoit, communion d'amour entre le Père et le Fils,dans l'Esprit. Mais cet engendrement à cet amour trinitaire se fait dans les douleurs de l'enfantement . Outre les persécutions qui ont toujours marqué l'Eglise, naître à la foi et y persévérer conduit nécessairement les disciples à affronter le danger des  tentations, c'est-à-dire,  des forces déshumanisantes qui traversent le cœur de l'homme.  Si le Christ est vainqueur à jamais de toutes ces forces mortifères, l'Eglise doit poursuivre ce combat par la force de l'Esprit qu'elle a reçue à la Pentecôte. Ceci, jusqu'à la Parousie, où toutes ces forces seront totalement vaincues, et  la pleine victoire du Christ  manifestée et remise au Père.
Mais dès maintenant,  nourrie de l'Eucharistie, le Christ ressuscité, l'Eglise célébrant dans l'Esprit, la communion avec le Père et entre tous les fidèles, ouvre à toute l'humanité, les torrents de la miséricorde divine. Dans ce sacrement de la nouvelle Alliance, elle se joint à l'action de grâce de Marie, « femme eucharistique »,  la femme du « oui » qui s'est totalement abandonnée à la volonté du Père . « Bénie entre toutes les femmes », (Lc, 1,39-56)  elle nous convie à chanter avec elle, dans une gratitude émerveillée et une joie indicible, l'amour, la fidélité et la justice de Dieu envers tous les hommes de tous les temps.  
Remplis de la grâce divine, elle est pour nous le modèle de l'humanité totalement ajustée à l'amour de Dieu, par sa disponibilité, son humilité, sa discrétion et sa pauvreté. Elle est comme le dit la Préface de ce jour « la parfaite image de l'Eglise à venir, l'aurore de l'Eglise triomphante ».

Ainsi tournant notre regard vers Marie qui partage le triomphe du Christ et qui règne pour toujours avec lui, nous nous confions à sa bienveillante sollicitude maternelle afin qu'elle nous guide et soutienne dans notre marche  pour parvenir tous ensemble à la gloire de la résurrection.