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Entrer en Carême

Dans l'Ancien Testament, déchirer ses vêtements et se couvrir la tête de cendres est un signe de deuil, de douleur ou de pénitence. (voir 2Sa 1, 2 . 13, 19...) Ce geste rappelle l'humilité de la condition de l'homme : "tu es poussière et tu retourneras à la poussière" (Gn 3, 19).
Déchirez vos coeurs et non pas vos vêtementsLa liturgie du mercredi des Cendres nous propose en première lecture, un passage où par la bouche du prophète Joël, le Seigneur nous exhorte à déchirer notre coeur plutôt que notre vêtement. Nous avons là toute l'orientation de la pratique pénitentielle du Carême. Elle ne consiste pas d'abord en des observances extérieures, mais en une attitude intérieure. L'Evangile nous le dit à trois reprises : ton jeûne, ton aumône, ta prière, sont une affaire entre Dieu et toi. Pas d'hypocrisie, pas d'ostentation, mais une conversion vraie, profonde, qui concerne le coeur. Les moyens concrets, jeûne, aumône, prière, sont au service d'un accroissement de charité envers le Seigneur et envers le prochain.
Ce chemin de purification, nous sommes invités à le faire en communion avec les catéchumènes qui seront baptisés dans la nuit pascale. Avec eux, nous accomplissons notre démarche de conversion pour que se ravivent en nous les grâces de notre baptême. En cette année liturgique qui est l'année A, nous aurons aux dimanches de Carême, des Évangiles en lien avec la thématique du baptême. Au troisième dimanche, l'Evangile de la Samaritaine évoquera le don de l'eau vive ; au quatrième dimanche, celui de l'aveugle-né nous rappellera que le baptême est une illumination ; et la résurrection de Lazare, au cinquième dimanche, qu'il est une mort au péché pour une résurrection à une vie nouvelle.
Avec les catéchumènes, nous fixons les yeux sur le but. L'aboutissement du Carême c'est le mystère de Pâques, c'est notre salut. Nous tendons notre désir vers Pâques pour accueillir la victoire définitive sur le mal et la mort accomplie en Jésus-Christ mort et ressuscité pour nous. C'est pourquoi ce temps de pénitence est déjà un temps de joie. Écoutons cet encouragement de Saint Benoît dans sa Règle : "chacun attendra la sainte Pâque dans la joie du désir spirituel"(RB 49, 7).