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CHRIST ROI DE L’UNIVERS

Christ pantocratorDans les récits de l’Ancien Testament, reçoivent l’onction d’huile les prêtres, les prophètes et les rois. Mais le mot « oint » est appliqué avant tout aux rois. « Oint » se dit en hébreu « messie » et en grec « christ ».
Les livres historiques décrivent les règnes des monarques en Israël et en Juda. Ces royautés sont présentées le plus souvent de façon négative : les rois terrestres ont déçu. La ruine du Royaume du Nord puis du Sud et l’exil ont conduit à porter le regard vers un monarque idéal à venir, descendant de David, qui gouvernerait en parfaite justice et dont la Royauté ne passerait pas. C’est l’attente messianique. Depuis les prophètes, le peuple juif attend l’accomplissement de la promesse de la venue du Messie.

Pour les chrétiens, c’est Jésus qui accomplit ces promesses. Il est le Roi-Messie, le Christ. Dès l’Annonciation à Marie, il est présenté comme le descendant de David attendu et il sera reconnu comme Roi-Fils de David lors de son entrée solennelle à Jérusalem (scène commémorée le dimanche des Rameaux), juste avant sa Passion. Mais Jésus n’est pas un roi comme les autres. Il est venu pour servir et non pour être servi. Tout au long de son ministère, il prend ses distances par rapport aux titres de Messie ou de Roi car il sait que cette attente comporte des ambiguïtés. On attendait une Royauté terrestre puissante, une libération politique, une prospérité purement matérielle.
Or Jésus est roi selon un autre ordre de réalités. Son Royaume n’est pas de ce monde bien qu’il concerne ce monde et qu’Il soit venu l’inaugurer en ce monde. Son Royaume ne sera pleinement manifesté qu’à son dernier avènement, à la fin des temps. « Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts » proclamons-nous dans le Credo. C’est ce que nous dépeint la scène du jugement dernier de Mt 25, 31-46 (Evangile de la Messe du Christ-Roi, année A). Jésus y apparaît sous les traits d’un Roi rétablissant toute justice.
Cette justice répond aux désirs les plus profonds de l’homme. En cette vie, en effet, la justice humaine est souvent défaillante. Dans les relations interpersonnelles, certains dévouements cachés ne sont jamais reconnus ou ne rencontrent que l’ingratitude, des humbles sont méprisés, d’autres déguisent leurs mauvaises intentions sous les apparences du bien et sont loués. Dans les relations sociales, des personnes parviennent à une certaine réussite à force d’intrigues, de ruses, de tromperies. Dans nombre de sociétés, des travailleurs sont exploités par d’autres qui s’enrichissent à leurs dépens. Dans les relations internationales, les pays occidentaux ne payent pas au juste prix les denrées provenant des pays du sud… On peut multiplier les exemples.
Il appartient au Christ Roi de l’Univers, lors de la manifestation plénière de son Royaume , de révéler tout ce que chacun aura fait en bien comme en mal et de satisfaire pleinement l’aspiration à la justice que nous portons en nous.
Cette attente ne saurait nous démobiliser des tâches présentes, au contraire. Elle nous stimule à collaborer à la venue du Royaume en travaillant à établir plus de justice en ce monde et en pratiquant d’abord la justice vis-à-vis de ceux qui nous sont proches.
Nous serons ainsi associés à la victoire du Christ sur le mal et sur la mort et participerons à sa Royauté dans le monde à venir.