Retour Accueil
Retour page précédente

Naissance de saint Jean-Baptiste

Trois nativités sont fêtées dans la liturgie de l’Église : celles de Jésus, de la Vierge Marie et de saint Jean-Baptiste. C’est dire en quel honneur est tenu celui-ci.
Que sera donc cet enfant ? se demandent tous ceux qui apprennent la naissance de Jean, l’enfant inespéré de Zacharie et Élisabeth qu’on appelait la femme stérile.
L’austérité et la joie marquent la vie de ce personnage hors normes qui a vécu le don total de lui-même pour accomplir sa mission de héraut, de précurseur et de témoin.

Sa joie est la joie de celui qui se réjouit pour l’Époux qui est plus grand que tous, qui est plus grand que lui, qui, bien que né après lui, était avant lui. Sa joie est celle de l’ami de l’Époux. Pour qui n’est que service, cette joie est parfaite. Cette joie est aussi l’écho de l’allégresse qu’il a transmise à sa mère Élisabeth alors qu’il était encore dans son sein, à l’approche de Marie portant déjà  en elle l’Époux.

Sa joie est la face lumineuse d’une vie de pénitence et de détachement. Il part tout jeune mener une vie ascétique dans la solitude du désert. Il sera ainsi prêt pour accomplir dans un parfait renoncement à lui-même son ministère de baptême et de prédication. C’est en faveur d’un Autre qu’il prépare le chemin. Sa mission est toute dirigée vers le Christ à qui, dans son humilité, il se sent déconcerté d’avoir à conférer son baptême de repentir pour la rémission des péchés. C’est vers Lui qu’il orientera ses propres disciples, vers Celui qu’il leur désignera comme l’Agneau de Dieu.

Il n’entretiendra pas la moindre équivoque : « je ne suis pas le Christ » ; « Celui qui vient derrière moi est plus grand que moi » ; « je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ». Tandis que se profile déjà pour lui le destin qui va préfigurer la Passion de son Seigneur, il affirme avec une lucidité sereine : « il faut qu’Il croisse et que je diminue » (ainsi en est-il de la lumière aux dates fixées par l’Église pour célébrer la nativité de Jean-Baptiste et celle de Jésus : au 24 juin, juste après le solstice d’été, les jours commencent à décroître, à l’inverse de ce qui se passe pour Noël –voilà comment, de façon symbolique, à travers les dates du calendrier liturgique, Jean-Baptiste rend encore témoignage à la Lumière.)

Saint Jean-Baptiste a été au bout de la vérité et n’a pas craint de la dire aux puissants de ce monde en les interpellant sur leur conduite morale. Cette fidélité à la vérité l’a conduit à la prison puis à une exécution ignominieuse. C’est le martyre qui couronne cette vie entièrement vouée aux desseins divins.
Que sera donc cet enfant ? se demandait-on à sa naissance. Plus tard, une réponse sera donnée par Jésus : « il est un prophète et plus qu’un prophète. » En effet, plus qu’un prophète : « il est le plus grand des enfants des femmes ». Eloge incomparable prononcé par l’Époux.

Que saint Jean-Baptiste nous aide à comprendre et à accomplir nous aussi notre vocation unique et personnelle.