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La Transfiguration

 

TransfigurationL’événement mystérieux de la Transfiguration nous est rapporté par les trois Evangiles synoptiques. Il est situé entre deux annonces faites par Jésus de sa Passion prochaine. La scène se passe sur une haute montagne devant les Apôtres Pierre, Jacques et Jean, ceux-là même qu’on retrouvera à l’agonie à Gethsémani. Déjà, nous pressentons un lien entre la gloire qui se manifeste dans cet épisode et la Croix que devra affronter Jésus.
 
C’est une expérience indicible que la Transfiguration. Elle ne pourra être relatée qu’à travers des comparaisons : le visage de Jésus brille comme le soleil et ses vêtements deviennent blancs comme la lumière, d’une blancheur telle qu’aucun foulon sur la terre ne peut blanchir ainsi. Le mystère s’intensifie avec l’apparition des deux témoins de l’Ancien Testament : Moïse et Élie qui, selon les Pères de l’Église, symbolisent la Loi et les Prophètes. La nuée lumineuse évoque la nuée qui protégeait la marche au désert du peuple d’Israël, quittant l’esclavage d’Égypte pour la terre promise – nuée des manifestations de Dieu dans l’Ancien Testament. De cette nuée, que la tradition a identifiée à l’Esprit Saint, retentit la voix du Père qui confirme la mission du Fils à l’égard de tous les hommes : « Écoutez-le ».
« Écoutez-le, car il a les paroles de la Vie Éternelle » commente saint Jean Damascène en se référant à un verset de l’Évangile selon saint Jean.

Les chrétiens d’Orient ont célébré très tôt la fête de la Transfiguration comme un événement central de la révélation. C’est, en effet, un événement trinitaire qui manifeste la divinité de Jésus « la lumière véritable qui éclaire tout homme » (Jn 1, 9) ; il préfigure sa Résurrection ; il nous révèle la glorification à laquelle nous sommes nous-mêmes appelés par la grâce de Dieu ; il annonce la transfiguration finale de tout le Cosmos.

Les chrétiens occidentaux qui l’ont introduite plus tardivement dans leur Liturgie en redécouvrent toute la richesse de signification. Le Pape Jean-Paul II en a fait l’arrière-fond de son exhortation apostolique Vita Consecrata en 1996, soulignant comment la contemplation du Christ en sa Transfiguration peut éclairer notre vie de chaque jour, faite de grâces et d’épreuves : « les disciples qui ont joui de l’intimité du Maître, un moment enveloppés par la splendeur de la vie trinitaire et par la communion des saints, sont comme emportés dans l’éternité. Puis ils sont soudain ramenés à la réalité quotidienne ; ils ne voient plus que ‘Jésus seul’ dans l’humilité de la nature humaine et ils sont invités à retourner dans la vallée, pour partager ses efforts dans la réalisation du dessein de Dieu et pour prendre avec courage le chemin de la Croix. » (VC 14)
Il l’a introduite dans le Rosaire comme mystère lumineux en 2002, écrivant dans sa lettre Rosarium Virginis Mariae : « L’épisode évangélique de la transfiguration du Christ, dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut être considéré comme une icône de la contemplation chrétienne. » (RVM 9)
La méditation de ce mystère peut nous faire entrer dans une connaissance de plus en plus profonde de Dieu Trinité et de son dessein d’amour pour nous.