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Le symbole de foi

Franchir la porte de la foi avec le Credo

Introduction
Le symbole de foi
Le symbole de la foi dit « économique »
Je crois en Dieu
L'acte de foi
Je crois en Dieu le Père...
Je crois en Jésus-Christ...
... qui a souffert...
Je crois en l'Esprit-Saint
Dans la Sainte Église…
Amen

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Définition du symbole de foi.
Toute société éprouve le besoin de posséder un document bref qui résume sa nature, son but ou son idéal et exprime l'accord qui unit les membres qui la composent. Ce texte est une référence de base nécessaire à l'identité du groupe pour rendre compte de l'unanimité ou du consensus qui permet à ce groupe d'exister. Ce type de parole constitue pour ses membres un engagement ainsi qu’une adhésion. Chacun souscrit à cette charte et accepte qu'elle soit normative pour lui. Cette parole brève est l'objet d'un pacte ou d'un serment qui unit celui qui est reçu et la société qui le reçoit. Comme toute société, l'Eglise possède ce type de formule dans ses « professions de foi » ou « Credo » ce qui signifie en latin « Je crois ». On les appelle également des « Symboles de foi ».

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Le Credo
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L’expression : « Symbole de foi », venant du mot grec symbolon signifie « signe de reconnaissance et de communion entre les baptisés ». A cela s'ajoute une fonction « doctrinale » en ce sens que le contenu du Credo exprime en abrégé les principales vérités de la foi de l'Eglise.
Qu’est-ce qu’un « symbole » ?
Edmond Ortigues en donne une bonne définition :
" Le symbole est un gage de reconnaissance, un objet coupé en deux et distribué entre deux partenaires alliés qui devaient conserver chacun leur part et la transmettre à leurs descendants, de telle sorte que ces éléments complémentaires à nouveau rapprochés, permettaient par leur ajustement réciproque de faire reconnaître les porteurs et d'attester les liens d'alliance contractés antérieurement.
Le sym-bolon consiste donc dans la corrélation entre des éléments sans valeur isolée, mais dont la réunion (sym-ballô) ou l'ajustement réciproque permet à deux alliés de se faire reconnaître comme tels, c'est-à-dire comme liés entre eux (sym-ballontes, contractants) [...] Deux idées paraissent donc essentielles : 1. le principe du symbolisme : liaison mutuelle entre des éléments distinctifs dont la combinaison est significative, et 2 l'effet du symbolisme : liaison mutuelle entre des sujets qui se reconnaissent engagés l'un à l'égard de l'autre dans un pacte, une alliance (divine ou humaine), une convention, une loi de fidélité " Edmond ORTIGUES, Le discours et le symbole, Paris, Aubier 1962, p. 60-61..















 

Ce texte nous fait comprendre la nature du symbole. Il est immanent au fonctionnement de tout langage (rapport entre deux signifiants) et il est une formule d'engagement ainsi qu’un signe de reconnaissance.
Les symboles de foi de l’Eglise

Au long de son histoire, l'Église a promulgué plusieurs symboles de foi. Deux d'entre eux ont cependant une place particulière car ils se trouvent intégrés à la Liturgie romaine. Il s’agit du Symbole des Apôtres et de celui qui est dit « Symbole de Nicée-Constantinople ».


1. Le Symbole des Apôtres

Ce Symbole est celui que l'Église de Rome utilisa dès la plus haute antiquité pour administrer le baptême. C'est de lui que dérivent tous les Symboles que nous connaissons en Occident. Il est dit « apostolique », non parce que - comme le disait la légende - chacun des douze apôtres en aurait composé un article avant de se séparer pour aller évangéliser le monde, mais parce que les vérités qu'il énonce sont bien la foi prêchée au début de l'Église par les apôtres. Déjà, à la fin du IIe siècle, le papyrus de Der-Balizeh contient un rituel égyptien présentant comme symbole de foi le texte suivant :
- « Je crois en Dieu le Père tout puissant`
- et à son Fils unique Notre Seigneur Jésus-Christ,
- et au Saint Esprit, à la résurrection de la chair, à la sainte Église catholique. »

Par ailleurs, vers 215, « La Tradition apostolique » d'Hippolyte de Rome nous fait connaître la discipline baptismale. Le dialogue entre le baptisé et celui qui le baptise est à l'origine de ce Symbole des Apôtres :

- « Lorsque celui qui est baptisé sera descendu dans l'eau, celui qui baptise lui dira, en lui
imposant la main : `Crois-tu en Dieu le Père tout puissant ?' Et celui qui est baptisé dira à son
tour : `Je crois'. Et aussitôt (celui qui baptise), tenant la main posée sur sa tête, le baptisera une
fois.

- Et ensuite il dira : `Crois-tu au Christ, Fils de Dieu, qui est né par le Saint Esprit de la Vierge
Marie, a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort, est ressuscité le troisième jour vivant d'entre
les morts, est monté aux cieux et est assis à la droite du Père ; qui viendra juger les vivants et
les morts ?' Et quand il aura dit : `Je crois', il sera baptisé une deuxième fois.

- De nouveau il (celui qui baptise) dira : `Crois-tu en l'Esprit Saint dans la sainte Église ?'
Celui qui est baptisé dira : `Je crois', et ainsi il sera baptisé une troisième fois. » HIPPOLYTE DE ROME, La tradition apostolique, c 21 ; p 50-51, SC 11, Cerf, Paris, 1946


Ces interrogations reprises de façon déclarative, forment un texte continu qui est « la forme la
plus ancienne » du Symbole romain.
Notre texte actuel, provient d'un remaniement en Gaule de la forme précédente avec l’addition d'éléments venant de la forme orientale du Symbole. C'est le Credo du Baptême et des Ordinations ainsi que, sous forme interrogative celui de la Nuit Pascale.


2. Le Symbole de Nicée Constantinople

Lors des grandes controverses trinitaires du IVe s, l'Église a dû préciser sa foi d'abord en la
divinité du Fils. Elle l'a fait au Ier Concile œcuménique tenu à Nicée en 325 à partir du
« Credo » baptismal de l'Église de Césarée de Palestine. A la fin de ce même siècle, en 381,
au Concile de Constantinople, l'Église a dû défendre la divinité de l'Esprit Saint en précisant le 3e article du Credo. Pour ce faire les Pères ont promulgué le Symbole baptismal de l'Église de Salamine, avec quelques différences par rapport au Credo de Nicée. C’est pourquoi ce nouveau texte est appelé « Symbole de Nicée -Constantinople ». Reconnu par Rome et entré dans sa liturgie, ce Credo est proclamé à la Messe du dimanche.


Fonctions du Credo


1 Fonction « confessante » du credo.

Le néophyte en confessant sa foi, s’engage envers Dieu, à l'intérieur d'une structure d'Alliance, un engagement qui est le fruit d'un retournement ou d'une conversion, engagement également vis-à-vis de la communauté ainsi que confession de l’unanimité de cette communauté dans une même profession de foi. Le je personnel de chaque chrétien entre dans le nous de l'Église. Benoît XVI, alors Cardinal Ratzinger disait :
"La foi demande l'unité, elle appelle les frères dans la foi, elle est essentiellement tournée vers l'Eglise" ( BENOÎT XVI, J RATZINGER, Foi chrétienne hier et aujourd’hui, Paris, Mame, 1969, p. 49.)

La confession du Credo ouvre sur la reconnaissance mutuelle des croyants et sur le service mutuel ; le service du frère (diacona) ; car elle fait prendre conscience à chacun de sa véritable identité. Le chrétien se définit par son Credo : il le sait par cœur, il le proclame dans l'assemblée liturgique et il peut même avoir à en témoigner jusque dans des circonstances graves.

2 Fonction « doctrinale » du Credo.

La confession de foi est non seulement un acte de reconnaissance, mais aussi une adhésion à un contenu. C’est pourquoi, dans le langage courant le terme de Symbole en est venu à évoquer plus directement le contenu de la foi. Ce contenu exprime en abrégé l'essentiel de la foi.
Origène dit du Symbole de la foi : "On peut appeler «verbe abrégé», la foi du Symbole qui est transmise aux croyants et dans laquelle la somme de tout le mystère est contenue, resserrée en de brèves formules"

Dans la formule brève du Symbole tout a sens, autant la formulation que le contenu, la succession des articles que la structure de chacun d’eux. La totalité de la foi s'y trouvant rassemblée en une unité simple, elle a de ce fait un caractère normatif.
Les diverses formules de confession joueront un rôle essentiel dans l'initiation chrétienne. Elles fournissent en effet le schéma de base de la formation des catéchumènes.
Ceci s’explique par la genèse des Symboles. En effet, il y a eu un passage du discours des Écritures à la littérature postapostolique. Par rapport aux Écritures le Symbole apparaît comme un aboutissement et une récapitulation qui en dit le sens. Il en présente de manière simple l'unité immanente dans la diversité du riche témoignage de l'Ancien et du Nouveau Testaments. A ce titre il est un acte d'interprétation des Écritures. C’est pourquoi, tout en n'appartenant pas comme tel aux Écritures, il a valeur normative pour la foi. De plus étant une formule «orale» il doit rester vivant, chaque croyant et chaque communauté s’engageant toujours vis-à-vis de lui dans le présent.

Le Symbole apparaît par ailleurs comme un point de départ, une «cellule-mère» de la tradition ecclésiale. C’est pourquoi, il sera le point de départ du discours dogmatique. Les premières définitions de foi prendront la forme d'additions au Symbole. Enfin, Il servira de référence pour le commentaire et l'interprétation des Écritures, de même que pour l'élaboration des théologies. Il sera donc au cœur de la tradition vivante de la foi.

A suivre ...

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