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« Je crois en Dieu  »

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Franchir la porte de la foi avec le Credo

Introduction
Le symbole de foi
Le symbole de la foi dit « économique »
Je crois en Dieu
L'acte de foi
Je crois en Dieu le Père...
Je crois en Jésus-Christ...
... qui a souffert...
Je crois en l'Esprit-Saint
Dans la Sainte Église…
Amen

Marie Pour comprendre ce qu'est l'acte de foi : « Je crois en Dieu... », il est nécessaire de considérer les croyants que nous présente la Bible, spécialement ces `témoins' et ces modèles, que sont Abraham, les disciples de Jésus et la Vierge Marie.

Abraham, le croyant

Trois moments de la vie d'Abraham sont exemplaires pour nous :
1. Gn 12,1-5 : La vocation et la Promesse
Lorsque Dieu demande à Abraham de tout quitter pour s’en remettre à lui  (Gn 12,1-5) : « Quitte... » tes assurances humaines - pays, famille - pour t'en remettre à moi, Abraham obéit
Il deviendra alors père d'un grand peuple et sera béni par Dieu.
En réponse, Abraham part. C'est là son 1er acte de foi : « Par la foi, répondant à l'appel, Abraham obéit et partit pour un pays qu'il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait » (He 11, 8). Sa FOI est obéissance.

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2. Gn 15,1-21 : Le renouvellement de la Promesse et l'Alliance
A l'encouragement que lui donne Dieu, Abraham répond en présentant son épreuve :
« Je m'en vais sans enfant. » Alors Dieu renouvelle sa Promesse d'une descendance qui sera
Innombrable.
Abraham répond par la confiance, c'est son 2e acte de foi :
« Abraham crut en Dieu qui le lui compta comme justice. » Sa FOI est confiance en une promesse humainement irréalisable.
Dieu lui reconnaît le mérite de cet acte. Abraham est donc un « juste », un homme que sa rectitude et sa soumission rendent agréable à Dieu. Cette foi d'Abraham est principe d'action : elle commande sa conduite. A la Promesse de l'héritier (la descendance), Dieu ajoute la promesse de l'héritage (la terre), esquissée déjà dans l'ordre de départ de Gn 12, 1 :
« ... le pays que je te montrerai. » Dieu scelle alors cette Promesse en faisant Alliance avec Abraham.

 

3. Gn 22,1-19 : L'épreuve de la foi

Dieu demande à Abraham de sacrifier Isaac, l'enfant de la promesse !

 

Abraham obéit en s'abandonnant entièrement à Dieu. On retrouve ici les 2 caractéristiques précédentes de sa FOI : obéissance et confiance.

 

Dieu répond à cette confiance en renouvelant sa bénédiction ainsi que la promesse d'une nombreuse descendance.
a La foi d'Abraham
La foi d'Abraham se présente d'abord comme
un don de Dieu : celui-ci prend l'initiative en appelant Abraham, en lui faisant une Promesse, en entrant en Alliance avec lui. Par cette révélation Dieu se fait connaître d'Abraham comme un être personnel entrant en relation avec l'homme, et comme le maître du temps (Histoire) et de l'espace (Terre), ouvrant un avenir à l'homme, devenant son « Sauveur. »

 

A ce don de Dieu, Abraham répond par la confiance, l'abandon et l'obéissance. De cette façon il reconnaît Dieu comme Dieu : il le glorifie.

 

b. Abraham, « Père des croyants »
Les hommes sont appelés à faire la même expérience de foi qu’Abraham : croire en un Dieu qui les appelle à le suivre, les sauve, fait alliance avec eux et leur ouvre un avenir.
Pour le peuple issu d'Abraham et d'Isaac, l'expérience fondatrice de sa foi est celle de l'Exode :

 

Cette expérience croyante des enfants d'Abraham donne lieu à une `confession de foi' que doit s'approprier chaque membre du peuple de Dieu. Elle est tout d'abord affirmation de l'unicité de Dieu à qui est dû l'amour du croyant : « Écoute Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir... » (Dt 6,4s).

 

Puis elle est l’affirmation de l'intervention divine dans l'histoire d'Israël (Dt 26,5-9) :

« Mon père était un araméen errant qui descendit en Égypte, et c'est en petit nombre qu'il y séjourna, avant d'y devenir une nation grande, puissante et nombreuse. Les Égyptiens nous maltraitèrent, nous brimèrent et nous imposèrent une dure servitude. Nous avons fait appel au Seigneur, le Dieu de nos Pères. Le Seigneur entendit notre voix, il vit notre misère, notre peine et notre oppression, et le Seigneur nous fit sortir d'Égypte à main forte et à bras étendu, par une grande terreur, des signes et des prodiges. Il nous a conduit ici et nous a donné cette terre, terre qui ruisselle de lait et de miel... »

 

 

c. Abraham, notre Père
S. Paul et S. Jacques insistent sur l'attitude de foi d'Abraham qui est exemplaire pour nous. Ce sont les croyants qui forment la véritable descendance d'Abraham, et non les observateurs de la Loi mosaïque (Ga 3,6-9). De même qu'Abraham fut justifié devant Dieu par sa foi, de même aussi le chrétien, son fils spirituel (Rm 4). Cependant la foi doit faire agir, elle coopère aux ``œuvres'' qui, elles, la complètent (Jc 2,20-24).

 

Les disciples de Jésus : des croyants

1. Avant Pâques

Du vivant de Jésus, tous ses contemporains peuvent entendre sa parole et voir ses miracles qui proclament la venue du Royaume mais qui conduisent pourtant à poser la question : « Qui est celui-ci ? » (Mc 4,41 ...).

 

Les miracles de Jésus sont destinés à provoquer la foi :
« Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d'autres signes qui ne sont pas consignés dans ce livre. Ceux-ci l'ont été afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom » (Jn 20,30-31).

 

Cependant, les témoins restent libres et beaucoup ne croient pas en lui (Mc 6,1-6 ...).

 

Dès le début de sa prédication, Jésus appelle ses auditeurs à croire : « Convertissez-vous et croyez à l'Évangile » (Mc 1,15). Par la suite, il requiert la foi de ses auditeurs, notamment comme condition de ses miracles. À Jaïre, Jésus dit : « Sois sans crainte, crois seulement » (Mc 5,36). À Nazareth, il « ne pouvait faire là aucun miracle... et il s'étonnait de ce qu'ils ne croyaient pas » (Mc 6,5-6).

 

La foi demandée par Jésus à ses auditeurs est la même que celle exigée d'Abraham par Dieu : c'est un mouvement de confiance et d'abandon par lequel l'homme renonce à compter sur ses pensées et ses propres forces pour obéir et en s'en remettre à sa parole et à sa puissance (Cf. Lc 1,20.45 ; Mt 21,25.32 //).
Cette foi en Jésus permet de connaître, ainsi que son Père :
« ... Croyez en ces œuvres, et ainsi vous connaîtrez... que le Père est en moi comme je suis dans le Père » (Jn 10,38 ; cf. 14,7). Elle permet de reconnaître en Jésus l'Envoyé du Père : « Ils ont cru que tu m'as envoyé » (Jn 17,8). C'est pourquoi la vraie réponse à la question : « Qui est celui-ci ? » (Mc 4,41), est donnée par la confession de foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant (Mt 16,16) ; « Nous avons cru et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6,69) ; « Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire... Je crois, Seigneur ! » (Jn 9,32.38).

 

2. Après Pâques

La foi des disciples - qui n'a pas résisté au choc de la Passion - s'épanouit dans la foi en Jésus ressuscité au matin de Pâques. Son expression majeure est celle de l'apôtre Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,28).

 

Témoins de tout ce que Jésus a dit et fait (Ac 10,39), les apôtres le proclament `Seigneur' et `Christ', celui en qui sont accomplies les promesses faites à Abraham et aux Pères : « Dieu l'a fait `Seigneur' et `Christ', ce Jésus que vous avez crucifié... C'est à vous qu'est destinée la promesse... Sauvez-vous de cette génération » (Ac 2,36.39s) ; « Il n'y a aucun salut ailleurs qu'en lui (Jésus) ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom offert aux hommes qui soit nécessaire à notre salut » (Ac 4,12).

 

Croire est donc l'acte par lequel l'homme s'en remet à Dieu, seul Auteur du salut en Jésus Christ.


 

La Vierge Marie, mère des croyants

Durant toute sa vie terrestre, Marie a vécu dans la foi. Sa béatitude est d'être une croyante, comme le proclame Élisabeth : « Bienheureuse celle qui a cru en ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Lc 1,45). De son côté, à la femme louant sa mère : « Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins que tu as sucés ! » Jésus rétorque : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent ! » (Lc 11,27-28). Il faisait ainsi allusion à la véritable béatitude de Marie, elle qui « retenait tous ces événements (la concernant) et les méditait dans son cœur » afin d'y discerner, pour y obéir, la parole que Dieu lui adressait dans sa vie (Lc 2,19).

Comme Abraham, Marie a répondu sans réserve à l’appel de Dieu. L'Annonciation fut sa vocation. L'évangéliste note son trouble à la salutation de l'ange, puis sa question montrant déjà sa disponibilité : « Comment cela se fera-t-il ? », enfin l'abandon confiant au vouloir divin : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta parole ! » (Lc 1,29-38).

 

« L'Annonciation représente le point culminant de la foi de Marie dans son attente du Christ, mais c'est aussi le point de départ, le commencement de tout son `itinéraire vers Dieu', de tout son cheminement dans la foi » disait Jean Paul II (Jean Paul II, Redemptoris Mater, § 14).
Sur cette route trois événements nous montrent comment « Marie, sa mère, est au contact de la vérité de son Fils seulement dans la foi et par la foi. » (Ibid. § 17).

- À Cana, la constatation de Marie : « Ils n'ont plus de vin » (Jn 2,3), peut être interprétée comme le discret appel à ce que son fils se manifeste en tant que messie attendu par le peuple, faisant apparaître les biens matériels annoncés par les prophètes. Devant le refus de Jésus de réaliser de cette manière l'attente du peuple, Marie abandonne alors ses propres projets et reporte sa foi juive en les promesses messianiques sur Jésus lui-même, le messie : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le » (Jn 2,5).

- Lorsque, avec sa parenté, elle demande à rencontrer son fils prêchant au peuple, elle apprend à ne plus compté sur son privilège de mère dans sa relation à Jésus mais à être humblement disciple : « Qui est ma mère ? ... Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère ! » (Mc 3,31-35).

- Au pied de la croix enfin, avec l'acceptation de la mort de son fils pour le salut du monde, la Vierge accepte d'échanger les liens du sang avec ceux de la foi : désormais elle prend Jean pour fils (Jn 19,26) et reconnaît en toute personne humaine, surtout la plus souffrante, la présence de Jésus (Mt 25,40).

« Marie inaugure à Cana un mouvement qui la rendra `donnée' à la croix. Après son « Faites tout ce qu'il vous dira », elle entre dans le silence de la foi. Elle n'est pas la Parole, mais présence à la Parole, silence de la réception et du don de soi. Telle est son évolution : elle passe de l'espérance messianique à la confiance en ce Fils qui est le Royaume, puis à la configuration à ce Fils livré » (A. Rouet).

Marie « est la croyante en qui resplendit la foi comme don, ouverture, réponse et fidélité. Elle est la parfaite disciple qui s'ouvre à la Parole et se laisse pénétrer par son dynamisme... C'est par sa foi qu'elle est vierge fidèle en qui s'accomplit la plus grande béatitude : `Heureuse celle qui a cru'. » (CELAM, « Construire une civilisation de l'amour », § 296).

 

A suivre ...