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L’acte de foi

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Franchir la porte de la foi avec le Credo

Introduction
Le symbole de foi
Le symbole de la foi dit « économique »
Je crois en Dieu
L'acte de foi
Je crois en Dieu le Père...
Je crois en Jésus-Christ...
... qui a souffert...
Je crois en l'Esprit-Saint
Dans la Sainte Église…
Amen

Les apôtres le jour de la PentecôteCroire : c'est répondre à un appel


1. Un appel extérieur

De même que Jésus a appelé ses contemporains à se convertir et à croire en l'Évangile (Mc
1,15), de même les Apôtres, ses `envoyés', appellent leurs auditeurs à partager leur foi pour bénéficier de la promesse divine en obtenant la rémission de leurs péchés, moyennant la conversion et le baptême qui fait entrer dans l'Église
: « Le pardon des péchés est accordé par son Nom à quiconque met en lui (le Christ) sa foi » (Ac 10,43 ; cf. 2,38ss).

- « `Quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé'. Or comment l'invoqueraient-ils, sans avoir cru en lui ? Et comment croiraient-ils en lui, sans l'avoir entendu ? Et comment
l'entendraient-ils, si personne ne le proclame ? ... Ainsi la foi vient de la prédication et la prédication c'est l'annonce de la parole du Christ »
(Rm 10,13...17).

 

« La foi se présente à l'homme de l'extérieur ; c'est là sa marque caractéristique. Elle n'est pas une idée personnelle, de moi, mais la parole d'un autre ; elle n'est ni conçue, ni pleinement concevable par moi ; à ce titre précisément elle m'atteint, m'interpelle et m'engage. La double structure : une interpellation venant du dehors : `Crois-tu... ?' et ma réponse : `Je crois !', lui est essentielle. Rien d'anormal donc, si l'on est amené, sauf des cas rares et exceptionnels, à dire : Ce n'est pas à la suite d'une recherche privée que j'ai trouvé la foi, mais je l'ai reçue, elle m'a pour ainsi dire devancé. La foi ne peut pas et ne doit pas être le fruit de la réflexion. » RATZINGER J. Foi chrétienne hier et aujourd’hui, Mame, 1969, p. 45.


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2. Une réponse personnelle

Croire, c'est répondre à la grâce prévenante de Dieu (1 Co 12,3). C'est dire : `Oui', avec son intelligence, son cœur et sa volonté à la Parole de Dieu annoncée par l'Église qui envoie ses prédicateurs, ses missionnaires au nom du Christ. Cette annonce de l'Évangile qui est en lui-même « puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Rm 1,16) demande une réponse personnelle qui se concrétise dans la confession de foi baptismale en Jésus-Christ : « Si, de ta bouche, tu confesses que Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Rm 10,9).


Croire : c'est rencontrer Jésus-Christ


1. L'objet de la foi

L'objet propre de la foi chrétienne n'est autre que le Mystère du Christ que Dieu a ressuscité des morts et a fait Seigneur et unique Sauveur de tous les hommes : « Ce n'est pas pour
(Abraham) seul qu'il est écrit : `Cela lui fut compté (comme justice)', mais pour nous aussi à qui la foi sera comptée puisque nous croyons en Celui qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification » (Rm 4,23-25). En dehors de Jésus il n'y a pas de salut : « Nous savons que l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la Loi (de Moïse), mais seulement par la foi en Jésus Christ » (Ga 2,16).

2. « Je crois en Jésus-Christ »

« La foi chrétienne est rencontre avec l'homme Jésus, et elle découvre dans une telle rencontre que le sens du monde est une personne. Par sa vie dans le Père, par l'immédiateté et la densité de ses relations avec lui, il est le témoin de Dieu, en qui l'intouchable peut être touché, l'infiniment Éloigné est devenu tout proche. Bien plus, il n'est pas seulement le témoin dont nous acceptons le témoignage sur ce qu'il a perçu dans une existence qui avait véritablement accompli le retournement à partir de la fausse limitation au superficiel vers la profondeur de la vérité totale ; il est la présence de l'éternel lui-même dans ce monde. Dans sa vie, dans la donation totale de lui-même pour les hommes, le sens de la vie se révèle comme une présence, sous la forme de l'amour, qui m'aime moi aussi et qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue, grâce à ce don incompréhensible d'un amour qui n'est pas menacé par une fin ou troublé par l'égoïsme. Le sens du monde, c'est le `Tu', non pas celui d'une interrogation qui resterait elle-même en quête de réponse, mais le `Tu' qui est le fondement de tout, sans avoir besoin d'aucun autre fondement.
- Ainsi, croire c'est trouver un `Tu' qui me porte et qui m'apporte la promesse d'un amour
indéfectible, malgré l'accueil humain, obligatoirement imparfait, un amour qui non seulement aspire à l'éternité mais qui la donne de fait. La foi chrétienne vit de cette vérité qu'il n'y a pas seulement un sens objectif, mais que ce Sens me connaît et m'aime, que je puis m'y abandonner avec le geste de l'enfant qui sait que tous ses problèmes sont résolus dans le `tu' de la mère. Ainsi foi, confiance et amour ne forment finalement qu'une seule et même chose ; toutes les vérités de la foi ne sont que les expressions concrètes de cette option fondamentale : « Je crois en toi », de la découverte de Dieu dans le visage de l'homme Jésus de Nazareth. »

Ibid pp.36-37


3. Confiance donnée au Christ

La foi est donc un attachement à la personne de Jésus-Christ, à sa pensée et à ses paroles.

Je crois :

Royaume.
Et, parce qu'il l'a dit, je crois à sa présence dans le rassemblement qu'il a institué : l'Église ; et à sa présence dans son geste à la Cène du jeudi saint : l'Eucharistie.
Tout cela je le crois, c'est-à-dire : j'en suis sûr au point de donner ma vie en témoignage de cette certitude. La foi est une confiance au Christ et une connaissance du Christ.



Les conditions pour rencontrer le Christ

« Rencontrer, c'est faire place à quelqu'un d'autre dans sa propre vie, en créant avec lui des liens solides et en décidant de faire route commune avec lui. »

1. Se confier à Dieu

Dans la foi, l'homme se confie à Dieu qu'il sait fidèle à ses promesses et capable de les tenir :
« Il est fidèle le Dieu qui vous a appelés à la communion avec son Fils, Jésus-Christ, notre
Seigneur »
(1 Co 1,9). « Celui qui vous appelle est fidèle » (1 Th 5,24).

« Si vous ne croyez pas, vous ne tiendrez pas » (Is 7,9). La racine `MN (amen) comprend à elle seule plusieurs significations. Elle peut signifier : vérité, solidité, ferme appui ; ou encore : fidélité, se fier, se confier, prendre appui, avoir foi. Ainsi croire en Dieu, c'est adhérer à Dieu et grâce à cette adhésion, avoir un ferme appui pour sa vie. Croire s'appuyer avec confiance sur le fondement de la Parole de Dieu... Dans son essence la foi traduit la confiance en une réalité qui n'est pas et ne peut pas être l'œuvre de nous-mêmes, et qui pour cette raison est le fondement de notre activité.»

Ratzinger, oc. P. 29

2. Connaître Dieu

Croire, ce n'est pas voir directement, mais c'est savoir quelque chose à travers quelqu'un d'autre.
La foi se distingue du savoir obtenu par la raison ou par la vision :

Véritable connaissance, la foi ouvre à l'intelligence « les trésors de sagesse et de connaissance qui sont dans le Christ Jésus » (Col 2,3), c'est-à-dire : la Sagesse même de Dieu révélée par l'Esprit Saint (1 Co 2) et la connaissance du Christ et de son amour, non pas comme une découverte intellectuelle, mais comme un lien vital intime. « Je considère que tout est perte en regard de ce bien suprême qu'est la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur » (Ph 3,8) ;
La foi, ici-bas, n'est pas la lumière parfaite : « Nous voyons à présent dans un miroir, en énigme ... » (1 Co 13,12). Ce n'est que dans l'au-delà qu'elle s'épanouira en claire vision : « ... mais alors ce sera face à face. À présent, je connais d'une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu » (idem). Ici-bas « nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision » (2 Co 5,7). La foi connaît sans voir, possède sans tenir ; elle est en lien avec l'espérance : « La foi est la garantie des biens que l'on espère, la preuve des réalités qu'on ne voit pas » (Hé 11,1).



Croire : c'est vivre en fils d'Abraham et en disciple du Christ


1. La foi est appel à la conversion

Quand Jésus appelle les hommes à croire, il les entraîne à se convertir : « Repentez-vous et croyez à l'Évangile » (Mc 1,15).
Cet appel est repris par les Apôtres qui lient la foi et le baptême :
« Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ ... » (Ac 2,38). - « Vous êtes tous fils de Dieu, par la foi, dans Christ Jésus. Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Gal 3,26-27). - « Ensevelis avec lui lors du baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l'a ressuscité des morts » (Col 2,12).
En entrant dans la communauté chrétienne par le baptême, les croyants expriment solennellement leur décision du cœur par leur confession de bouche (Rm 10,10).

2. Par la foi, Dieu justifie l'homme, à l'exemple d'Abraham

« En lui (= l'Évangile) la justice de Dieu se révèle de la foi à la foi, comme il est écrit : `Le juste vivra de la foi » (Rm 1,17). - « ... justice de Dieu par la foi en Jésus Christ ... (Dieu) voulait montrer sa justice au temps présent, afin d'être juste (au sens : d'exercer sa justice) et de justifier celui qui se réclame de la foi en Jésus » (Rm 3,22-26). - « ... La justice née de la foi ... » (Rm 10,6). - « ... Être trouvé en lui (le Christ), n'ayant pas comme justice à moi celle qui vient de la Loi, mais celle par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi » (Ph 3,9).
Dans cette justification par la foi s'accomplissent les promesses faites à Abraham : Rm 4,1-
25 ; Ga 3,6-18. Car la véritable descendance d'Abraham, c'est le peuple des croyants qu'ils soient d'origine juive ou païenne : - « ... l'Évangile ... est force de Dieu pour le salut de tout croyant, du Juif d'abord, puis du Grec » (Rm 1,17). « C'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous (Juifs) croyons être sauvés, exactement comme eux (les païens) » (Ac15, 11).

Par-là se réalisent les promesses faites à Abraham en Gn 12,3 et 17,5 :
« L'Écriture, prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, annonça d'avance à Abraham cette bonne nouvelle : `En toi seront bénies toutes les nations' » (Ga 3,8). - « ... la promesse (est) assurée à toute la descendance qui se réclame non de la Loi seulement, mais encore de la foi d'Abraham notre Père à tous, comme il est écrit : `Je t'ai établi père d'une multitude de nations' » (Rm 4,16-17).

3. La justice reçue par la foi inaugure la vie de l'Esprit en l'homme

« Est-ce pour avoir pratiqué la Loi que vous avez reçu l'Esprit ou pour avoir cru à la prédication? ... Celui qui vous prodigue l'Esprit et opère parmi vous des miracles, le fait-il parce que vous pratiquez la Loi ou parce que vous croyez à la prédication ? » (Ga 3,2-5).
« C'est l'Esprit qui nous fait attendre de la foi les biens qu'espère la justice » (Ga 5,5).
« C'est en lui (le Christ) que vous aussi (les païens), après avoir entendu la Parole de vérité,
l'Évangile de votre salut, et y avoir cru, vous avez été marqués d'un sceau par l'Esprit de la
Promesse, cet Esprit Saint qui constitue les arrhes de notre héritage, et prépare la rédemption
du Peuple que Dieu s'est acquis, pour la louange de sa gloire »
(Ep 1,13-14).

4. La foi est liée à l'espérance et agit par la charité

« Ayant donc reçu notre justification de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par N.S.J.C., lui qui nous a donné d'avoir accès par la foi à cette grâce (de l'amitié divine) en laquelle nous sommes établis et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire de Dieu. ... L'espérance ne déçoit point parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné » (Rm 5,1-5).
« ... l'Esprit ... nous fait attendre de la foi les biens qu'espère la justice. En effet, dans le
Christ Jésus ni circoncision, ni incirconcision ne comptent, mais seulement la foi opérant par la charité »
(Ga 5,5-6).
« Maintenant demeurent foi, espérance et charité, ces trois choses, mais la plus grande
d'entre elles, c'est la charité »
(1 Co 13,13).
« Nous ne cessons de rendre grâces ... depuis que nous avons appris votre foi dans le Christ
Jésus et la charité que vous avez à l'égard de tous les saints, en raison de l'espérance qui vous est réservée dans les cieux »
(Col 1,4-5).
« Nous nous rappelons ... l'activité de votre foi, le labeur de votre charité, la constance de votre espérance » (1 Th 1,3).
- « ... Revêtons la cuirasse de la foi et de la charité, avec le casque de l'espérance du salut » (1
Th 5,8).

5. En cette vie, la foi est vécue dans les épreuves

« Par sa faveur (de Dieu) il vous a été donné non seulement de croire au Christ, mais encore de souffrir pour lui » (Ph 1,29).
« Ayez toujours en main le bouclier de la foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais » (Ep 6,16).
« Nous avons envoyé Timothée ... pour vous affermir et réconforter dans votre foi afin que personne ne se laisse ébranler par ces tribulations » (1 Th 3,2-3).
« Nous sommes fiers de vous ... de votre constance et de votre foi dans toutes les persécutions et tribulations que vous supportez » (2 Th 1,4).
D'où l'exhortation de l'Apôtre :
« Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, soyez forts » (1 Co 16,13).
« Il faut que vous persévériez dans la foi, affermis sur des bases solides, sans vous laisser
détourner de l'espérance promise par l'Évangile ... »
(Col 1,23 ; cf. 2,5-7).

6. La foi n'est pas une idée mais une vie

« Le juste vivra de la foi » (Ha 2,4 : Rm 1,17).
Cette vie est appelée se développer sans cesse :
« Nous demandons (à Dieu) ... de pouvoir compléter ce qui manque encore à votre foi » (1
Th 3,10). - « ... Votre foi est en grand progrès et l'amour de chacun pour les autres s'accroît
parmi vous tous »
(2 Th 1,3).
La foi se déploie dans l'activité d'une vie morale fidèle à la loi du Christ :
« Celui qui se penche sur la loi parfaite de liberté (= la révélation chrétienne) et s'y tient attaché ... pour la mettre en pratique, celui-là trouve son bonheur en la pratiquant » (Jc 1,25).
« Parlez et agissez comme des gens qui doivent être jugés par une loi de liberté » (Jc 2,12).
« Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la Loi du Christ » (Ga 6,2).
La foi agit par l'amour fraternel :
« À quoi cela sert-il ... que quelqu'un dise : `J'ai la foi', s'il n'a pas les œuvres ? ... Comme le corps sans l'âme est mort, de même la foi sans les œuvres est-elle morte » (Jc 2,14.26).


 

A suivre ...

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