Retour Accueil
Retour page précédente

« Je crois en Jésus-Christ... »

Télécharger au format pdf

Franchir la porte de la foi avec le Credo

Introduction
Le symbole de foi
Le symbole de la foi dit « économique »
Je crois en Dieu
L'acte de foi
Je crois en Dieu le Père...
Je crois en Jésus-Christ...
... qui a souffert...
Je crois en l'Esprit-Saint
Dans la Sainte Église…
Amen

Le deuxième article du Credo concerne Dieu le Fils, le Verbe Incarné, Jésus-Christ notre
Seigneur. Après l'affirmation du mystère de la Deuxième Personne de la Trinité dans sa relation au Père comme Fils, (particulièrement développée dans le Symbole de Nicée Constantinople pour faire échec à l'hérésie arienne), c'est son incarnation rédemptrice qui est détaillée

Credo

 

Le logo de l'année de la foi

Logo de la foi
Bordure

L'icône de l'année de la foi

Christ Pantocrator | Année de la foi
Bordure

Chaque mois franchir la porte de la foi avec

La Parole de Dieu
Credo
Porta Fidei
La foi de l'Eglise face aux hérésies

Pour creuser ...

Le Credo
Quizz.: Testez vos connaissance sur la foi.

Au départ de cette confession de foi en Jésus, Christ et Seigneur il y a l'Évangile et, d'une façon particulière :



« Je crois en Jésus-Christ ... »;


1. Jésus

« Jésus » ou « Josué », signifie « Dieu sauve », ou « Dieu est le salut. » Ce nom, révélé à Marie (Lc 1, 31), exprime la mission et l'identité de son fils : en lui (et pas seulement par lui) Dieu sauve. C'est un Juif d'il y a deux mille ans, ayant vécu en Palestine, dont les disciples témoignent à travers les écrits du Nouveau Testament. Ils ont attesté qu'il était vivant. Le nom de Jésus est au cœur de la prière chrétienne.

2. Christ

Ce mot vient de la traduction grecque du terme « Messie » qui veut dire « oint. » En Israël étaient oints au nom de Dieu ceux qui Lui étaient consacrés pour une mission venant de Lui : les rois (1 S 9,16 ; 16,12s ; 1 R 1,39), les prêtres (Ex 29,7 ; Lv 8,12), et parfois les prophètes (1 R 19,16). Israël attendait le Messie que Dieu enverrait pour instaurer définitivement son Royaume (Ps 2,2 ; Ac 4,26s). Il serait oint par l'Esprit du Seigneur (Is 11,2) comme roi, prêtre et prophète (Za 4,14 ; 6,13 ; Is 61,1). (CEC # 449).

3. Jésus, Messie crucifié

Par ses miracles et son enseignement, Jésus s'est présenté comme le Messie attendu (Lc 4,16-21 ; Mt 11,2-6). Mais sachant que sa mission de Christ le fera passer par la mort du fait de l'incrédulité des hommes (Mc 8,31), toute proclamation messianique avant sa Résurrection (même celle de Pierre (Mt 16,16.22-23)) est entachée d'ambiguïté. C'est après Pâques, dès la Pentecôte, que ses disciples affirment que le Christ attendu est Jésus. En lui la fonction s'identifie avec l'être : Jésus est LE Christ, le seul et l'unique à l'être. Il a accompli l'espérance messianique d'Israël. Mais il l'a fait comme un Messie crucifié qui ouvre à un nouvel avenir.


« ... son Fils unique notre Seigneur ... »


1. Fils unique

La foi chrétienne affirme que Dieu n'est pas seulement « Père », mais qu'il est également « Fils » ! Nous avons ici le lien entre le 1er et le 2ème article du Credo.
Être fils, c'est se recevoir d'un autre, et cette relation se trouve en Dieu ; elle s'y trouve en personne. C'est une relation d'amour qui nous est manifestée par Jésus : sur son visage humain, il nous montre combien Dieu est Amour.
Jésus est « fils », non de façon adoptive - comme appartenant au peuple de l'Élection (Ex
4,22 ; Os 11,1 ; Sg 18,13), en étant un enfant d'Israël (Dt 14,1 ; Os 2,1), ni même comme le Roi Messie promis (1 Ch 17,3 ; Ps 2,7) - mais de façon réelle : il est « le Fils Unique. » Il se sait ce Fils aimé de son Père (Mc 1.11 ; Mt 17,5), aussi a-t-il une relation spéciale avec Lui qu'il est seul à connaître intimement (Mt 11,25s ; Lc 10,21s) et qu'il appelle : « Abba ! Papa ! » (Mc 14, 36). Cette filiation, Jésus la reconnaît explicitement en répondant par l'affirmative à la demande de ses accusateurs : « Tu es donc le Fils de Dieu ! » (Lc 22, 70), ce qui d'ailleurs entraîne sa condamnation à mort. Mais c'est après sa Résurrection que sa filiation divine apparaît dans la puissance de son humanité glorifiée. S. Paul peut écrire : « Selon l'Esprit qui sanctifie, par sa Résurrection d'entre les morts, il a été établi comme Fils de Dieu dans sa puissance » (Rm 1,4), et S. Jean : « Nous avons vu sa gloire, gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique » (Jn 1, 14).


2. « Notre Seigneur »

« Fils » introduit la `distinction' - mais non la séparation - en Dieu. « Seigneur » rappelle l'unité divine. Dans la traduction grecque de l'Ancien Testament le nom de Dieu révélé à Moïse - Yahvé - est traduit par « Seigneur. » Le Nouveau Testament donne ce titre à la fois au Père et à Jésus pour les désigner comme Dieu. Dans le Credo, tandis que « Dieu » est réservé au Père, « Seigneur » l'est au Fils.

A la Résurrection les disciples comprennent que Jésus est « Seigneur » (Jn 20, 28 ; Ac 2,36 ; Ph 2, 11). « En attribuant à Jésus le titre divin de Seigneur, les premières confessions de foi affirment, dès l'origine, que le pouvoir, l'honneur et la gloire dus à Dieu le Père le sont aussi à Jésus (Rm 9,5 ; Tt 2,13 ; Ap 5,13) parce qu'il est `de condition divine' (Ph 2,6) et que le Père a manifesté cette souveraineté de Jésus en le ressuscitant des morts et en l'exaltant dans sa gloire (Rm 10,9 ; 1 Co 12,3 ; Ph 2,9-11)43.

De même que le Père est le seul Dieu, Jésus est le seul Seigneur de notre monde. Il est NOTRE SEIGNEUR (1 Co 8,6).

« Proclamer que Jésus est Seigneur n'est pas seulement une acclamation liturgique : c'est d'abord un refus, donc un combat, de tout ce qui en ce monde, pourrait se proclamer seigneur, à commencer par le Prince de ce monde. C'est une déclaration de guerre à toutes les formes d'idolâtrie, dans la droite ligne de l'affirmation qui ouvrait notre Credo : Dieu seul est. La victoire de Jésus Christ sur le mal et sur la mort vient attester que Dieu seul est Dieu ... Dire : Jésus est Seigneur, c'est l'affirmation tout à la fois compromettante et libératrice que rien désormais - (hormis lui) - ne domine plus notre vie. » (Bezançon Ibid.)

C'est la puissance de l'amour, dans sa faiblesse, qui mène à la vie. L'identité du chrétien se situe avant tout dans sa foi en Jésus Seigneur. Ses actes découlent de sa foi.

« De même nature que le Père »

La suite de cet article du Credo porte les traces des querelles du IVe s. autour de la vraie divinité du Fils. La question qui se posait alors était : « Comment sauvegarder la foi au Dieu unique si Le Christ Jésus, Fils et Verbe du Père, est confessé comme Dieu au même titre que celui-ci ? »

Arius, prêtre d'Alexandrie, donne une réponse simple, trop simple. Le Christ, dit S. Paul, est la Sagesse de Dieu (1 Co 1,24). Cela se comprend à la lumière de Pr 8,22 où la Sagesse personnifiée dit : « Yahvé m'a créé, prémices de son œuvre... dès l'éternité je fus établie. »

Pour Arius, le Fils serait la Première Créature de Dieu, celle par laquelle Il crée tout le reste. Le Christ Jésus n'est plus alors Fils et Créateur (au même titre que le Père) mais créature et `démiurge' (= celui par qui Dieu fait le monde) !

Contre cette interprétation `hérétique' des Écritures, le diacre puis évêque d'Alexandrie, S. Athanase, réagit et fait condamner Arius au 1er Concile Œcuménique de Nicée en 325. Utilisant le langage philosophique du temps, pris dans son sens courant, les Pères qualifient le Fils de « homoousios » au Père, mot grec signifiant « consubstantiel = de même substance » (rendu en français moderne par : `de même nature'). Cet adjectif signifie que le Fils partage avec le Père la même divinité.

Pour expliciter cette expression, le concile fait appel à des images et à de brefs développements: `Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu', mais surtout en précisant la nature de son origine. Reprenant d'abord les expressions traditionnelles de `Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles' pour affirmer, en s'opposant clairement à Arius..., que le Fils est `engendré et non créé ' »

Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel

Après avoir confessé la nature divine du Fils, le Credo envisage sa mission. Déjà contenue dans son nom de « Christ. » le Symbole rappelle les moments forts de la vie de Jésus. Il nous dit pourquoi le Fils de Dieu, égal au Père est devenu homme.
C’est uniquement par amour pour nous, pour nous sauver, qu’il « s'est fait chair ». Le drame du péché de l'homme se trouve donc évoqué ici tout en n’étant pas premier. Ce qui est premier c'est la Trinité de Dieu. « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu ... Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut » (Jn 1,1.3). Le Verbe Incarné, notre créateur, est notre sauveur. Il nous réconcilie avec Dieu (1 Jn 3,5 ; 4,10.14) et nous fait ainsi connaître l'amour de Dieu (Jn 3,16 ; 1 Jn 4,9). Il est notre modèle de sainteté (Mc 9,7 ; Mt 11,29 ; Jn 14,6 ; 15,12) et nous rend « participants de la nature divine » (2 P 1,4)3.

Mais c'est PARCE QU'IL EST DIEU que le Fils NOUS SAUVE. En effet, l'homme ne peut avoir part à la condition divine que si celui qui le sauve est pleinement Dieu, au même titre que le Père. C'est pourquoi « Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne dieu », comme l'affirment les Pères en particulier saint Irénée.

« Conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie »

« Dans les évangiles, la conception virginale de Jésus, tout comme l'épisode du tombeau vide, placés donc à l'origine et à la fin de sa vie, veulent marquer la différence radicale de Jésus. Face à l'extrême réalisme du fait qu'il a été conçu, qu'il est né, et qu'il a été crucifié, est mort et a été enseveli, il faut tenir ce paradoxe : en même temps, il vient de Dieu et non de l'homme, et il retourne à Dieu. (CEC, 498).

1. Conçu du Saint Esprit

Nous avons ici la 1ère mention de la Troisième Personne de la Trinité. Alors qu'il sera confessé pour lui-même dans l'article suivant, l'Esprit Saint est mentionné ici dans son rôle par rapport à Jésus. Il est celui par qui Marie a mis au monde le Sauveur (Lc 1,35). Ainsi, en étant « oint de l'Esprit Saint » (Ac 10,38) dès le début de son existence humaine, Jésus est le Messie, le Christ, annoncé par les prophètes. Et c'est « avec la puissance de l'Esprit » que Jésus réalise sa mission (Lc 4,14).

2. Né de la Vierge Marie

Dire Jésus fils de Marie c'est le dire pleinement homme, et proclamer Marie Mère de Dieu - comme le fit le Concile d'Éphèse - c'est reconnaître Jésus vraiment Dieu. Le Credo de Nicée développe l'affirmation du Symbole des Apôtres : « est né de la Vierge Marie », en insistant sur la réalité de la chair du Christ et de son humanité véritable : « il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme. »
«Le sens de cet événement n'est accessible qu'à la foi qui le voit dans ce `lien qui relie les mystères entre eux', dans l'ensemble des mystères du Christ, de son incarnation à sa Pâques. ... La virginité de Marie manifeste l'initiative absolue de Dieu dans l'incarnation, et elle est le signe de sa foi et de sa donation sans partage à la volonté de Dieu ».

(CEC. 503-506).


 

A suivre ...

Retour haut de page