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« Je crois en Jésus-Christ...qui a souffert sous Ponce Pilate »

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Dans la Sainte Église…
Amen

 

Il a souffert sous Ponce Pilate« A souffert sous Ponce Pilate »

La mention du païen Ponce Pilate - conforme aux évangiles - nous permet de situer historiquement l'événement de la Passion de Jésus. Il ne s'agit pas d'un mythe païen de dieu mort et revenu à la vie, mais d'un fait irréfutable. Jésus, le Fils de Dieu, a réellement partagé notre condition humaine du début à la fin.

De même que le Credo de Nicée avait précisé la portée salutaire de la naissance humaine du Fils de Dieu : « Pour nous les hommes et pour notre salut », de même aussi explicite-t-il le sens sauveur de la mort de Jésus : « Crucifié pour nous sous Ponce Pilate. »

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« A été crucifié, est mort et a été enseveli »

Cette mort de Jésus est un scandale (1Co 1, 22s), car c'est le meurtre d'un innocent. Ses premiers disciples l'ont comprise comme l'échec de sa vie et de son message, la fin de leur espérance messianique : « Et nous, nous espérions qu'il était celui qui allait délivrer Israël » (Lc 24, 21).


Cette mort scandaleuse est pourtant le triomphe de la haine due au péché. Ce n'est pas la mort du Christ qui nous sauve, mais l'amour avec laquelle il l'a vécue : « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin » (Jn 13,1). À la dernière Cène lors de l'institution de l'Eucharistie, il anticipe l'offrande libre de sa vie pour nous les hommes et pour notre salut : « Ceci est mon corps donné pour vous » (Lc 22,19),« Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés » (Mt 26,28). S'il n'a pas choisi les circonstances de sa mort, Jésus a choisi d'y inscrire ce pourquoi il est venu en ce monde, Celui par qui et pour qui il est (son Père) : « Le Père m'aime parce que je dépose ma vie pour la reprendre. Personne ne me l'enlève ; mais je la dépose de moi-même » (Jn 10,17-18).

La croix de Jésus nous révèle son unité avec le Père. C'est face au Crucifié que prennent tout leur sens, les expressions les plus fortes de la foi chrétienne sur l'unité du Père et du Fils.« Lorsque vous aurez élevé le Fils de l'homme, vous connaîtrez que Je Suis' (Jn 8, 28) » La croix de Jésus nous révèle finalement qui est Dieu : Dieu, en la personne de son Fils, s'identifie avec l'homme souffrant. À la croix nous voyons combien Dieu fait corps avec nous dans l'épreuve. Jusqu'à la fin des temps, il n'y aura pas un humain humilié, défiguré ou même raté et pécheur, avec qui Dieu ne vienne faire corps, pour que la vie triomphe, et même au-delà de la mort.


« Est descendu aux enfers »

Il s’agit du « lieu » où les morts attendent le salut définitif et où se trouvent les justes morts avant Jésus. C'est là que son âme a rejoint les défunts. Mais Jésus est descendu `aux enfers' en Sauveur afin d'annoncer la Bonne Nouvelle aux morts (1 P 4,6 ; 3,19).
« La descente aux enfers est l'accomplissement, jusqu'à la plénitude, de l'annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d'extension de l'œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, car tous ceux qui sont sauvés sont rendus participants de la Rédemption » (CEC. 634).
Ainsi, par sa Passion et sa mort d'amour, Jésus sauve tous les hommes : ceux qui le précèdent comme ceux qui vivent après lui. L'humanité, solidaire dans le péché - tous les hommes sont pécheurs -, l'est encore davantage dans le salut, car tous les hommes sont sauvés par le Christ.

« Le troisième jour (il) est ressuscité des morts »

Nous sommes ici au cœur de la foi chrétienne !


1. « Le troisième jour »

L'expression vient du kérygme, Credo primitif que S. Paul rappelle aux Corinthiens et que l'on retrouve presque tel que dans le Credo de Nicée : « Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures » (cf. 1 Co 15,4).

On retrouve cette expression dans la bouche même de Jésus : au futur dans les annonces de la Passion-Résurrection (Mc 8,31 ; 10,34), au passé dans leur rappel (Lc 24,46). Cette formule renvoie au prophète Osée (Os 6, 2) qui, huit siècles avant Jésus, évoquait les derniers jours où Dieu viendrait sauver son peuple.
En la reprenant, les premiers chrétiens affirment que ces derniers temps attendus par les prophètes sont arrivés en Jésus. Désormais, toutes les Écritures qui promettent le salut venant de Dieu ont trouvé leur accomplissement.

2. « (il) est ressuscité des morts »

« La résurrection du Christ est objet de foi en tant qu'elle est une intervention transcendante de Dieu lui-même dans la création et dans l'histoire » (CEC. 648). Elle est l'œuvre du Père comme l'affirment les Apôtres (Ac 2,24.36 ; 3,12 ; 4,10 ; 5,31 ; 10,40 ; 13,30.33.34.37). En elle Dieu se manifeste pleinement Père : « La promesse faite à nos pères, Dieu l'a accomplie en notre faveur à nous leurs enfants : il a ressuscité Jésus. Ainsi est-il écrit dans les psaumes : `Tu es mon fils, moi-même aujourd'hui je t'ai engendré' » (Ac 13,32s).

Personne n'a vu Jésus ressuscitant ! Mais il y a deux traces de cet événement dans l'histoire des hommes :

1) Le tombeau ouvert :

Le tombeau de Jésus fut trouvé ouvert et vide au matin de Pâques (Jn 20,1-2). Même les adversaires de Jésus ne contestent pas le fait puisqu'ils font circuler le bruit que les disciples étaient venus de nuit prendre le cadavre de Jésus (Mt 28,11-15). Cette trace, en soi, est négative : elle est le signe d'une absence. Mais, pour les croyants, elle devient annonce d'une présence. Dans la naissance de la foi en la résurrection, le premier rôle du tombeau de Jésus semble avoir été de relier les annonces de la résurrection aux derniers épisodes de la passion : même lieu, même témoins, le groupe des saintes femmes. Dans le dessein d'attester la continuité, le fil renoué de la vie : le Ressuscité, c'est bien le Crucifié !

2) Jésus ressuscité se donne à voir

Les quatre évangiles s'achèvent sur des scènes de reconnaissance par les disciples de Jésus ressuscité. Il se fait reconnaître : c'est bien lui, c'est bien le même qui a été crucifié. Les récits d'apparition sont en quelque sorte, pour cette génération qui a eu le privilège de le connaître avant sa mort, des `vérifications d'identité. C'est pourquoi, tant qu'ils n'ont pas réalisé cela, Jésus se fait reconnaître ainsi par ceux qui seront ensuite les seuls à même d'en témoigner pour toutes les autres générations. Puis, quand c'est acquis, il n'a plus besoin de le faire. C'est ainsi que Pierre proclame après la Pentecôte : « ... Dieu l'a ressuscité des morts : nous en sommes témoins » (Ac 3,15) - « Nous sommes témoins de ces choses, nous et l'Esprit Saint ... » (Ac 5,32) - « ... Dieu l'a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se manifester, non à tout le peuple. Mais aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts ... » (Ac 10,40-41).

 

Jésus est « ressuscité » : il est bien « le même » qu'avant sa Passion mais devenu « autre. » Il ne s'agit pas d'une « réanimation » - comme celle de Lazare ou de la fille de Jaïre - le faisant revenir au mode de vie terrestre ayant pour horizon la mort corporelle. Il s'agit d'un passage à la vie glorieuse, propre à Dieu ; d'une véritable « transfiguration » dont le Thabor donnait un avant-goût (Mt 17,1-8).
C'est ce que signifie le terme de « résurrection » : « re » exprime la continuité, la symbolique du temps, il un `avant' et un `après » la mort de Jésus, mais c'est bien le même homme ; « surrection » (= surgissement, se mettre debout) exprime la nouveauté, c'est la symbolique de l'espace, le mouvement de bas en haut, car Jésus `ressuscité' est passé de la `terre' au `ciel'. Ressuscité, Jésus l'est tout entier, non seulement spirituellement mais corporellement.

« Jésus ressuscité établit avec ses disciples des rapports directs, à travers le toucher et le partage du repas. Il les invite par là à reconnaître qu'il n'est pas un esprit mais surtout à constater que le corps ressuscité avec lequel il se présente à eux est le même qui a été martyrisé et crucifié puisqu'il porte encore les traces de la passion. Ce corps authentique et réel possède pourtant en même temps les propriétés nouvelles d'un corps glorieux : il n'est plus situé dans l'espace et le temps, mais peut se rendre présent à sa guise où et quand il veut car son humanité ne peut être retenue sur terre et n'appartient plus qu'au domaine divin du Père. Pour cette raison aussi Jésus ressuscité est souverainement libre d'apparaître comme il veut : sous l'apparence d'un jardinier ou `sous d'autres traits' (Mc 16,12) que ceux qui étaient familiers aux disciples, afin précisément de susciter leur foi » (CEC. 645).

« Est monté aux cieux »

L'Ascension corporelle de Jésus est le dernier « mystère » de sa vie `terrestre'. Sorti du Père, il est retourné au Père (Jn 16,28).

S. Jean voit dans l'élévation de Jésus sur la croix l'annonce de son élévation dans le ciel :
« Moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi » (Jn 12,32). Il condense dans la seule journée du dimanche de Pâques l'ensemble du Mystère Pascal :

Luc, lui, nous donne deux descriptions de l'Ascension :

Il n'y a pas opposition mais complémentarité entre ces deux façons de `dire' ce mystère : d'une part il est intimement associé à celui de Pâques, d'autre part il clôt la série des manifestations `officielles' par lesquelles Jésus fait de ses disciples les témoins autorisés de la `Bonne Nouvelle' de sa résurrection.

« ... Jésus-Christ, l'unique Prêtre de l'Alliance nouvelle et éternelle n'est pas `entré dans un sanctuaire fait de mains d'hommes ... mais dans le ciel, afin de paraître maintenant à la face de Dieu en notre faveur » (Hé 9,24). Au ciel le Christ exerce en permanence son sacerdoce, étant toujours vivant pour intercéder en faveur de ceux qui par lui s'avancent vers Dieu (Hé 7,25).
Comme 'grand prêtre des biens à venir' (Hé 9,11), il est le centre et l'acteur principal de la liturgie qui honore le Père dans les cieux (Ap 4,6-11) »(CEC 662).

« Est assis à la droite de Dieu le Père »

L'expression est évangélique : « Or le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et il s'assit à la droite de Dieu » (Mc 16,19). Elle provient du Psaume 110,1 : « Oracle de Yahvé à mon Seigneur : `Siège à ma droite' » Elle est reprise par les écrits apostoliques :
« Le Christ Jésus, celui qui est mort, que dis-je ? Ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède pour nous » (Rm 8,38) ;
« (Dieu le Père)... le ressuscitant d'entre les morts et le faisant siéger à sa droite, dans les cieux » (Ep 1,20) ;
« Ayant offert un unique sacrifice, il s'est assis pour toujours à la droite de Dieu » (Hé 10,12) ; « ... par la résurrection de Jésus Christ, lui qui, passé au ciel, est à la droite de Dieu » (1 P 3,22). Le Fils qui partageait de toute éternité la gloire de son Père avant son incarnation dans le sein de Marie, est celui qui aujourd'hui « est assis à la droite du Père » mais désormais uni pour toujours à son humanité glorifiée. Pour toujours Dieu est lié à l'homme !

« La session à la droite du Père signifie l'inauguration du règne du Messie, accomplissement de la vision du prophète Daniel concernant le Fils de l'homme : `À lui fut conféré empire, honneur et royaume, et tous les peuples, nations et langues le serviront. Son empire est un empire à jamais, qui ne passera point et son royaume ne sera point détruit' (Dn 7,14). À partir de ce moment les apôtres sont devenus les témoins du `Règne qui n'aura pas de fin' »(CEC. 663).

« D'où il viendra »

Au jour de l'Ascension, les Anges disent aux disciples : « Ce Jésus qui, d'auprès de vous, a été enlevé au ciel viendra comme cela, de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel » (Ac 1,11).

Dans son `discours sur les derniers temps' Jésus a annoncé à ses disciples ce retour comme celui du « Fils de l'homme » glorieux (Mt 24,27-30 ; Mc 13,24-27 ; Lc 21,27). Ce Retour, l'Église l'attend dans l'espérance : « L'Esprit et l'Épouse disent : Viens ! ... Oh, oui, viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22,17.20). Elle nous fait revivre chaque année l'attente de cette venue dans la liturgie de l'Avent. Cette attente du retour du Christ va de pair avec la certitude de sa présence, comme il l'affirme lui-même dans la finale de l'évangile de Matthieu : « Voici que moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20). De fait, dans la foi, Jésus se rend présent à nous dans la Parole de Dieu, l'Église, la prière, les sacrements, le frère pauvre et démuni.

Le retour glorieux du Seigneur - dont le moment n'est connu que du Père (Mt 24,36) – sera précédé de deux signes. D'une part la reconnaissance par Israël de Jésus comme le Messie annoncé par les prophètes (Mt 23,39 ; Rm 11,25-27). D'autre part de l'épreuve ultime de l'Église (Mt 24,4-13).

« Avant l'avènement du Christ, l'Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le `mystère d'iniquité' sous la forme d'une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l'apostasie de la vérité. L'imposture religieuse suprême est celle de l'Anti-Christ, c'est-à-dire celle d'un pseudo messianisme où l'homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair. L'Église n'entrera dans la gloire du Royaume qu'à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa résurrection. Le Royaume ne s'accomplira donc pas par un triomphe historique de l'Église selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal qui fera descendre du Ciel son Épouse » (CEC. § 675-677).

« Pour juger les vivants et les morts ».

Lors de sa première venue Jésus nous dit : « Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde » (Jn 12,47). Mais son retour en gloire sera l'occasion du Jugement dernier (Mt 25,31-46) annoncé par les prophètes (Dn 7,10 ; Jl 3-4 ; Ml 3,19) et par Jean-Baptiste (Mt 3,7-12). Dès cette vie, notre rencontre avec le Christ s'accompagne d'un jugement de nous-mêmes (Jn 9,31).

Juger signifie dé-partager et décider. Sans un partage entre oui et non, il n’y a pas de jugement. Ce partage nous est présenté de façon figurative dans la grande scène de jugement de Matthieu 25. Le jugement :

« ne veut pas seulement établir ce qui s’est réellement passé dans le secret ; au-delà de cela, il veut, par la sentence portée, ouvrir le chemin vers ce qui vient, vers l’éternel » (BALTHASAR Hans Urs von, Credo, Nouvelle cité 1989, p. 85-86.).

« En venant à la fin des temps juger les vivants et les morts, le Christ glorieux révélera la disposition secrète des cœurs et rendra à chaque homme selon ses œuvres et selon son accueil ou son refus de la grâce »(CEC §679. 682).


A suivre ...

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