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«Je crois en l’Esprit Saint… »

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Franchir la porte de la foi avec le Credo

Introduction
Le symbole de foi
Le symbole de la foi dit « économique »
Je crois en Dieu
L'acte de foi
Je crois en Dieu le Père...
Je crois en Jésus-Christ...
... qui a souffert...
Je crois en l'Esprit-Saint
Dans la Sainte Église…
Amen

 

Je crois en l'Esprit Saint symboles


Je crois en l’Esprit Saint

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Cette troisième partie du Symbole « ne renvoie pas en premier lieu au Saint Esprit en tant que Troisième Personne dans la divinité, mais à l'Esprit Saint en tant que Don de Dieu à l'histoire du monde, dans la communauté de ceux qui croient au Christ. » (RATZINGER, Foi chrétienne hier et aujourd‘hui, Mame, 1969, p. 237). Cela permet de mieux comprendre l'agencement de cet article qui montre le lien entre ces deux réalités que sont l'Esprit et l'Église : l'Esprit suscite l'Église et l'Église manifeste l'Esprit.
Alors que le symbole des Apôtres se contente de l'affirmation : « Je crois en l'Esprit Saint », celui de Nicée Constantinople y intègre les développements rendus nécessaires en raison de la négation de son caractère divin par les ariens et autres hérétiques du IVe s. dénoncés au concile de Constantinople de 381.

Je crois en l'Esprit Saint

 

Le nom de l’Esprit

Le nom propre de la 3e Personne de la Trinité est « Esprit ». Il est qualifié de `saint' car sa fonction essentielle est de `sanctifier' l'homme, de le faire naître à la vie de Dieu, le seul Saint.

Ce nom propre se trouve sur les lèvres de Jésus lui-même. Les apôtres eux-aussi le nomme de la même façon. Il est Esprit de vérité (Jn 16,3) Esprit de la promesse (Ga 3,14 ; Ep 1,13), Esprit d'adoption (Rm 8,15 ; Ga 4,6) ; Esprit du Christ (Rm 8,11) ; Esprit du Seigneur (2 Co 3,17), Esprit de Dieu (Rm 8,9.14 ; 15,19 ; 1 Co 6,11 ; 7,40), Esprit de gloire (1 P 4,14).

Un autre nom lui est donné par Jésus: c’est celui de Paraclet qui signifie : « Celui qui est appelé auprès » (ad-vocatus), d'où : Avocat ou Consolateur (Jn 14,16 ; 15,26 ; 16,7).

L'Esprit est encore Don de Dieu en référence à l'affirmation de S. Paul : « L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le saint Esprit qui nous fut donné » (Rm 5,5).

Au plan sémantique, le terme « esprit » en hébreu, grec et latin, signifie le vent, extérieur à l'homme, et le souffle qui lui est intérieur. Par là l'esprit est signe de mouvement, de circulation, de vie. C'est le symbole utilisé par Jésus dans sa conversation avec Nicodème (Jn 3,5-8).

Pour signifier son action, l’Écriture a recours à des images.

Les images symboliques

L'eau vivifiante qui sort de la source du Temple (Ez 47), est promise par Jésus à la Samaritaine (Jn 4,14) et à ses disciples (Jn 7,37-39), avant de sortir de son côté transpercé (Jn 19,34 ; 1 Jn 5,8). Elle devient instrument de l'Esprit dans le baptême (Jn 3,5).

L'onction d'huile parfumée (le chrême) symbolise l'action de l'Esprit en l'homme. Cette onction, utilisée dans l'AT pour le sacre des rois et des prêtres, l'est dans l'Église pour signifier le don de l'Esprit aux baptisés, confirmés et ordonnés, à tel point qu'elle donne son nom au sacrement de la confirmation dans les Églises d'Orient : la chrismation. Jésus est « l'Oint » par excellence, le « Christ ». Pour cela il ne reçoit pas une onction matérielle et externe, mais l'onction spirituelle et intérieure de l'Esprit (Lc 4,18-19, cf. Is 61,1) qui le conçoit en la Vierge Marie (Lc 2,11) et le ressuscite à la vie nouvelle au troisième jour après sa mort (Cf. Rm 1,4 ; 8,11).

Le sceau est un symbole proche de l'onction. Le Christ est celui que « Dieu a marqué de son sceau » (Jn 6,27), de même il nous marque aussi de ce sceau (2 Co 1,22 ; Ep 1,13 ; 4,30).

Le feu symbolise l'énergie qui transforme et qui purifie. Il veut signifier l'ardeur de l'amour dont il est porteur, la lumière de la vérité qu'il manifeste. Le feu intervient souvent dans les `théophanies' (des manifestations de Dieu) de l'AT : conclusion de l'alliance avec Abraham (Gn 15,17), au Buisson ardent (Ex 3,2), lors du don de la Loi au Sinaï (Dt 4,33), dans la colonne de feu qui guide le peuple, la nuit, dans le désert (Nb 14,14). Aussi Jean- Baptiste annonce-t-il un baptême donné « dans l'Esprit Saint et le feu » (Lc 3,16), et à la Pentecôte l'Esprit descend sur les disciples sous la forme de langues « qu'on eût dites de feu » (Ac 2,3-4).

La main : c'est en imposant les mains que Jésus guérit les malades (Cf. Mt, 6,5 ...) et bénit les enfants (Mc 10,16). C'est par cette même imposition des mains que les apôtres transmettent l'Esprit (Ac 8,17-19 ...), aussi l'Église l'a-t-elle gardée dans ses épiclèses sacramentelles. C'est ainsi que la main est devenue symbole de l'Esprit. De même le doigt, du fait du parallélisme entre la façon dont Dieu écrit sur la pierre les commandements remis à Moïse (Ex 31,18) et dans les cœurs des chrétiens la « lettre du Christ » (2 Co 3,3) ; c'est encore « par le doigt de Dieu que (Jésus) expulse les démons » (Lc 11,20).

La colombe est elle aussi symbole de l'Esprit descendant sur Jésus au jour de son baptême par Jean-Baptiste (Mt 3,16), cela en raison de sa présence au terme du Déluge - symbole du baptême - portant le rameau d'olivier, signe de la paix revenue entre Dieu et les hommes permettant la conclusion d'une nouvelle alliance (Gn 8,6-22).

« ... qui est Seigneur et qui donne la vie... »

En confessant l'Esprit Saint comme « Seigneur » (en grec : Kurios, traduction du nom divin, Yahvé), l'Église souligne son égalité avec Dieu, tout comme elle l'a fait pour le Christ dans le 2e article du Credo.

En disant de lui « qu'il donne la vie », l'Église indique la fonction propre de l'Esprit, au sein de la Trinité, par rapport à la créature. De même que le Père est le Créateur, le Fils est le Sauveur, puisque c'est « pour nous les hommes, et pour notre salut » qu'il a pris chair, ainsi l'Esprit est le Vivificateur, celui qui achève la création et la rédemption en faisant que les hommes créés par le Père et sauvés par le Fils participent à la vie nouvelle venue de Dieu.

« Il procède du Père et du Fils... »

Le verbe utilisé ici, `procéder', vient de la parole de Jésus à ses disciples : « Lorsque viendra le Paraclet, que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui vient du Père » (Jn 15,26).

Mais alors que le terme grec, en raison de la particule `ek' ne peut se référer qu'à Celui qui est l'origine et la source première, c'est-à-dire le Père, le terme latin a un sens moins précis. Cela ouvrira la voie à l'ajout unilatéral, par l'Église latine, de la mention du Fils, origine de la querelle du « Filioque » entre Grecs et Latins. Peut-être la position latine vient elle de la lecture littérale du début de la phrase de Jésus citée ci-dessus.

Chacune de ces deux positions reflète une tendance théologique. Les Grecs, plus attentifs aux Personnes dans la Trinité, expriment ainsi le caractère d'origine première du Père par rapport à l'Esprit. En disant que l'Esprit procède du Père, ils affirment qu'il est issu du Père par le Fils.

Les Latins, plus sensibles à la communion consubstantielle du Père et du Fils, l'expriment en disant que l'Esprit procède du Père et du Fils (CEC § 248.).

En fait, il faut accepter les deux formulations car elles expriment ensemble la vérité du mystère trinitaire, alors que chacune prise isolément pourrait aboutir à une impasse. En les prenant ensemble on comprend que : « l'Esprit procède du Père, conjointement et en rapport avec le Fils dans lequel il repose ; et le Fils est engendré, conjointement et en rapport avec l'Esprit qui le manifeste. » (RIBOBE G. Des évêques disent la foi de l‘Église, Cerf, Paris, 1978, p. 316.)

« ... avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire... »

Cette affirmation du Credo à propos de l'Esprit Saint est à la fois la manifestation et la conséquence de sa divinité. Les Pères de l'Église - spécialement S. Basile et S. Grégoire de Nazianze - trouvent dans la liturgie de l'Église la preuve manifeste qu'il est Dieu, égal aux deux autres Personnes de la Trinité. Tout d'abord il leur est associé dans la formule sacramentelle depuis les temps apostoliques (Mt 28,19) du baptême donné « au nom du Père et du Fils et du saint Esprit ». Puis dans les doxologies il reçoit, lui aussi, l'adoration rendue au Père et au Fils. La plus utilisée, notamment dans les oraisons, rend gloire au Père, par le Fils, dans l'Esprit. Elle souligne ainsi le rôle de chaque Personne dans l'économie du salut.

La doxologie du « Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit » souligne elle, cette égalité des trois Personnes dans la glorification.

« ... il a parlé par les prophètes »

Cette phrase se comprend comme le témoin de la foi de l'Église en la présence et l'action de l'Esprit tout au long de l'histoire du salut depuis la création du monde.
L'action de l'Esprit tout au long de l'histoire du salut peut ainsi se résumer :

C'est désormais la présence de l'Esprit à l'Église que nous contemplons en étudiant la finale de ce troisième article du Credo.

A suivre ...

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