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« Dans la Sainte Église… »

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Franchir la porte de la foi avec le Credo

Introduction
Le symbole de foi
Le symbole de la foi dit « économique »
Je crois en Dieu
L'acte de foi
Je crois en Dieu le Père...
Je crois en Jésus-Christ...
... qui a souffert...
Je crois en l'Esprit-Saint
Dans la Sainte Église…
Amen

Lien entre l'Esprit et l'EgliseLe lien entre l'Esprit et l'Église n’est pas très apparent dans la formulation du
Credo. Pourtant le lien est bien réel en ce sens que Dieu le Père nous appelle à la sainteté et l'Esprit nous en donne les moyens, par l'intermédiaire de l'Église sainte, en mettant à notre disposition la rédemption réalisée par le Fils incarné.

« Je crois à l'Église... »

Alors que le : « Je crois EN » est réservé à chacune des Personnes divines, quand il s'agit de l'Église nous disons : « Je crois À », car elle n'est pas Dieu et c'est à la bonté de Dieu que nous devons attribuer les dons qu'il a mis en elle. Cependant nous pouvons dire : « Je crois en Église », au sens de : Je crois à l'intérieur de l'Église, en étant membre de l'Église.

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Le mot « Église » est la transcription des mots hébreu et grec qui signifient : Assemblée et que nous retrouvons dans l'expression : `assemblée liturgique'. L'Église se compose des personnes convoquées par Dieu le Père, rassemblées par le Christ et animées par l'Esprit Saint. C'est pourquoi elle est désignée par les noms de : `Peuple de Dieu, `Corps du Christ' et `Temple de l'Esprit Saint'.

L'Église n'a pas sa finalité en elle-même, elle est le « sacrement universel du salut » (Vatican II, Ad Gentes §1), c'est-à-dire qu'elle est, « dans le Christ, le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain. » (Lumen Gentium §1)

« ... une, sainte, catholique et apostolique »

Ces « notes » nous permettent de distinguer l'Église de toute autre société humaine car elles sont signes de la présence vivante et vivifiante de l'Esprit Saint dans le Peuple de Dieu. Elles sont à la fois un `don' de Dieu et une `tâche' pour les hommes car l'Église, dès son origine, est « une, sainte, catholique et apostolique », mais elle doit le devenir toujours davantage.

1. Unité

L'unité de l'Église vient de la Trinité car elle est « un peuple qui tire son unité du Père et du Fils et de l'Esprit Saint » (Cyprien De oratio Dom. 23, Lumen Gentium §4) : le Père en est la source, le Fils incarné en est le Fondateur, l'Esprit Saint en est l'âme. La charité est en elle ce qui assure la communion invisible de tous en cette unité, alors que les liens visibles en sont : « La profession d'une seule foi reçue des apôtres. La célébration commune du culte divin, surtout des sacrements ; la succession apostolique par le sacrement de l'Ordre, maintenant la concorde fraternelle de la famille de Dieu. » (CEC. 815.)

Cette unité de l'Église universelle, communion d'Églises particulières, s'exprime à travers une légitime diversité de traditions liturgiques, théologiques, disciplinaires, due à la diversité des personnes et des cultures qui se trouvent en elle.

Au cours des âges cette unité à été blessée par de nombreuses ruptures en Orient au Ve s. (Églises chalcédoniennes et non chalcédoniennes) ; entre Orient et Occident au XIe s. (Catholiques et Orthodoxes) ; en Occident au XVIe s. (Catholiques et Protestants). Ces ruptures sont des conséquences du péché des hommes.

Tout l'effort œcuménique tend à préparer la voie à la restauration de l'unité visible de l'Église qui ne peut être qu'une grâce que Dieu donnera en son temps et à laquelle nous avons tous à prier

2. Sainteté

L'Église est sainte parce que, Épouse du Christ, elle a reçu l'Esprit Saint qui répand la charité dans le cœur des fidèles. Elle possède dans ses sacrements les moyens objectifs de la sainteté.

Elle est réellement sainte, mais, pourtant, sur cette terre, hormis la sainte Vierge Marie, ses enfants sont des pécheurs graciés qui doivent se reconnaître saisis par le salut du Christ et appelés à la conversion. De plus, l'Église est sainte parce qu'en elle, ici bas, déjà certains de ses enfants vivent pleinement de la charité et que ses membres défunts, vivants pour Dieu, sont ou les saints du ciel ou ceux qui subissent la dernière purification avant d'arriver à cet état.

3. Catholicité

L'appellation « catholique » signifie `universel' dans le double sens de `selon l'intégralité' et de `selon la totalité'.

C'est ainsi que l'Église est catholique d'abord parce qu'en elle se trouve la plénitude du Corps du Christ, Tête et membres, et l'intégralité de ses moyens de salut : « Là où est le Christ, là se trouve l'Église catholique » disait Ignace d’Antioche (Ignace d’Antioche, Lettre à Smyrne, 8,2, SC 10, Cerf, p. 163.) . En ce sens l'Église est catholique depuis la Pentecôte et elle est « sacrement du salut pour tous les hommes. »

4. Apostolicité

Cette dernière `note' signifie que l'Église d'aujourd'hui est toujours en communion avec les apôtres du Christ, et cela de trois façons.


« ... à la communion des saints »

Cette vérité de foi appartient au Symbole des apôtres et ne se trouve pas dans le Credo de Nicée Constantinople. Elle traduit comment l'Esprit Saint agit concrètement dans l'histoire et elle explicite ce qu'est l'Église : communion des fidèles participant aux « choses saintes (`sancta') » pour devenir, ensemble, des « personnes saintes (sancti). »

1. Communion des biens spirituels

Dans la communauté primitive de Jérusalem, les disciples « se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac 2, 42) :

La communion dans la foi. La foi des fidèles est la foi de l'Eglise reçue des apôtres, trésor de vie qui s'enrichit en étant partagé.

La communion des sacrements. « Le fruit de tous les sacrements appartient à tous. Car les sacrements, et surtout le Baptême qui est comme la porte par laquelle les hommes entrent dans l'Eglise, sont autant de liens sacrés qui les unissent et les attachent à Jésus-Christ. La communion des saints, c'est la communion des sacrements (...). Le nom de communion peut s'appliquer à chacun d’eux, car chacun d'eux nous unit à Dieu (...). Mais ce nom convient mieux à l’Eucharistie qu'à tout autre, parce que c'est elle principalement qui consomme cette communion »

La communion des charismes : dans la communion de l'Eglise, l'Esprit Saint « distribue aussi parmi les fidèles de tous ordres (...) les grâces spéciales « pour l’édification de l'Eglise. » Or, « à chacun la manifestation de l'Esprit est don-fil vue du bien commun » (1 Co 12, 7). « Ils mettaient tout en commun » (Ac 4, 32) : « Tout ce que le vrai chrétien possède, il doit le regarder comme un bien qui lui est commun avec tous, et toujours II doit être prêt et empressé à venir au secours de l'indigent et de la misère du prochain ».

La communion de la charité : « nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même » (Rm 14,7), « Un membre souffre-t-il ? Tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l'honneur ? Tous les membres prennent part à sa joie. Or vous êtes le Corps du Christ, et membres chacun pour sa part » (1 Co 12, 26-27). « La charité ne cherche pas ce qui est à elle » (1 Co 13, 5). Le moindre de nos actes fait dans la charité retentit au profit de tous, dans cette solidarité avec tous les hommes vivants ou morts, qui se fonde sur la communion des saints. Tout péché nuit à cette communion »(CEC § 949-953.).

2. Communion de l’Eglise du ciel et de la terre.

Nous ne sommes pas sauvés de façon individuelle mais en peuple. Si la solidarité dans le mal existe, la solidarité dans le bien est plus forte. En confessant la « communion des saints », nous voulons dire qu'il existe un lien unissant tous les êtres humains, aussi bien dans l'espace que dans le temps : toutes les générations sont solidaires dans la prière et dans l'action. Déjà sur cette terre nous devons prier et agir les uns pour les autres. L'Église n'oublie pas non plus les défunts, ceux qui nous sont liés, mais aussi « ceux dont Dieu seul connaît la foi » (Memento de la messe), pour qu'ils soient purifiés de leurs péchés et méritent de voir Dieu.

« En canonisant certains fidèles, c'est-à-dire en proclamant solennellement que ces fidèles ont pratiqué héroïquement les vertus et vécu dans la fidélité à la grâce de Dieu, l'Église reconnaît la puissance de l'Esprit de sainteté qui est en elle et elle soutient l'espérance des fidèles en les leur donnant comme modèles et intercesseurs. » (CEC. §828). Parmi eux, la Bienheureuse Vierge Marie, jouit d'une prérogative spéciale : « Tout comme dans le ciel où elle est déjà glorifiée corps et âme, la Mère de Jésus représente et inaugure l'Église en son achèvement dans le siècle futur, de même sur cette terre, en attendant la venue du Jour du Seigneur elle brille déjà comme un signe d'espérance assurée et de consolation devant le Peuple de Dieu en pèlerinage. » (CEC § 972).

« Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés »

L'affirmation du Symbole des Apôtres, plus brève, dit : « Je crois... à la rémission des péchés. » En introduisant la mention du baptême, le Credo de Nicée Constantinople explicite la 1e formulation de la foi en rappelant que c'est dans l'Église, fondée sur le baptême, que les hommes reçoivent la rémission des péchés.

Le pardon des péchés, aussi graves soient-ils, pour quiconque se convertit, appartient donc à la foi que l'Église a mission de transmettre. Elle a mission de signifier cette `bonne nouvelle' par « le baptême, premier et principal sacrement pour le pardon des péchés : il nous unit au Christ mort et ressuscité et nous donne l'Esprit Saint. Mais de plus, de par la volonté du Christ, l'Église possède le pouvoir de pardonner les péchés des baptisés et elle l'exerce par les évêques et les prêtres de façon habituelle dans le sacrement de la réconciliation » (CEC. § 985-986).

« J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir »

De même que le 2e article du Credo se terminait sur un acte d'espérance : l'attente du retour en gloire du Seigneur Jésus, Juge des vivants et des morts, de même le 3e article s'achève, lui aussi, sur un autre acte d'espérance : l'attente de la vie éternelle pour les hommes ressuscités au dernier jour. La formulation est un peu différente dans les deux confessions de foi mais elle revient au même : « Je crois... à la résurrection de la chair, à la vie éternelle », dans le Symbole des apôtres ; « J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir », dans le Credo de Nicée Constantinople.

Cet acte d'espérance introduit une vérité fondamentale de notre foi chrétienne : l'œuvre de l'Esprit Saint, `qui donne la vie' s'achèvera seulement quand les hommes, entrés définitivement dans le Royaume de Dieu, participeront totalement - en corps et en âme - à la vie que possède le Christ ressuscité. « L'existence chrétienne se déroule donc entre le déjà là du Royaume vécu dans la résurrection du Christ rendu présent dans la vie sacramentelle (de l'Église) et le pas encore advenu de ce Royaume de paix et de force dans l'Esprit. » (Onfray, « Pour dire le Credo, Cerf, Paris, p. 163).

2. Résurrection des morts - résurrection de la chair

Le chrétien croit que la mort, terme naturel de l'unique vie terrestre de chacun, est la conséquence du péché, mais qu'elle est transformée par le Christ Jésus dont la libre obéissance d'amour à la volonté de son Père a transformé la malédiction de la mort en bénédiction (Rm 5,18-21) qui se réalise au jour de Pâques. Aussi « pour ceux qui croient dans le Seigneur, la vie n'est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux. » (Missel Romain, Préface des défunts). C'est pourquoi le chrétien doit se préparer à sa mort comme à la rencontre de Celui dont il se sait aimé. D'abord en vivant dès ici-bas comme le Christ, ensuite en priant pour être prêt quand viendra le dernier jour et pour que la Vierge Marie intercède pour nous à cet ultime instant.

Grâce à l'Esprit Saint, par le baptême donné dans l'Église, nous sommes déjà spirituellement ressuscités. Mais cela, encore caché dans notre vie terrestre, ne sera pleinement manifesté, jusque dans notre corps devenu `spirituel', qu'au retour du Christ (Col 3,4). Car notre corps lui-même ressuscitera comme l'exprime le : « Je crois à la résurrection de la chair », où le mot biblique de `chair' signifie tout l'homme, y compris son corps. Il y a là prise au sérieux de la vérité de l'incarnation du Fils de Dieu : de même que la chair qu'il a prise de la Vierge Marie sous l'action de l'Esprit Saint est ressuscitée en sa personne sous l'action du même Esprit Saint, de même nous aussi, d'une façon dont nous n'avons aucunement l'expérience à présent, nous ressusciterons tout entier et nous retrouverons notre corps transfiguré qui, « bien au-delà d'une organisation d'atomes dans la matière, (est) ce qui, à la fois, nous relie, nous permet de communiquer, et nous identifie, nous distingue les un des autres comme uniques. »

3. Vie éternelle - vie du monde à venir

Le Credo nous parle de « vie », l'accent est positif, la véritable finalité de l'existence humaine c'est « d'être avec le Seigneur toujours » (1 Th 4,17 ; Jn 14,3). C'est donc le Ciel, le Paradis, qui est l'unique `fin' de l'homme, l'Enfer n'est que la très regrettable exception de celui qui aurait, par sa faute, manqué sa fin98 ! En s'appuyant sur la parabole du pauvre Lazare (Lc 16,22), la parole de Jésus au bon larron (Lc 23,43), ainsi que de textes de S. Paul envisageant une réunion du chrétien avec le Christ immédiatement après la mort individuelle (2 Co 5,8 ; Ph 1,23), l'Église présente la doctrine selon laquelle, sans attendre le jugement général, chacun, dans un jugement particulier, recevrait de Dieu la récompense ou la punition éternelles que méritent ses actes. Ce qu'il faut en retenir c'est qu'« au soir de notre vie nous serons jugés sur l'amour » que nous avons eu ou non pour le Christ en la personne de nos frères. Le Ciel n'est rien d'autre que d'être avec le Christ, de voir Dieu, d'être en parfaite communion


A suivre ...

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