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L'obéissance, n'est-ce pas aliénant ?

Obéissance pour l'amour du Christ

Dans la Règle de Saint Benoît, nous lisons : « l'obéissance convient à ceux qui n'ont rien de plus cher que le Christ. »
La moniale, en effet, dans un regard de foi, considère qu'elle fait la volonté de Dieu chaque fois qu'elle obéit à celle qui a reçu une autorité – dans la mesure, bien sûr, où ce qui lui est prescrit ne va pas à l'encontre de sa conscience, n'est pas contraire à la loi morale.
De plus, en obéissant, elle se conforme au Christ qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort, sachant qu'en suivant Jésus, elle ne se trompera pas.
C'est vrai qu'il y a parfois un aspect crucifiant dans l'obéissance car ce qui nous est demandé ne s'harmonise pas toujours avec notre pente naturelle. L'obéissance implique donc un renoncement à notre volonté propre: c'est la Croix. Mais la Croix ne va pas sans la Résurrection et la moniale qui fait l'effort d'obéir expérimentera aussi une participation à la Résurrection du Christ. En voici quelques aspects :
- l'obéissance permet des découvertes car elle nous entraîne sur des chemins que nous n'aurions pas empruntés de nous-mêmes. En ce sens elle nous dilate ;
- l'obéissance manifeste et fait croître l'amour : obéir à quelqu'un, c'est lui signifier que sa parole, son désir ont de l'importance pour nous, que nous l'écoutons et le respectons et que nous le faisons passer avant nous-mêmes. L'obéissance fait plaisir à l'autre ;
- l'obéissance cultive la paix: pas de mauvaises surprises, ce qui a été demandé est fait ;
- l'obéissance nous permet d'entrer dans un projet plus grand que nous-mêmes.
- Est-ce l'obéissance qui est aliénante ? N'est-ce pas plutôt la surexaltation du moi où chacun n'accepte que lui-même pour maître et ne se fie qu'à son propre jugement ? Dans nos sociétés modernes, la pratique de l'obéissance chrétienne ne pourrait-elle pas repousser des maux comme la désespérance et l'ennui, l'addiction aux drogues et parfois même la dépression ?
La foi chrétienne est toute de paradoxes et de surprises : c'est en renonçant à tout que l'on obtient tout. C'est en renonçant à soi-même, en s'en remettant aux autres que l'on trouve son véritable épanouissement.