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En ce temps de grande violence au Moyen-Orient, est-ce que votre vie n’est pas complètement décalée par rapport à ce qui se passe ?

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Prière pour la paixNon, je ne le crois pas, bien au contraire ! Les hommes n’ont encore jamais perçu, comme aujourd’hui, à quel point nous sommes solidaires les uns des autres à l’échelle planétaire. Internet, en particulier, permet de faire circuler l’information rapidement. Ce qui se passe au Moyen-Orient nous affecte tous. Cependant, si nous sommes lucides, nous devons bien reconnaître que nous sommes tous dépassés par ce qui se passe. La situation est extrêmement complexe. Nous pouvons comprendre, en partie, ces événements mais nous sommes loin d’avoir toutes les clés. Nous pouvons agir au niveau de l’aide humanitaire pour les minorités religieuses de ces régions (chrétiens, yézidis) en sensibilisant l’opinion, en donnant de l’argent, il faut le faire, c’est indispensable et vital. Mais reconnaissons-le, devant une telle situation, nous nous sentons impuissants. Impuissants à agir pleinement, impuissant à comprendre complètement. Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à comprendre et à agir, bien sûr !

Je suis persuadée que la prière est le moyen le plus efficace dans cette situation très précise où le Mal se déchaîne dans des proportions effrayantes. La prière ce n’est pas un refuge, ce n’est pas un moyen de se donner bonne conscience à bon compte. La prière, c’est monter au combat, se tenir sur la brèche, ouvrir un espace à Dieu pour qu’Il agisse. Car la prière n’est pas notre affaire mais celle de Dieu. Dieu a besoin de cœurs qui se livrent à la prière pour pouvoir agir. Ce n’est pas nous qui sauverons le monde. Ce qui se passe doit être situé d’abord au niveau spirituel. Et attention ! En disant cela, je ne dis pas que le Mal est uniquement du côté des djihadistes ! C’est justement là l’enjeu de la prière. Nous donnons prise nous-mêmes au Mal dans nos propres vies. Tant que nous n’admettons pas cela, nous sommes à côté du vrai problème. Se livrer à la prière, c’est mener ce combat là. C’est livrer notre cœur à Dieu pour qu’Il l’évangélise, pour qu’Il gagne en nous la guerre contre les rancœurs, la peur, le rejet de l’autre, qui nous habitent tous d’une manière ou d’une autre

Tant que les chrétiens et tous les croyants de bonne volonté ne se livreront pas à cette guerre-là qui se passe dans le secret des cœurs, ne rêvons pas, la terre sera à feu et à sang. Voilà pourquoi notre vie monastique ne se trouve pas décalée par rapport à ce qui se passe. Elle nous place au contraire en première ligne pour peu que nous soyons fidèles à notre appel. Tout chrétien, sans exception, est appelé à ce combat, les moines quant à eux, en ont fait leur « profession », leur « métier », ils s’y donnent à plein temps. Ce que j’exprime là touche au combat spirituel.

Il y a un autre lieu où le moine est au cœur de ces événements, c’est l’office, où il chante les psaumes sept fois le jour. Quand le matin, à 5h30, chaque jour de la semaine, y compris le dimanche, nous chantons durant 1h les psaumes, nous ne sommes pas à côté de ce qui se vit dans notre monde, nous ne sommes pas dans un petit cocon, nous sommes au cœur du combat. Quand nous chantons le psaume 45 : « Dieu détruit la guerre jusqu’au bout du monde, Il casse les arcs, brise les lances, incendie les chars : « Arrêtez ! Sachez que je suis Dieu », « Il est avec nous le Seigneur de l’univers ; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob ! » ou le psaume 34 : « Comment peux-tu voir cela Seigneur ? Tire ma vie de ce désastre, délivre-moi de ces fauves » ou le psaume 58 : « Réveille-toi, Viens à moi, regarde, Seigneur, Dieu de l’univers […]. Le soir ils reviennent : comme des chiens, ils grondent, ils cernent la ville […] auprès de toi ma forteresse, je veille ; oui, mon rempart, c’est Dieu ! Le Dieu de mon amour vient à moi : avec lui je défie mes adversaires. ». Quand nous chantons tous ces psaumes, nous sommes au cœur du combat, nous ouvrons la porte à Dieu pour qu’Il puisse agir. Et quand nous chantons des psaumes de louange comme : « Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le dans les hauteurs. Vous, tous ses anges, louez-le, louez-le, tous les univers » (ps. 148), nous créons une percée de lumière. On ne combat pas le mal par le mal.

Seule la prière et la louange pourront sauver notre monde. Seul Dieu peut nous sauver. C’est ce dont notre vie témoigne et c'est ce dont nous vivons. Puissent de nombreux priants se lever pour porter notre terre blessée, dans la prière, tout le jour et toute la vie !

 

Vous les jeunes, ne vous laissez pas prendre par les invitations à rejeter et diaboliser les autres. Ne vous trompez pas de combat !

 

Publié le 27 septembre 2014, par une moniale de l'Abbaye de Venière, en ce temps de violence au Moyen-Orient.