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Le Cantique des cantiques

Le Cantique des cantiques

Introduction

 

Texte du Cantique des cantiques

Traduction de Soeur Chantal de l'Abbaye de Venière

1/1 LE CANTIQUE DES CANTIQUES

2 Qu'il me donne un baiser
des baisers de sa bouche,
car bonnes sont tes amours
plus que le vin.
3 Pour leur parfum, tes huiles bonnes,
une huile répandue ton Nom,
C'est pourquoi les jeunes filles t'aiment.
4 Tire-moi à ta suite, courons.
Le roi m'a fait entrer en ses appartements,
nous exulterons et nous réjouirons en Toi,
nous rappellerons tes amours
plus que le vin,
ils ont raison, ceux qui t'aiment.
5 Noire, moi, et belle,
filles de Jérusalem,
comme les tentes de Qédar,
comme les tentures de Salomon.
6 Ne voyez pas si je suis noire,
si m'a brunie le soleil,
les fils de ma mère se sont emportés contre moi,
ils m'ont mise à garder les vignes,
ma vigne à moi, je ne l'ai pas gardée.
7 Annonce-moi,
toi qu'aime ma vie,
où tu conduiras le troupeau,
où tu le feras reposer à midi,
que je ne sois plus égarée
près des troupeaux de tes compagnons.
8 Si tu ne le sais pas pour toi,
la belle parmi les femmes,
sors pour toi sur les traces du troupeau
et fais paître tes chevreaux
près des demeures des bergers.
9 A ma jument attelée aux chars de Pharaon,
je te compare, mon amie.
10 Elles sont belles, tes joues
entre les pendentifs,
beau ton cou dans les colliers.
11 Des pendentifs d'or, nous ferons
pour toi, avec des gouttes d'argent;
12 Pendant que le roi est dans son enclos,
mon nard donne son parfum.
13 Un sachet de myrrhe,
mon Bien-Aimé, pour moi,
entre mes seins il passe la nuit.
14 Une grappe de henné,
mon Bien-Aimé, pour moi,
dans les vignes d'En-Gaddi.
15 Te voici belle, mon amie,
te voici belle,
Tes yeux, des colombes.
16 Te voici beau, mon Bien-Aimé,
charmant aussi.
Notre couche aussi verdoie.
17 Les poutres de notre maison, des cèdres,
nos lambris, des cyprès.

 

2/1 Moi, le narcisse de Saron,
le lis des vallées.
2 Comme le lis entre les épines,
ainsi mon amie entre les jeunes filles.
3 Comme le pommier entre les arbres des forêts,
ainsi mon Bien-Aimé entre les fils.
A son ombre désirée je me suis assise
et son fruit est doux à mon palais.
4 Il m'a menée dans la maison du vin,
et son étendard qu'il dresse au dessus de moi,
c'est l'amour.
5 Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins,
fortifiez-moi avec des pommes,
car je suis malade d'amour.
6 Sa main gauche est sous ma tête,
et sa droite me m'étreint.
7 Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
par les gazelles ou par les biches des champs,
ne réveillez pas,
n'éveillez pas l'amour
avant qu'elle le veuille.
8 Voix de mon Bien-Aimé,
le voici, il vient,
sautant par dessus les montagnes,
bondissant par dessus les collines.
9 Sois semblable, mon Bien-Aimé,
à la gazelle, au faon du cerf.
Le voici debout derrière notre mur
observant par les fenêtres,
guettant par les treillis.
10 Mon Bien-Aimé chante et me dit :
Lève-toi, mon amie, ma belle,
et va vers toi.
11 Car voici l’hiver passé,
la pluie s'en est allée,
elle a disparu.
12 Les fleurs se montrent sur notre terre,
la saison vient des chansons
et la voix de la tourterelle
se fait entendre sur notre terre.
13 Le figuier forme ses premiers fruits
et les vignes en fleurs
donnent leur parfum.
Lève toi, mon amie, ma belle,
et va vers toi.
14 Ma colombe,
dans le creux du rocher,
dans la cachette de la paroi,
fais-moi voir ton visage,
fais-moi entendre ta voix,
car ta voix est douce
et ton visage est beau.
15 Prenez-nous les renards,
les petits renards
ravageurs de vignes,
car nos vignes sont en fleurs.
16 Mon Bien-Aimé à moi
et moi à Lui,
il paît parmi les lis.
17 Jusqu'à ce que souffle le jour et que s'enfuient les ombres,
retourne, sois semblable,
mon Bien-Aimé,
à la gazelle, au faon du cerf,
sur les montagnes de Béter.

 

3/1 Sur ma couche, la nuit,
j'ai cherché celui qu'aime ma vie,
je l'ai cherché et ne l'ai pas trouvé
2 Je me lèverai donc
et je tournerai dans la ville,
dans les rues et sur les places,
je chercherai celui qu'aime ma vie,
je le cherche et ne le trouve pas.
3 Ils m'ont trouvée, les gardes
qui tournent dans la ville,
celui qu'aime ma vie,
l'avez-vous vu ?
4 Comme à peine je les avais dépassés,
alors j'ai trouvé celui qu'aime ma vie,
je l'ai saisi et je ne le laisserai pas
jusqu'à ce que je l'ai fait entrer
dans la maison de ma mère,
dans la chambre où j'ai été conçue.
5 Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
par les gazelles et les biches des champs
ne réveillez pas, n'éveillez pas l'amour
jusqu'à ce qu'elle veuille.
6 Qui est celle-ci montant du désert
comme des colonnes de fumée
odorantes de myrrhe et d'encens
et de tous les parfums des marchands ?
7 Voici la litière qui est à Salomon,
soixante vaillants autour d'elle
les vaillants d'Israël,
8 Toutes les épées prises,
entraînées au combat,
chacun son glaive sur sa cuisse
pour le tremblement des nuits.
9 Le roi Salomon s'est fait un palanquin
en bois du Liban.
10 Il a fait ses colonnes d'argent,
son baldaquin d'or,
son siège de pourpre,
son milieu incrusté d'amour
venant des filles de Jérusalem.
11 Sortez et voyez,
filles de Sion,
le roi Salomon,
avec la couronne dont sa mère l'a couronné
au jour de ses noces,
au jour de son cœur.

 

4/1 Te voici belle, mon amie,
te voici belle !
Tes yeux : des colombes,
à travers ton voile,
ta chevelure comme un troupeau de chèvres,
qui sautent des hauteurs de Galaad.
2 Tes dents comme un troupeau de brebis tondues
qui remontent du bain,
qui toutes ont leur jumelle
et nulle n'en est privée.
3 Comme un fil écarlate, tes lèvres
et tes paroles ravissantes.
Comme des moitiés de grenades, tes joues,
à travers ton voile.
4 Comme la tour de David, ton cou,
bâti par assises,
milles boucliers y sont suspendus,
tous les écus des guerriers.
5 Tes deux seins, comme deux faons,
jumeaux d'une gazelle
paissant parmi les lis.
6 Avant que souffle le jour
et que s'enfuient les ombres,
j'irai pour moi
à la montagne de la myrrhe,
à la colline de l'encens.
7 Toute belle, mon amie,
et pas de défaut en toi.
8 Viens du Liban, ô fiancée,
viens du Liban, fais ton entrée,
abaisse ton regard
du sommet de l'Amana,
du sommet du Lenir et de l'Hermon,
des repaires des lions,
des montagnes des léopards.
9 Tu me fais perdre cœur, ma sœur, ma fiancée,
tu me fais perdre cœur
par un seul de tes cheveux,
par une seule perle de ton collier.
10 Comme il est beau, ton amour,
ma sœur, fiancée,
comme il est bon, ton amour,
plus que le vin,
et la senteur de tes parfums
plus que tous les baumes.
11 Le miel ruisselle sur tes lèvres, fiancée,
le miel et le lait sous ta langue,
et le parfum de tes vêtements
comme le parfum du Liban.
12 Un jardin clos,
ma sœur, fiancée,
un jardin clos,
une source scellée.
13 Tes pousses,
un verger de grenadiers
avec les meilleurs fruits,
les hennés avec les nards.
14 Le nard et le safran,
le roseau et la cinnamome,
avec tous les arbres à encens,
myrrhe et aloès,
avec tous les plus précieux baumes.
15 Source des jardins,
puits d'eau vive,
ruissellements du Liban.
16 Lève toi, aquilon;
viens, autan,
soufflez sur mon jardin,
qu'il distille ses aromates,
que mon Bien-Aimé
entre dans son jardin
et qu'il mange ses meilleurs fruits.

 

5/1 J'entre dans mon jardin,
ma sœur, fiancée,
je récolte ma myrrhe avec mon baume,
je mange mon rayon et mon miel,
je bois mon vin avec mon lait
mangez, amis, buvez,
enivrez-vous, mes bien-aimés.
2 Je dors, et mon cœur s'éveille.
Voix de mon Bien-Aimé, il frappe :
"Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite,
car ma tête est pleine de rosée,
mes boucles des gouttes de la nuit."
3 J'ai enlevé ma tunique, comment la vêtirais-je ?
J'ai lavé mes pieds, comment les salirais-je ?
4 Mon Bien-Aimé a passé la main par l'ouverture,
et mes entrailles ont frémi à cause de Lui.
5 Je me suis levée, moi,
pour ouvrir à mon Bien-Aimé,
et mes mains ont ruisselé de myrrhe,
mes doigts de myrrhe débordante,
sur la poignée du verrou.
6 J'ai ouvert, moi, à mon Bien-Aimé,
et mon Bien-Aimé s'est détourné, il est passé,
ma vie fut bouleversée de sa fuite
je l'ai cherché mais ne l'ai pas trouvé,
je l'ai appelé mais il n'a pas répondu.
7 Les gardes m’ont rencontrée,
qui font la ronde dans la ville,
ils m'ont frappée,
ils m'ont blessée,
ils m'ont enlevé mon manteau.
8 Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
si vous trouvez mon Bien-Aimé,
que lui annoncerez-vous ?
Que je suis malade d'amour.
9 En quoi ton Bien-Aimé est il plus qu'un bien-aimé,
belle entre les femmes,
en quoi ton Bien-Aimé est il plus qu'un bien-aimé,
pour que tu nous conjures ainsi ?
10 Mon Bien-Aimé est clair et rouge
remarquable dans un grand nombre.
11 Sa tête d'or, d'or pur,
ses boucles, des palmes, noires comme le corbeau,
12 Ses yeux, des colombes,
sur le courant des eaux,
se baignant dans le lait,
posées sur les plénitudes.
13 Ses joues, comme des terrasses
de plantes aromatiques,
des tours de parfums,
ses lèvres, des lis,
ruisselant de myrrhe débordante
14 Ses mains, des anneaux d'or,
sertis de pierres de Tarsis,
son ventre, une plaque d'ivoire,
couverte de saphirs.
15 Ses jambes, de s colonnes d'albâtre
fondées sur des socles d'or pur,
Son aspect, comme le Liban,
sans rival comme le Cèdre.
16 Ses discours, la douceur même, et tout en lui est désirable.
Tel est mon Bien-Aimé,
tel est mon Ami,
filles de Jérusalem.

 

6/1 Où est allé ton Bien-Aimé,
belle entre les femmes ?
Où s'est tourné ton Bien-Aimé ?
Nous le chercherons avec toi.
2 Mon Bien-Aimé est descendu dans son jardin
vers les terrasses d'aromates,
pour faire paître dans les jardins
et pour cueillir des lis.
3 Je suis à mon Bien-Aimé,
et mon Bien-Aimé est à moi.
Il paît parmi les lis.
4 Tu es belle, mon amie,
comme Tirsa,
splendide comme Jérusalem,
redoutable comme des bataillons.
5 Détourne tes yeux de moi,
car ils me troublent.
Tes cheveux, comme un troupeau de chèvres
qui dévalent de Galaad,
6 Tes dents, comme un troupeau de brebis
qui remontent du bain,
chacune a sa jumelle
et nulle n'en est privée.
7 Tes joues, des moitiés de grenade
derrière ton voile.
8 Il y a soixante reines,
et quatre-vingt concubines,
et des jeunes filles sans nombre.
9 Unique est ma colombe, ma parfaite,
elle, l'unique de sa mère,
la préférée de celle qui l'enfanta.
Les filles l'ont vue et célébrée,
reines et concubines l'ont louée :
10 Qui est celle-ci regardée comme l'aurore,
belle comme la lune,
pure comme le soleil,
redoutable comme des bataillons.
11 Au jardin des noyers, je suis descendu,
pour voir les jeunes pousses du ravin,
pour voir en bourgeon la vigne,
et en fleurs les grenadiers.
12 Je ne sais pas,
mon souffle m'a rendu joyeux
sur les chars d'Amminadib

 

7/1 Reviens, reviens, la Sulamite !
Reviens, reviens, que nous te regardions !
Pourquoi regardez-vous la Sulamite,
dansant comme en un double chœur ?
2 Que tes pieds sont beaux dans tes sandales,
fille de prince !
La courbe de tes hanches, comme un collier,
œuvre des mains d'un artiste !
3 Ton nombril, profonde coupe,
que le vin ne manque pas.
Ton ventre, un monceau de blé,
entouré de lis,
4 Tes deux seins, comme deux faons
jumeaux d'une gazelle,
5 Ton cou, une tour d'ivoire,
tes yeux, les bassins de Heshbön,
près de la porte de Bet-Rabim,
ton nez, comme la tour du Liban
sentinelle vers Damas,
6 Ta tête sur toi, comme le Carmel,
Tes cheveux de ta tête, comme la pourpre,
un roi lié dans tes boucles.
7 Que tu es belle, que tu es charmante,
amour, fille de délices !
8 Dans ton élan, tu ressembles au palmier,
tes seins, les grappes.
9 J'ai dit : je monterai au palmier,
je saisirai les régimes.
Qu'ils soient, tes seins, des grappes de raisins,
le parfum de ton souffle, comme les pommes,
10 Ton palais, comme le bon vin ;
il va à mon Bien-Aimé dans la droiture.
11 Je suis à mon Bien-Aimé
et vers moi son désir.
12 Viens, mon Bien-Aimé,
allons aux champs.
Nous passerons la nuit dans les villages,
13 nous nous lèverons tôt pour les vignes,
Nous verrons si les ceps bourgeonnent,
si les pampres fleurissent,
si les grenadiers sont en fleur.
Alors, je te donnerai mon amour.
14 Les mandragores donnent leur parfum.
A nos portes sont tous les meilleurs fruits
les nouveaux comme les anciens,
mon Bien-Aimé, je les ai réservés pour toi.

 

8/1 Que n'es-tu donné comme frère pour moi,
allaité au sein de ma mère ?
Te rencontrant dehors,
je pourrai t'embrasser,
sans qu'il y ait de blâme sur moi.
2 Je te conduirais,
je te ferai entrer dans la maison de ma mère,
tu m'enseignerais,
je te ferais boire un vin parfumé,
une liqueur de grenades.
3 Son bras gauche sous ma tête,
sa droite m'étreint.
4 Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
ne réveillez pas,
n'éveillez pas l'amour
avant qu'elle le veuille.
5 Qui est celle-ci montant du désert,
appuyée sur son Bien-Aimé ?
Sous le pommier je t'ai réveillée,
là où ta mère te conçut,
là où te conçut celle qui t'a enfantée.
6 Pose-moi comme un sceau sur ton cœur,
comme un sceau sur ton bras
car fort comme la mort l'amour,
violent comme le shéol la jalousie,
ses traits des traits de feu, une flamme de YAHVE.
7 Les grandes eaux ne peuvent éteindre l'amour
ni les fleuves le submerger.
Si quelqu'un donnait toute la richesse de sa maison pour l'amour,
de mépris il serait méprisé.
9 Notre sœur est petite : elle n'a pas encore les seins formés. Que ferons-nous à notre sœur, le jour où il sera question d'elle ? Si elle est un rempart, nous élèverons au faîte un couronnement d'argent ; si elle est une porte, nous dresserons contre elle des ais de cèdre.
10- Je suis un mur, et mes seins en figurent les tours. Aussi ai-je à leurs yeux trouvé la paix.
11 Salomon avait une vigne à Baal-Hamön. Il la confia à des gardiens, et chacun devait lui remettre le prix de son fruit : mille sicles d'argent. 12 Ma vigne à moi, je l'ai sous mes yeux : à toi Salomon les mille sicles et deux cent aux gardiens de son fruit.
13 Toi qui habites les jardins,
les compagnons sont attentifs à ta voix,
Fais-la moi entendre !
14 Fuis, mon Bien-Aimé,
sois semblable pour toi
à une gazelle,
ou au faon des cerfs,
sur les montagnes embaumées !

 

 

Traduction de Soeur Chantal de l'Abbaye de Venière