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3e poème du Cantique des cantiques

Le Cantique des cantiques

Introduction
Prologue
Suite du Prologue
1e poème
2e poème
3e poème

 

Texte du Cantique des cantiques

 

3ème poème : 3/6-5/1

3/6 Qui est celle-ci montant du désert
comme des colonnes de fumée
odorantes de myrrhe et d'encens
et de tous les parfums des marchands ?
7 Voici la litière qui est à Salomon,
soixante vaillants autour d'elle
les vaillants d'Israël,
8 Toutes les épées prises,
entraînées au combat,
chacun son glaive sur sa cuisse
pour le tremblement des nuits.
9 Le roi Salomon s'est fait un palanquin
en bois du Liban.
10 Il a fait ses colonnes d'argent,
son baldaquin d'or,
son siège de pourpre,
son milieu incrusté d'amour
venant des filles de Jérusalem.
11 Sortez et voyez,
filles de Sion,
le roi Salomon,
avec la couronne dont sa mère l'a couronné
au jour de ses noces,
au jour de son cœur.

4/1 Te voici belle, mon amie,
te voici belle !
Tes yeux : des colombes,
à travers ton voile,
ta chevelure comme un troupeau de chèvres,
qui sautent des hauteurs de Galaad.
2 Tes dents comme un troupeau de brebis tondues
qui remontent du bain,
qui toutes ont leur jumelle
et nulle n'en est privée.
3 Comme un fil écarlate, tes lèvres
et tes paroles ravissantes.
Comme des moitiés de grenades, tes joues,
à travers ton voile.
4 Comme la tour de David, ton cou,
bâti par assises,
milles boucliers y sont suspendus,
tous les écus des guerriers.
5 Tes deux seins, comme deux faons,
jumeaux d'une gazelle
paissant parmi les lis.
6 Avant que souffle le jour
et que s'enfuient les ombres,
j'irai pour moi
à la montagne de la myrrhe,
à la colline de l'encens.
7 Toute belle, mon amie,
et pas de défaut en toi.
8 Viens du Liban, ô fiancée,
viens du Liban, fais ton entrée,
abaisse ton regard
du sommet de l'Amana,
du sommet du Lenir et de l'Hermon,
des repaires des lions,
des montagnes des léopards.
9 Tu me fais perdre cœur, ma sœur, ma fiancée,
tu me fais perdre cœur
par un seul de tes cheveux,
par une seule perle de ton collier.
10 Comme il est beau, ton amour,
ma sœur, fiancée,
comme il est bon, ton amour,
plus que le vin,
et la senteur de tes parfums
plus que tous les baumes.
11 Le miel ruisselle sur tes lèvres, fiancée,
le miel et le lait sous ta langue,
et le parfum de tes vêtements
comme le parfum du Liban.
12 Un jardin clos,
ma sœur, fiancée,
un jardin clos,
une source scellée.
13 Tes pousses,
un verger de grenadiers
avec les meilleurs fruits,
les hennés avec les nards.
14 Le nard et le safran,
le roseau et la cinnamome,
avec tous les arbres à encens,
myrrhe et aloès,
avec tous les plus précieux baumes.
15 Source des jardins,
puits d'eau vive,
ruissellements du Liban.
16 Lève toi, aquilon;
viens, autan,
soufflez sur mon jardin,
qu'il distille ses aromates,
que mon Bien-Aimé
entre dans son jardin
et qu'il mange ses meilleurs fruits.

5/1 J'entre dans mon jardin,
ma sœur, fiancée,
je récolte ma myrrhe avec mon baume,
je mange mon rayon et mon miel,
je bois mon vin avec mon lait
mangez, amis, buvez,
enivrez-vous, mes bien-aimés.

En ce mois de février, nous parcourons le troisième poème.

 

Plan de ce grand poème :

3/6 : qui est celle-ci ?
3/7-10 : regard sur lui
3/11 : ouverture, invitation aux filles de Sion
4/1-16 : regard sur elle
5/1 : ouverture, invitation aux bien-aimés.

Approchons nous plus près de ce texte :

Un bref regard sur ce plan nous intrigue. Certes, on ne s'étonne pas de la question posée : 'qui est celle-ci ?'. Le prologue ne nous présentait pas les personnes en présence, le premier poème tentait de le faire par quelques appellations (toi qu'aime ma vie, la plus belle des femmes...) et des comparaisons (comme sachet de myrrhe, comme lis des vallées...). Le deuxième poème ne déclinait pas davantage leur identité. Notre curiosité reste donc en éveil et la question : « qui est celle-ci ? » nous semble bienvenue.
Mais au lieu d'y répondre tout de suite, c'est lui qui nous est présenté ! En fait, l'auteur focalise nos regards sur celui qui va répondre, le Bien-Aimé.

Qui est-il, lui ?

- Il est roi, et le plus prestigieux des rois d'Israël, Salomon, dont le nom signifie paix (shalom), dont la sagesse est proverbiale. Ce roi est environné de ses guerriers, au sommet de sa gloire, couronné... Cependant, seuls, 4 versets lui sont consacrés. Par cette présentation, l'auteur n'a qu'un but : donner du poids aux paroles du Bien-Aimé qui vont suivre : s'il est le plus sage des rois, si même « la reine du Midi vint des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon » (Mt12/42), écoutons ses mots avec attention. Or, il parle d'elle...

« Quelle est celle-ci ? »
A celui qui pose cette question, le Bien-Aimé ne répond pas directement. Il reste tourné vers l'amie, n'interrompt pas un instant cette relation pour répondre à autrui mais au contraire, il intensifie sa relation à l'amie et, ce faisant, il répond à la question d'autrui. Rien ni personne ne peut distraire DIEU, l'empêcher, même un instant, d'aimer. Au contraire, tout lui est occasion d'aimer davantage.
Lui, le roi de sagesse et de paix, parle, et c'est une longue admiration de 15 versets, 4/1-16 :

- 4/1 : « Te voici belle, mon amie, te voici belle... » Il a tant d'émotion qu'il se répète !

- 4/2-5 : Il la regarde peu à peu en s'émerveillant de chaque partie de son corps (tes yeux, ta chevelure, tes dents, tes lèvres, tes joues, ton cou, tes deux seins) et en y associant une image. Ainsi, ses yeux ne sont ni bleus ni foncés, ils sont comme colombes ; sa chevelure, comme troupeau de chèvres... Ces images, qui restent assez floues pour n'exclure personne, permettent de faire pressentir la beauté de l'amie tout en respectant cette impression de mystère du verset 6 où on l’aperçoit environnée de fumée odorante. L'amie nous apparaît pleine de vie et de mouvement (yeux comme colombe, chevelure comme troupeau de chèvres, dents comme brebis, seins comme faons), de force et de noblesse (cou comme tour de David), éclatante de santé (joues comme grenades) mais aux traits fins et délicats (lèvres comme fil écarlate).

- 4/6 : suite à ce long regard posé sur elle, il prend une décision : « j'irai pour moi à la montagne de la myrrhe, à la colline de l'encens ». Nous retrouvons ici la myrrhe et l'encens qui environnent l'amie au verset 6. C'est donc au plus près d'elle qu'il souhaite aller et ce sera « pour lui ». Voici de nouveau ce petit mot hébreu dont nous avions parlé au mois de janvier et qui signifie : vers, pour. Quand il vient vers celle qu'il aime, c'est pour elle, mais c'est aussi pour lui, car il trouve sa joie près d'elle. Laissons nous donc approcher par DIEU : c'est ainsi que nous lui donnons de la joie.

- 4/7-15 : Puis, l'extase de DIEU continue. Nous ne pourrons pas nous arrêter à chaque mot, ces pages seraient trop longues. Nous choisirons seulement ces versets qui me semblent fondamentaux :

- 4/16 : Suite à cette révélation de sa propre beauté, l'amie appelle les vents en leur force : « lève-toi... viens... soufflez... que mon jardin distille ses aromates ». Elle appelle donc la création à venir l'aider à donner, à se donner... et elle s'ouvre - elle qui était un jardin clos - au Bien-Aimé, en reconnaissant son propre jardin comme étant le jardin de son Bien-Aimé (le passage du « mon jardin » à « son jardin » se fait en un seul verset) et elle donne son fruit. On voit donc combien l'amour de l'amie a grandi : elle vit désormais un amour oblatif. Et ce passage a été possible grâce à l'amour du Bien-Aimé qui l'a révélée à elle-même. De là, naît notre confiance : si nous ressentons notre amour comme limité, sachons que l'amour de DIEU saura bien le faire progresser, l'épanouir...

Ce poème s'achève sur un merveilleux temps d'intimité : le Bien-Aimé entre dans son jardin, répondant ainsi à l'invitation de l'amie, devenue « sœur, fiancée », donc, intime. Il récolte la myrrhe, le baume, le rayon, le miel, le vin, le lait... comme étant les siens, car elle lui a tout offert. Et le dernier verset est ouverture : invitation pour tous les bien-aimés à s'associer à leur bonheur. Toujours, l'offrande de notre vie à l'amour, le don de notre être à DIEU, sera pour DIEU, pour nous-même et pour autrui, une fête, un enivrement de joie !

 

A suivre ...

Je viens dans mon jardin ma soeur, fiancée