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Le Cantique des cantiques à la lumière de Pâques

Le Cantique des cantiques

Introduction
Prologue
Suite du Prologue
1e poème
2e poème
3e poème
4e poème
A la lumière de Pâques
5e poème
6e poème
Epilogue

Texte du Cantique des cantiques

Ce mois d'avril s'ouvre par la Fête des fêtes : PAQUES. Pour nous en réjouir ensemble, je vous propose, un petit flash-back sur le 2ème poème. Peut-être vous souvenez vous qu'il s'agissait de ces deux êtres lancés dans une quête amoureuse l'un de l'autre. Nous avions vu combien DIEU cherche avec empressement l'amie et combien elle aussi le cherche, malgré ses limites. Je vous propose donc de relire ce deuxième poème et de lire en parallèle l'un des évangiles de la résurrection du Seigneur JESUS selon St Jean : 20/1-2 +11-18. Ce sont deux histoires de femmes cherchant le Bien-aimé :

Cantique des cantiques chap 3, 2è poème

Évangile selon St Jean, chap 20

L'amie cherche de nuit son Bien-aimé (v1)

Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre (v1)

Elle ne le trouve pas (v1,2,3)

Elle ne trouve pas le Seigneur.(V2)

Elle le dit à autrui (=les gardes v3)

Elle le dit à autrui (=Pierre et l'autre disciple v2)

Elle dépasse les gardes (v4)...

Elle quitte les anges (v14)...

Et elle trouve son Bien-aimé (v4).

Et elle trouve, reconnaît son bien-aimé : 'Maître' (v16).

Elle le saisit et ne veut pas le laisser (v4)

elle le saisit puisqu'il lui dit : 'Ne me touche pas' (v17)

 

L'évangéliste est pétri du Cantique, c'est évident. Il veut nous faire saisir combien la Passion-Résurrection du Seigneur JESUS est l'accomplissement du Cantique des cantiques : DIEU désire la rencontre et pour cela, il nous donne son Fils, JESUS, qui, « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin » (Jn13/1). Son absence du vendredi saint a attisé notre désir. Nous le cherchons plus ardemment quelles que soient les ténèbres extérieures ou intérieures que, peut-être, nous ressentons...

Durant ce temps pascal, sachons nous placer à ce niveau très affectif, très affectueux : le Ressuscité est réellement notre Bien-aimé. St Bernard l'exprimait ainsi : « Marie Madeleine aperçoit JESUS qui était là, mais elle ne savait pas que c'était lui. Quelle scène touchante, merveilleuse d'amour et de piété ! Celui même qui est recherché, qui est désiré, se cache autant qu'il se manifeste. Il se cache, pour être cherché avec plus d’ardeur et, une fois cherché, pour être trouvé avec joie et une fois trouvé, pour être saisi avec sollicitude : et une fois saisi, pour n'être plus lâché jusqu'à ce qu'il soit introduit dans la chambre de son amour pour y faire sa demeure. »

Cherchons le Ressuscité avec cet amour qui ne s'arrête pas quand vient l'échec, cherchons-le en n'ayant pas peur de faire un pas de plus... pour le trouver. Si notre désir veut l'étreindre, lui nous enverra, comme jadis Marie de Magdala, au delà de nos soifs de posséder, vers nos frères... C'est toute l'évangélisation du monde qui prend son appui ici : dans la rencontre d'amour avec JESUS ressuscité, avec DIEU lui-même.

Relisons maintenant 2 Roi 4/8-37 : c'est l'histoire d'une autre femme, une grande dame, qui offre l'hospitalité au prophète Élisée. Celui-ci, pour la remercier, lui prophétise qu'elle aura un fils, elle qui était stérile. De fait, l'enfant naît. Mais quelques années après, il tombe malade et meurt. La femme dépose son fils mort dans la pièce qu'elle avait fait construire pour que le prophète s'y repose quand ses voyages le font transiter par ce lieu. Puis, elle prend son âne et part à la recherche de l'homme de DIEU. Elle rencontre déjà le serviteur de ce dernier, mais n'en a cure (elle dépasse donc autrui comme dans les 2 textes cités précédemment) et continue sa route jusqu'à trouver l'homme de DIEU, elle saisit ses pieds (là encore, ce toucher rappelle les 2 autres textes). Élisée pense qu'il lui suffit d'envoyer son serviteur pour que l'enfant reprenne vie ; mais la femme, tenace, se braque : elle ne veut pas le laisser, lui, l'homme de DIEU. « Aussi vrai que YAHVE est vivant et que tu vis toi-même, non, je ne te quitterai pas. » Le prophète se voit donc contraint de la suivre. Il ressuscite alors son fils et le rend vivant à sa mère.

Contemplons cette femme : elle n'est nullement freinée par les difficultés : le soleil darde mais elle part à l'heure la plus chaude du jour, sa ténacité est extrême, jusqu'à l'outrance : elle ment au serviteur du prophète, saisit les pieds de celui-ci, sa volonté est ferme et sans faille : elle refuse les moyens que le prophète propose et le force à la suivre, son espérance est folle : elle croit que l'homme de DIEU peut ressusciter son fils mort. Et DIEU répond à son ardente quête, à son brûlant désir : il lui donne la vie pour ce fils qu'elle aime tant.

Dans l’évangile de la résurrection selon St Jean, Marie de Magdala vient, comme cette femme, abattue par la mort de celui qu'elle aime. Elle ne calcule pas une heure propice, n'arrive pas à attendre que le jour soit levé, elle va dans les ténèbres jusqu'à un lieu plus ténébreux encore : le tombeau. Pourquoi ? En St Jean, Nicodème avait apporté myrrhe, aloès, aromates ; le corps de JESUS était embaumé au moment où il fut mis au tombeau. Marie de Magdala n'a donc rien à faire, elle n'est motivée que par son désir de trouver le Seigneur. Ce récit est fort : il est évident qu'elle cherche le corps de JESUS. Or, elle ne parle pas du corps, mais bien du Seigneur : « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis » (20/2), « on a enlevé le Seigneur et je ne sais pas où on l'a mis » (20/13). Dans ce lieu de mort qu'est le tombeau, elle est à la recherche du Seigneur (Kyrios en grec), de DIEU, du Maître de la Vie. Espérance inouïe, seulement motivée par son amour.

Avec la femme du second livre des rois, avec l'amie du Cantique, avec Marie de Magdala, puissions nous désirer, nous mobiliser, pour rechercher la Source de nos vies, le Bien-Aimé de nos cœurs, le Seigneur. Le Temps Pascal est un temps privilégié pour cela, car JESUS s'y fait reconnaître, lui, le Vivant, qui vient à notre rencontre et nous appelle par notre nom.

En final, Marie-Pierre nous offre ce collage où l'appel du Bien-Aimé a la saveur du mystère pascal....

 

A suivre ...

Va vers toi-mêmeVa vers toi-même

 

Joyeuses Pâques et saint Temps Pascal !