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Les divisions dans l’Église de Corinthe 1Co 1,10-4, 21

Les Épîtres de saint Paul aux Corinthiens

Des raisons de s'intéresser à ces Épîtres
Les Épîtres aux Corinthiens situées dans leur contexte
Les divisions dans l’Église de Corinthe
Première approche de la deuxième aux Corinthiens
Saint Paul mystique
Saint Paul pratique et réaliste
Prescriptions concernant la célébration de l’Eucharistie
La chair dans les lettres de Paul
L’hymne à la charité 1Co 13,1-13
La collecte
La résurrection des morts

Saint Paul

I. Les causes de division 1Co 1,10-13

Paul consacre le début de la première aux Corinthiens à tenter de redresser une situation qui est en train de se gauchir : il y a des divisions parmi les Corinthiens , des sortes de rivalités qui s'appuient sur du vent. On se réclame de Paul, d'Apollos ou de Cephas (c'est-à-dire Pierre) comme s'il y avait là matière à se supplanter.
C'est pour ce motif probablement qu'Apollos, en 16,12, ne veut pas revenir tout de suite à Corinthe, il craindrait d'alimenter les rivalités. Actes 18,24, nous apprend qu'Apollos est éloquent. Paul en regard, semble ne pas être très éloquent si l'on en croit 1Co 1,17 ou 2,1-4 et aussi 2Co 10,10.

Certains sont du parti d'Apollos, serait-ce un groupe d'intellectuels ?

Certains sont du parti de Paul, serait-ce un attachement excessif parce qu'il est le premier à leur avoir apporté l’Évangile ?

Certains sont du parti de Pierre, serait-ce un indice que son autorité était universellement reconnue ?

Paul parle aussi du parti du Christ, est-ce pour couper court à toutes ces querelles et mettre les Corinthiens face à Celui qui les unit fondamentalement ? Ou s'agit-il de sectaires qui prétendent recevoir des révélations directement du Christ et pouvoir s'affranchir de l'enseignement des Apôtres ?

II. Les arguments de saint Paul

1) Première série d'arguments : verset 13.
Paul pose trois questions qui appellent la réponse « non ». Retranscrit en positif, cela devient :

Autrement dit, le baptême, qui s'enracine dans le don que Jésus-Christ a fait de sa vie, a incorporé les Corinthiens dans l'unité de l’Église, les a rendu un dans le Corps Ressuscité du Christ. Le fondement de l'unité des chrétiens c'est le Christ mort et ressuscité pour tous.

Quant aux Apôtres, ils ne sont que de simples serviteurs dont le rôle est de conduire au Christ.
Paul n'entre pas du tout dans le jeu des Corinthiens, il ne cherche pas à être celui dont on se réclame le plus, au contraire. Il remet les choses en place : « est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? » Et il rappelle qu'il n'a baptisé personne ou presque. Il ne cherche pas à capter pour lui les Corinthiens : il est le premier à s'effacer. Pourtant il exerce vis-à-vis des Corinthiens une paternité spirituelle. C'est un exemple pour nous : celui qui veut faire grandir autrui est invité à ne pas l'attirer à lui dans une attitude captatrice, mais au contraire, à s'effacer pour l'orienter vers Dieu et vers les autres.

2) Deuxième série d'arguments : versets 17-25
Dans ce passage, on peut repérer les mots-clés. Ils fonctionnent en opposition :
sagesse / folie ; puissance / faiblesse.

Ce qui sous-tend ces oppositions, c'est « le langage de la Croix ».
Ce langage de la Croix est sagesse et puissance pour ceux qui se sauvent mais folie pour ceux qui se perdent.

Les Corinthiens introduisent un système de rivalité et cherchent à se supplanter les uns les autres à partir de valeurs factices « je suis à Paul », « je suis à Apollos ». Ils sont là dans une logique très humaine et même infantile (c'est moi le meilleur!). Paul veut les ramener aux vraies valeurs. Il existe une valeur insurpassable qui est la Croix du Christ : folie apparente mais vraie sagesse. Christ a souffert et donné sa vie pour eux. Face à Dieu, à son implication dans notre humanité pour la sauver, toutes leurs rivalités paraissent absolument dérisoires. La Croix du Christ les réduit à rien en en faisant mesurer l'inanité.

A cette occasion, Paul se permet de leur rappeler qu'ils sont pour la plupart de basse condition et qu'ils n'ont, au plan humain, à se glorifier de rien. Mais quelle importance ? Ce qu'on paraît être aux yeux des hommes, est-ce ce qui compte ? N'est-ce pas plutôt ce qu'on est réellement aux yeux de Dieu ? On peut rapprocher ce passage de 1Co 12,13 (voir aussi Gal 3,26) : la vie baptismale transcende les stratifications sociales, les inégalités. Alors ne recommençons pas à créer une hiérarchie artificielle basée sur de fausses valeurs.

Les Corinthiens n'ont à se glorifier ni en Paul, ni en Apollos, ni en Cephas, mais en Dieu. Et ils ont de quoi se glorifier en Dieu car Dieu les a choisis pour son œuvre de salut, tout indignes qu'ils semblaient être aux yeux des puissants de ce monde.

Et nous-mêmes, sommes-nous toujours détachés des glorioles humaines ? Ne nous plaçons-nous pas quelquefois en rivalité avec d'autres chrétiens au lieu de nous unir pour mieux témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ?

 

NB : L'internaute qui ne dispose pas d'une Bible peut avoir accès à la traduction liturgique de la Bible à cette adresse : http://aelf.org/bible-liturgie