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La rumination

Introduction

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Présentation

Mise en présence du Seigneur

Invocation du Saint-Esprit

Lecture

Méditation

Rumination

Prière

Contemplation

La lectio divina : application d'une méthode ?

Auteurs spirituels

Guigues le Chartreux
Aelred de Rievaulx
Thérèse de Lisieux
Elisabeth de la Trinité

Témoignages contemporains

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Dans l'étape précédente, je m'étais arrêté à l'écorce du texte, selon une expression fréquente chez les auteurs spirituels. Origène parle du « corps » du texte. C'est l'aspect extérieur, visible, constitué par les mots du texte.
Dans cette étape de la rumination où je répète intérieurement et longuement un verset, je goûte la moelle du texte. A ce moment s'opère le passage du texte à la Parole. Je passe et repasse ce verset dans ma mémoire, je m'en imprègne, je ne réfléchis pas dessus, je fais taire tout discours intérieur. Je laisse agir en moi ce verset qui devient Parole en moi. Cette étape est marquée par la réceptivité du côté de l'homme, elle fait entamer une descente de l'intelligence dans le cœur. La Parole agit à ce moment comme un encens qui se diffuse, comme un parfum qui se répand dans tout l'être. La Parole pénètre ainsi ma mémoire, mon intelligence, mon affectivité, mon inconscient, elle ouvre le cœur profond. Dans cette étape la Parole nourrit mon homme intérieur, elle le fait grandir, le fortifie.

Quand le texte est narratif, la rumination peut prendre la forme de la visualisation si le Seigneur me pousse en ce sens. Ce type de rumination est particulièrement adapté à l'Évangile. Je regarde la scène paisiblement, j'écoute et même je deviens acteur, j'agis, je parle. Je peux m'adresser ainsi aux personnages bibliques, leur demander la raison de leur comportement. Je peux m'adresser au Christ, le prier, lui parler. Nous reviendrons sur cette forme de lectio avec Aelred de Rievaulx.

« Nous devons avoir le zèle d'apprendre par cœur la suite des Écritures sacrées, et de les repasser sans cesse dans notre mémoire. Cette méditation continuelle nous procurera un double fuit. D'abord, tandis que l'attention est occupée à lire et étudier, les pensées mauvaises n'ont pas le moyen de rendre l'âme captive dans leurs filets. Puis, il se trouve qu'après avoir maintes fois parcouru certains passages, en travaillant à les apprendre de mémoire, nous n'avons pu, sur l'heure, les comprendre, parce que notre esprit manquait de la liberté nécessaire. Mais lorsqu'ensuite, loin de l'enchantement des occupations diverses et des objets qui remplissent nos yeux, nous les repassons en silence, surtout pendant les nuits, ils nous apparaissent dans une plus grande clarté. » CASSIEN, Conférences III, Paris, Cerf, 1959, SC 64, p. 195.

 

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