« Afin qu’en tout Dieu soit glorifié ! »
Règle de Saint Benoît 57,9

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Les événements de l’année

Deuxième dimanche de l’Avent année A

Pour vivre en profondeur votre liturgie du Dimanche nous vous proposons d’en méditer ci-dessous les textes avec une sœur de Venière:

Les lectures :
1ere lecture : Isaïe 11,1-10
2eme lecture : Lettre aux Romains 15,4-9
Évangile selon saint Matthieu 3,1-12

Tout d’abord lire
Lire plusieurs fois paisiblement.
L’idéal serait, comme les moines depuis des siècles, de recopier les textes, à la main bien sûr, pour les faire entrer jusque dans notre corps. Mais bon! …nous n’avons pas toujours le temps.

Puis se poser quelques questions, à propos des textes d’abord
On retrouve le même phénomène que dimanche dernier ente la 1ère lecture et l’Évangile !
Quelle différence de point de vue ? Sur quoi chacun insiste-t-il ? Néanmoins, ils ont quelque chose en commun : quoi ?
Entre la 1ère lecture et l’Évangile, pourtant, un mot crochet. Lequel ? Comment ce rapprochement permet-il de les éclairer l’un et l’autre ?
Le Psaume graduel :
-quel élément de la 1ère lecture reprend-il ?
-quel élément de la 2ème lecture, celle de saint Paul, annonce-t-il ?
Dans cette 2ème lecture, sur quels aspects de la vie chrétienne saint Paul insiste-t-il ?

Enfin, s’interroger soi-même, avec l’Esprit Saint.

PROPOSITIONS DE LECTURE

C’est comme la semaine dernière : l’Évangile nous paraît dur, dur, et la lecture de l’Ancien Testament douce comme le miel !
Si cela nous semble paradoxal, oublions nos préjugés. En fait les deux passages se complètent. Regardons d’abord leurs différences :

  • Le passage d’Isaïe est une annonce du Messie où sont mis en valeur certains de ses traits. Certes, il est de “la souche de Jessé, père de David“, héritier des rois d’Israël, et donc roi lui-même. Mais il dépasse de loin tous les autres rois. Il est rempli de l’Esprit de Dieu, et sa première qualité est la “justice“. Le mot hébreu traduit par “justice” a un sens beaucoup plus fort et plein qu’en français. On le voit bien ici : il ne s’agit pas seulement d’appliquer les lois avec équité, de punir des criminels, mais de discerner la vérité au fond des cœurs :
    ” Il ne jugera pas d’après les apparences, il ne tranchera pas d’après ce qu’il entend dire…”. Si sa balance penche, c’est “en faveur des pauvres du pays”, des humbles, des opprimés.
     Car la “justice”, dans la Bible, signifie surtout la fidélité à l’Alliance, l’ajustement à la volonté de Dieu, à ses commandements, d’où le parallèle : “Justice est la ceinture de ses hanches, fidélité le baudrier de ses reins”.
    Aussi, l’évocation qui suit, celle du Royaume, celle des “temps messianiques” est une évocation de paix universelle, ou, pour mieux dire, l’évocation d’une nouvelle Création.
    Une Création sans violence, entièrement réconciliée, telle que Dieu la voulait à l’origine. Dans la Genèse, cela s’exprimait symboliquement dans le don d’une nourriture entièrement végétarienne : “A toutes les bêtes sauvages…à tout ce qui est animé de vie, je donne pour nourriture toute la verdure des plantes ” (Gn.1,30) ; on le retrouve ici, dans cette vision du futur : “Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau… le lion comme le bœuf mangera du fourrage…”. Violence et malheur disparaîtront, comme l’expriment ces images de douceur et de tendresse : “le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l’enfant étendra la main…” Images de l’enfance, d’un “petit Adam”, innocent, réconcilié avec un univers lui-même pacifié : “le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira…”
  • Or, dans l’Évangile, nous n’en sommes pas encore là ! Jean-Baptiste ne fait pas dans la dentelle (d’ailleurs, il est vêtu de “poils de chameau !” Raide !) : “Engeance de vipères ! (tiens ! un “mot crochet” : vipère ! Mais plus question d’étendre la main pour faire joujou !) Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?” Il faut redire que les menaces bibliques n’ont qu’un but : pousser à la conversion. Jean le Baptiste, comme tous les prophètes qui l’ont précédé, veut que ses auditeurs renoncent au péché et changent de vie : “Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion.” Jean secoue “pharisiens et sadducéens” pour les faire sortir de leurs fausses certitudes religieuses, de leur confort spirituel, en les poussant vers des gestes concrets de retour à Dieu – c’est aussi un des buts de l’Avent et du Carême.
    Jean évoque un Messie “plus fort” que lui, plus grand, qui va exercer le jugement, comme Dieu lui-même : “il tient la pelle à vanner dans sa main…il amassera le grain. Quant à la paille, il la brûlera…” Ici nous rejoignons une image de la 1ère lecture, qui tranche avec l’évocation paisible : “Comme un bâton, sa parole frappera le pays, le souffle de ses narines fera mourir le méchant.” Oui, pour Isaïe aussi, il y aura jugement, et châtiment – par la Parole du Seigneur, elle qui permet le discernement entre le bien et le mal. Ce jugement, ce discernement (et donc ces “menaces”) sont le signe que Dieu nous prend au sérieux, qu’il n’est pas un “bon-papa gâteau” indifférent en fait à nos actes, mais un Père qui aime ses enfants et veut pour eux le meilleur.

Un mot crochet : “l’Esprit”.
Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur…” L’Esprit ne se pose pas de temps en temps sur le Messie, pour inspirer telle ou telle parole, tel ou tel acte, mais il est en lui à demeure. Isaïe détaille ensuite différentes modalités de l’Esprit, dans lesquelles la tradition chrétienne a vu ensuite les 7 dons de l’Esprit – même s’il n’y en a que 6 ici !
Jean Baptiste affirme : “Lui vous baptisera dans l’Esprit et le feu“, dans le feu de l’Esprit, autrement dit : dans l’Amour de Dieu. Jean oppose son propre baptême “dans l’eau”, baptême de repentir et de conversion des péchés, au baptême que va apporter le Messie, baptême de “feu”, d’Esprit, par lequel Jésus fera participer les baptisés à son propre Esprit et leur partagera les dons de l’Esprit qui sont en lui : “esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur…”. Nous pouvons aller plus loin : il les fera entrer au cœur de la Trinité.

Le Psaume graduel :

-Il reprend, dans la 1ère lecture, l’idée de “justice” en faveur des “malheureux”, du “pauvre qui appelle”, du “faible”. Tendresse du Messie qui est la tendresse même de Dieu : “Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice”
-Il annonce ce que va réaliser l’Église, et ce que rappelle saint Paul dans la 2ème lecture :
“le Christ vous a accueillis dans la gloire de Dieu, vous qui étiez païens… C’est en raison de la miséricorde de Dieu que les nations païennes peuvent lui rendre gloire.” C’est ce que prophétisait le Psaume : “Qu’en lui soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux !”

Dans la 2ème lecture, saint Paul insiste sur certains aspects de la vie chrétienne :

  • D’abord “l’espérance”, celle du salut, de la vie éternelle.
  • Espérance qui nait de “la persévérance” et du “courage”, donnés par Dieu, le “Dieu de la persévérance et du courage”, pour tenir dans les épreuves et rester fidèles.
  • Importance de “l’Écriture” dans la vie des croyants : “tout ce que les livres saints ont dit avant nous a été écrit pour nous instruire…persévérance et… courage que donnent l’Écriture…” Un encouragement pour notre lectio divina, qui doit rejaillir sur notre vie.
  • Enfin, l’aspect fondamental, l’unité et la charité fraternelle : “Que le Dieu… vous donne d’être d’accord entre vous selon l’Esprit du Christ Jésus… Accueillez-vous les uns les autres comme le Christ vous a accueillis…” Tiens ! Re-voilà l’Esprit ! Oui. Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’être gentils entre nous, de ne pas nous disputer, mais il s’agit de vivre “selon l’esprit du Christ Jésus”, de nous laisser envahir par lui, et d’ accueillir nos frères comme lui nous accueille, à sa manière divine, il s’agit de nous transformer à son image et de vivre de son Esprit, l’Esprit de “feu”, l’Esprit d’amour.

Avec l’aide du Saint-Esprit, se poser des questions sur soi en face de ces textes
C’est l’Avent : je me paie d’abord une petite «revue de détail” sur ma vie, en m’aidant du passage de saint Paul. Quelques bonnes résolutions de début d’année liturgique !
Mais comment les tenir si je ne demande pas, dans la prière “l’esprit de sagesse et de discernement, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de connaissance et de crainte du Seigneur”, cette “crainte” qui n’est rien d’autre que ma confiance en lui.

lES évènements importants à l'Abbaye

Le 1er Octobre Monseigneur Benoit Rivière évêque du diocèse d’Autun, Châlon et Mâcon a conféré la Bénédiction Abbatiale à Mère Françoise-Emmanuel Vauchot.
Une importante assemblée composée de nombreux Abbés, Abbesses, frères et sœurs de monastères  ainsi que de communautés religieuses, consacrées, prêtres,  proches, fidèles et amis, ont accompagné notre communauté pour célébrer cet heureux évènement.
Nous vous invitons à vous joindre à notre joie et notre action de grâces.

Le jeudi 26 mai 2022, en la solennité de l’ As c e n s i o n du Seigneur, Mère Marie-Joseph Roduit, a fêté son J u b i l é d e 60 a n s de vie monastique
en l’ Abbaye Notre Dame de Venière.
Une célébration qui nous a rempli de bonheur.
Elle est grande la fidélité du Seigneur et il si est beau d’y répondre!

Le 22 février 2022 à la demande de 15 monastères de l’ordre de Saint Benoit, la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique a approuvé les statuts présentés et décidé la création de la Fédération « Notre-Dame de la Rencontre ».

A savoir : l’Abbaye Saint Vincent de Chantelle, l’Abbaye Sainte Marie de Maumont (et sa maison dépendante de Friguiagbé. en Guinée Conakry), l’Abbaye Saint Joseph et Saint Pierre de Pradines, l’Abbaye Notre Dame de Protection de Valognes, le  Monastère Sainte Scholastique d’Urt, l’Abbaye Notre-Dame de Venière, le Monastère La Paix Notre-Dame de Flée, l’Abbaye Saint Joseph de la Rochette, l’Abbaye Notre-Dame de Jouarre, l’Abbaye Sainte Scholastique de Dourgne, l’Abbaye Sainte Croix de Poitiers, l’Abbaye Saint Louis du Temple de Limon, en France, l’Abbaye de l’Assomption de Dzogbegan Togo, le Monastère de la Bonne Nouvelle de Bouaké, Cote d’Ivoire, et le Monastère Notre-Dame de Koubri, Burkina Faso.

Le 2 Mars 2022, faisant suite à la création de cette fédération, , le Président Guillermo L.Arboleda T. instituait, par décret, l’association de la Fédération «Notre-Dame de la Rencontre» avec la Congrégation de Subiaco Mont-Cassin de l’Ordre de Saint Benoît.

Ce 2 février 2022, notre sœur Marie-Élie a fait Profession Monastique, en la fête de la présentation du Seigneur au Temple, fête de la lumière, journée des consacrés.
Nous remercions tous ceux et celles qui ont participé à la cérémonie, Père Abbé Luc, les prêtres, nos amis, oblates et sœurs consacrées du Diocèse ainsi que tous ceux qui se sont unis à nous par la prière.
Témoignage de Soeur Marie-Elie : https://rcf.fr/vie-spirituelle/visages-diocesains