« Afin qu’en tout Dieu soit glorifié ! »
Règle de Saint Benoît 57,9

04-moinette-photographe

Les événements de l’année

Les activités de ces événements dépendent des consignes sanitaires gérant la pandémie du covid-19 et des mesures de sécurité mises en place par nos soins.

Deuxième dimanche du temps ordinaire année C

Pour vivre en profondeur votre liturgie du Dimanche nous vous proposons d’en méditer ci-dessous les textes avec une sœur de Venière:

LES LECTURES
1ere lecture : Néhémie 8,1-4a,5-6,8-10
2eme lecture : 1 Corinthiens 12,13-30
Évangile selon saint Luc : 1,1-4 et 4,14-21

Tout d’abord lire

Lire plusieurs fois paisiblement. L’idéal serait, comme les moines depuis des siècles, de recopier les textes, à la main bien sûr, pour les faire entrer jusque dans notre corps. Mais bon! …nous n’avons pas toujours le temps.

Puis se poser quelques questions, à propos des textes d’abord

Le passage d’Évangile de ce dimanche est lui-même en deux parties :

  • d’abord le commencement de l’Évangile de Luc, comme une sorte de préface où l’Évangéliste s’adresse à Théophile.
  • puis, au chapitre 4, le récit où Jésus vient à la synagogue de Nazareth.

Parlons d’abord de la deuxième partie : quel mot crochet et quelle situation commune entre ce que Jésus fait à la synagogue de Nazareth, et ce que raconte la première lecture?
Puis revenons au début de l’Évangile : quel rapport pouvons-nous trouver avec ce que nous venons de voir dans la question précédente ? Quel mot crochet avec la deuxième partie de l’Évangile de ce dimanche ?
Dans le texte de Néhémie, quelle est l’attitude face à la Parole de Dieu qu’Esdras et les lévites demandent au peuple d’avoir ? Quel rapprochement peut-on faire entre cette attitude et le passage d’Isaïe que lit Jésus dans la synagogue de Nazareth ?
Esdras et les lévites traduisent (de l’hébreu, la langue de la Bible, à l’araméen, la langue parlée par le peuple), puis commentent, font l’homélie en quelque sorte. Jésus, lui aussi, s’assied pour commenter. Même si nous ne savons pas ce que disent Esdras et les lévites, quelle différence pouvons-nous percevoir avec ce que dit Jésus ? Qu’est-ce qui est radicalement nouveau ?
Pour finir, regardons un peu la deuxième lecture de ce dimanche, le passage de la lettre aux Corinthiens. Nous ne nous occuperons pas de la grande image de l’Église comme un corps, mais plutôt, selon notre règle du jeu habituelle, nos frottements de silex, nous essayerons d’établir un rapport avec les deux autres lectures :
-quel mot crochet entre l’Évangile et la fin du texte de Paul ?
-selon la citation d’Isaïe lue dans la synagogue de Nazareth, Jésus a reçu l’onction de l’Esprit Saint ; dans le texte de Paul, qui reçoit l’Esprit Saint ?
Enfin, s’interroger soi-même, avec l’Esprit Saint.

Propositions de lecture
Voici notre proposition de réponse, mais attention ! Il ne s’agit pas de « bonnes réponses », comme dans un jeu télévisé ou les pages jeux des journaux, il s’agit seulement d’une proposition de lecture, en sachant que l’Écriture est toujours assez riche pour en avoir plusieurs.
Les mots crochets entre la 1ère lecture et la 2ème partie de cet Évangile sont : « lire…livre… »
Dans le passage de Néhémie, il s’agit d’une grande assemblée du peuple pour célébrer la fête des Tentes, après le retour de l’Exile à Babylone. On y fait la lecture publique du Livre de la Loi, la Torah, notre Pentateuque.
Dans le passage d’Évangile il s’agit de la réunion à la synagogue pour le culte, comme chaque shabbat. Quelqu’un lit un passage de la Torah, puis quelqu’un d’autre lit un passage des Prophètes, ce que fait Jésus ici. C’est du moins ce qui se passe dans les synagogues depuis des siècles, et on a de bonnes raisons de croire que c’était déjà le cas au temps de Jésus.
Donc dans les deux cas, nous assistons à une proclamation publique et liturgique de la Parole de Dieu.
Quel lien avec le début de l’Évangile ? « j’ai décidé…d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi… » ; « …trouva le passage où il est écrit… » C’est la même réalité que pour les mots crochets précédents, si l’on veut mais par l’autre bout: non plus la lecture, mais l’écriture. Et l’écriture de l’Écriture, du moins pour nous, chrétiens. Car qu’est-ce que Luc a décidé d’écrire ? Son Évangile, et ce mot signifie « Bonne Nouvelle ». Dans la suite du texte, la « Bonne Nouvelle », c’est ce qui est annoncé aux pauvres, selon le passage d’Isaïe, lu par Jésus, et c’est ce qu’il va accomplir, en proclamant le Royaume sur les routes de Galilée, en enseignant en paraboles, etc. C’est ce que raconte l’Évangile de Luc – et les trois autres Évangiles. Mais il faut aller plus loin, car Luc dit à Théophile qu’il s’est « informé de tout depuis les origines » : de tout quoi ? de tout ce qui concerne Jésus, pas seulement ses enseignements, mais toute sa vie, dès l’Annonciation, et jusqu’à la Croix, la Résurrection et l’Ascension. Que pouvons-nous alors comprendre ? Que la « Bonne Nouvelle », celle d’Isaïe comme celle de Luc, c’est Jésus lui-même : sa vie, ses paroles, et toute sa Personne. C’est que Dieu lui-même est venu vivre en homme parmi les hommes, leur parler, les guérir…pour apporter à toute notre humanité le pardon, la libération, le salut.
Dans le texte de Néhémie, en écoutant la lecture de la Loi le peuple se met à pleurer. Sans doute est-il pris d’un sentiment de culpabilité en se rendant compte qu’il n’a pas appliqué les commandements ni écouté la Parole de Dieu. Mais « Néhémie, le gouverneur, Esdras…et les lévites… dirent à tout le peuple : Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu, ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas. » Ils lui prescrivent même d’être dans la joie, de faire la fête : manger de la viande, boire du vin épicé, comme on le faisait dans l’Antiquité, ou d’autres boissons délicieuses. Pourquoi ? Parce que c’est « un jour consacré au Seigneur » – c’est répété deux fois – et donc un jour de joie, non un jour de pénitence. Jour de fête religieuse et shabbat sont des jours donnés pour la rencontre de Dieu, l’écoute de sa Parole : se lamenter, se culpabiliser signifierait qu’on a peur de Dieu, qu’on ne croit pas qu’il veuille le bien de son peuple. Or il donne fêtes et shabbat pour le bien de l’homme, pour sa joie, joie de le rencontrer, mais aussi joie des rencontres familiales et amicales, sans oublier le partage : « envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt » ; car les pauvres, les isolés doivent participer à la joie commune. Si ce jour là on va à la messe…pardon, à la synagogue, ou, comme ici dans un grand rassemblement, ce n’est pas pour s’y ennuyer en écoutant la Parole de Dieu, mais pour l’accueillir, même dans ses exigences, même quand elle nous dévoile nos péchés, comme un cadeau de Dieu, le signe de son désir d’entrer en dialogue d’amour avec nous, de nous donner le meilleur pour nous.
On peut donc rapprocher ce passage de Néhémie de la fin de l’Évangile, où Jésus lit Isaïe : « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordés par le Seigneur. » Le Seigneur veut le bien des hommes, et Jésus, Dieu incarné, est en lui-même ce dialogue d’amour que Dieu désire de toute éternité – en particulier avec les pauvres et les opprimés, ceux qui « n’ont rien de prêt », ni matériellement, ni socialement, ni peut-être spirituellement, pour faire la fête. Qu’est-ce qui est nouveau, dans l’Évangile, par rapport à la prédication d’Esdras et des lévites ?
Ceux-ci « traduisaient, donnaient le sens et l’on pouvait comprendre » : ils expliquent, ils font une explication de texte, en quelque sorte, même si très probablement celle-ci doit déboucher chez leurs auditeurs sur une application des commandements, des changements de comportements, des conversions. Ou bien, en lisant les récits de l’Histoire Sainte, ils remettent en mémoire les merveilles de Dieu.
Jésus, lui, se contente d’affirmer paisiblement, avec autorité : « Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. » Il n’explique pas comment ses auditeurs doivent comprendre ou se comporter, il annonce l’accomplissement de cette prophétie dans l’aujourd’hui qu’il partage avec ses compatriotes de Nazareth, la réalisation immédiate de ce que dit l’Écriture. Et il suggère ainsi que c’est par lui, en lui, que s’effectue cet accomplissement.
Le passage de la Lettre aux Corinthiens
:
Quels mots crochets ? « enseigner…enseignements » . Paul évoque « ceux qui sont chargés d’enseigner » et il les distingue des « apôtres ». Il s’agit sans doute de la deuxième génération des disciples du Christ, ceux qui ont reçu le témoignage direct des Apôtres, et qui le transmettent à leur tour.
Luc parle à Théophile de « la solidité des enseignements que tu as reçus ». Théophile représente le disciple de Jésus, le chrétien de base, qui a déjà reçu le message de la foi en Jésus-Christ, et Luc ne veut pas lui enseigner autre chose, mais affermir cette foi en remontant aux origines, en montrant son ancrage dans la vie et l’enseignement de Jésus lui-même, tels que les ont transmis les Apôtres, ces « témoins oculaires » .
Ainsi Théophile, c’est chacun de nous, qui recevons cet enseignement de la foi, transmis de génération en génération par ceux qui ont reçu la charge d’enseigner, de transmettre, de répandre toujours plus l’Évangile.
Dans la prophétie d’Isaïe lue par Jésus à Nazareth, on comprend bien que c’est sur le Messie que repose le Saint Esprit, qu’il est « consacré par l’onction » – et que ce Messie est Jésus lui-même. « Messie » dérive d’ailleurs directement du mot hébreu qui veut dire « oint » et qui donnera le mot grec, que nous traduisons par « Christ ». Dans l’ancien Israël, c’étaient les rois, et quelquefois les prophètes, qui recevaient une onction d’huile sur la tête, par laquelle Dieu les consacrait à lui, en vue d’une mission qu’il leur confiait : régner sur son peuple ou transmettre se parole. Le Messie, cette figure mystérieuse, était d’abord Roi, le Roi idéal, représentant de Dieu, et dont la venue inaugurait le Royaume de la fin des temps. Dans ce texte d’Isaïe, il ressemble à un prophète (il « annonce »), mais cette annonce est celle de la libération, le signe du Royaume qui commence.
Après la résurrection de Jésus et la Pentecôte, ce sont tous les chrétiens qui, par le baptême, reçoivent l’Esprit Saint. C’est bien ce que dit saint Paul dans le passage de ce dimanche : « Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l’unique Esprit… » Il insiste surtout ici sur l’unité du Corps de l’Église dans la diversité des « charismes », c’est-à-dire des dons de l’Esprit. C’est l’Esprit qui repose sur nous, et qui agit en tous et en chacun. Pour faire des miracles, guérir ou enseigner ? Pour certains chrétiens, c’est possible. Mais à la plupart d’entre nous , il donne surtout « d’assister leurs frères » , autrement dit de servir leurs prochains, de pratiquer la charité au quotidien. Tout baptisé a reçu l’onction, il est un « autre Christ », nous pouvons nous en souvenir et appeler l’Esprit pour qu’il nous donne sa force dans nos vies.
Avec l’aide du Saint-Esprit, se poser des questions sur soi en face de ces textes
Comment est-ce que j’écoute la parole de Dieu, à l’Eucharistie ou ailleurs ?
– Est-ce que je la laisse quelquefois me bouleverser, et, sans me culpabiliser, me remuer jusqu’au fond des entrailles ?
-Est-ce que je la perçois, surtout, comme une parole que le Seigneur m’adresse pour tisser avec moi un dialogue d’amour ?
Est-ce que je vois Dieu comme un éteignoir de mes joies, ou un garde-fou, voire un garde-chiourme – ou bien comme celui qui voudrait que ma vie soit une « fête » où il vient à ma rencontre ?
Est-ce que Jésus est pour moi une Bonne Nouvelle, la Bonne Nouvelle, par sa Présence même dans mes épreuves ? De quoi m’a-t-il libéré ou veut-il me libérer ?

Un approfondissement de la 2ème lecture.

2eme lecture : 1ère Lettre aux Corinthiens 12,12-30

L’ image qui court dans cette seconde lecture est évidente. Mais comment saint Paul « joue »-t-il avec elle, pour faire ressortir toutes ses implications ?

La proposition de lecture est placée ci-dessous, mais cherchez un peu en laissant passer le temps du « silence de l’ange »…

Proposition de lecture
« Frères, prenons une comparaison : notre corps forme un tout… ». Voilà qui est clair ! Mais cette image n’est pas statique, et le texte en fait miroiter plusieurs aspects.
D’abord le jeu du « un » ou du « tout », et du « multiple » : « notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps » Cette évidence, répétée qui plus est, est immédiatement appliquée au Christ, ou pour mieux dire, au Corps du Christ, que nous formons tous par le baptême. Paul pose le principe de base, toujours avec l’alternance « tous/un seul » : « Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres (les grandes divisions de son temps), nous avons été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul corps. » Unité qui n’est pas opposée, mais qui englobe la multiplicité des membres.
Ensuite, Paul imagine une sorte de « fable » où les membres du corps parleraient : « le pied aura beau dire : je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps… » On sent derrière les dissensions et les rivalités de la communauté chrétienne de Corinthe (et de partout), que l’Apôtre veut remplacer par l’entraide réciproque : « l’œil ne peut dire à la main : je n’ai pas besoins de toi… ». Les évidences (« Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre… » etc.) aboutissent à cette affirmation selon laquelle « Dieu…a voulu qu’il n’y ait pas de divisions dans le corps, mais que les différents membres aient tous les soucis les unes des autres » Affirmation valable pour le corps humain physique, et plus encore : dessein de Dieu pour l’unité et la charité fraternelle dans son Église. L’image du corps se termine au v.27 : « Or, vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps ». En effet, le paragraphe suivant n’a plus rien de figuré, il parle directement des fonctions dans l’Église. Il insiste sur la hiérarchie entre ces fonctions : « dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner… » – la suite des « charismes », ou des « charges », ayant une hiérarchie moins nettement exprimée… Nous revenons à des « évidences » : « Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète… », comme si saint Paul exprimait des vérités de base, pour bien persuader ses Corinthiens de la nécessité d’éviter toute jalousie et de privilégier l’unité entre eux. Mais attendons dimanche prochain pour connaître la suite !

A la semaine prochaine !

 

Les grandes célébrations liturgiques 2022 à Venière

La semaine Sainte 2022

Le 10 avril: dimanche des Rameaux: procession et messe 9h30

Triduum Pascal

Le 14 avril: jeudi saint: messe de la sainte cène: 17h20
Le 15 avril: vendredi saint: office de la passion: 16h30
Le 16 avril: samedi saint: vigile pascale: 21h45
Le 17 avril: dimanche de la résurrection: messe 10h

 

Noël 2022

Le 24 décembre : Vigile à 22h et messe de minuit
Le 25 décembre : Messe de Noël 10h

 

 

 

 

Les anniversaires, autres fêtes et évènements…

Ce 2 février 2022, notre sœur Marie-Élie fera Profession Monastique, en la fête de la présentation du Seigneur au Temple, fête de la lumière, journée des consacrés.
Nous vous invitons à vous unir à notre joie et d’ores et déjà prier pour qu’abondent les bénédictions du Seigneur.