« Qu’il est bon, qu’il est doux de vivre ensemble en frères. »
Psaume 133,1

23-moinette-dessinatrice

Les oblates bénédictines

l’Oblature bénédictine, une chance, une grâce pour l’Eglise, pour le monastère! C’est une vocation, au coeur de la vie laïque, à vivre à la lumière de l’Evangile et de la Règle de saint Benoît; un appel à s’offrir à Dieu.
Oblation vient de oblatus/offert. La fidélité de l’Oblat découle de la fidélité à l’élan baptismal, précisé et approfondi par l’acte d’oblation. Cela se vit par l’appartenance à une Communauté, à un monastère précis reconnu comme lieu /source. Les oblat(e)s sont le prolongement du témoignage de la Communauté monastique. Accueil, paix, prière, … Les oblat(e)s répandent le charisme bénédictin au coeur de leur engagement familial, professionnel, paroissial, social…
Plusieurs week-ends par an permettent de fructueux échanges, de fraternelles rencontres, une formation spirituelle avec des partages  en profondeur. Notre Oblature compte 23 Oblates et plusieurs personnes en recherche.

Formation: Samedi 8 et dimanche 9 Octobre week-end des oblates. Le thème sera “l’Eucharistie“.

Lise nous parle de ces rencontres:
“Le week-end des Oblates au Monastère de Venière, aujourd’hui, je le nomme l’Atelier des Oblates, car nous sommes par notre Règle des artisans, et nos rencontres entre Oblates, animées par nos Sœurs de la Communauté, ressemblent bien à un travail commun d’artisans, mettant sur l’établi de nos échanges “les bonnes besognes” que nous sommes pour Dieu.
Rien d’extraordinaire dans ces rencontres si ce n’est la grande simplicité d’être ce que l’on est et il faut du temps pour y parvenir à ce Fiat.
Chaque rencontre entre nous nous approfondit par la mise en commun de nos vécus, cheminant au cœur de la même Règle de Saint Benoît qui nous révèle peu à peu sous le regard du Christ, qui n’est pas le regard des hommes, qui est regard de Miséricorde !
Nous devenons lentement les pierres vivantes de l’édifice, “intégrées dans la construction”, toutes uniques, toutes différentes, Seules/Ensemble dans la même recherche d’Unité, Monos, Monastique au milieu du monde, porteuses de paix et d’unité, en tout cas nous y efforçant, c’est le sceau de ces rencontres, le sceau Bénédictin : PAX. “. Voilà mon Labor et Fides ” 
Lise
Les oblates témoignent:

Jour de joie !  Le 11 juillet 2021, lors de l’Office de Vêpres, la Communauté de Venière m’a accueillie « Oblate séculière » de son monastère. En réponse à un appel très profond, j’ai prononcé mon acte d’Oblation, j’ai promis en suivant les pas de Saint Benoît « de ne rien préférer à l’Amour du Christ », et j’ai chanté ce verset du psaume 118 : « Accueille-moi Seigneur selon ta Parole et je vivrai, ne déçois pas mon attente ! »

Voilà bien longtemps que j’ai senti le Seigneur frapper à la porte de mon cœur. Je me souviens, encore étudiante, pendant une session en montagne, avoir cherché un guide. J’ai alors acheté… un psautier ! J’aimais feuilleter ce recueil à la couverture soleil jaune-orangé, je savais que j’y trouvais des paroles de vie : des cris de détresse et d’angoisse, des cris d’espérance, des cris de joie, ceux-là mêmes que Jésus avait priés ! J’ai toujours gardé ce livre sur ma table de chevet.  Quelques années plus tard, j’ai cherché un accompagnateur spirituel pour avancer dans ma vie chrétienne ; je désirais développer la grâce de mon baptême au sein de l’Eglise. J’habitais Tournus ; en 1991, une amie m’a présenté le monastère de Venière.  Il m’a été offert de cheminer successivement avec plusieurs Sœurs Bénédictines. Quel bonheur de partager avec ces femmes passionnées … et passionnantes ! Chacune avec son charisme propre m’a fait découvrir ce qui donnait sens à sa vie : cette recherche incessante du Christ.  Je venais à l’Abbaye, j’avais un « parloir », et je terminais en m’unissant à leur liturgie à la Chapelle. Ces religieuses chantaient si bien les psaumes ! Le Monastère de Venière est devenu mon port d’attache. Je venais y prendre des forces, approfondir ma Foi, relire mon cap …

En parallèle, j’étais, et je reste, une « Madame tout le monde », avec ma vie familiale, professionnelle, paroissiale, associative etc . J’ai plaisir à m’impliquer auprès des miens, de mon clocher, du bureau de mon club de sport … J’aime rencontrer ceux que le Seigneur place sur ma route, je tente de « Fleurir là où Dieu m’a plantée » comme l’écrit Saint François de Sales. Au fil des années, cette invitation du Seigneur à le suivre de plus près s’est imposée à moi. J’avais envie d’avancer plus loin dans ma vie de croyante. J’ai côtoyé plusieurs familles spirituelles chrétiennes, expériences très riches aux belles rencontres … qui m’ont fait cependant comprendre que je préférais l’Ecole de Saint Benoît et cette Communauté de Moniales auprès desquelles je me sentais presqu’adoptée. J’ai alors demandé à me joindre aux Oblates de l’Abbaye de Venière.

            En la solennité de Saint Benoît, devant ma famille, mes amis, les Moniales et les Oblates, je me suis engagée à vivre plus intensément ma vocation de baptisée dans un esprit bénédictin, en privilégiant la prière au cœur de mes journées avec la liturgie des heures, l’oraison, en aimant le Seigneur dans un effort persévérant de conversion, en participant aux rencontres de formation des Oblates, en partageant les joies et les peines de la Communauté, en essayant de lui rendre service …

Loué soit Dieu pour ce chemin d’Alliance qu’Il ouvre devant moi !

Mon oblature à la Rochette fut fixée le 16 août 1974, bien que je fisse la connaissance des Bénédictines de la Rochette en 1968, année où notre pays était en révolution, c’est-à-dire que le monde voulait avoir raison de tout et revendiquait à tort et à travers la moindre situation. Il y eut la censure de l’esprit, mais aussi celle qui était le droit d’aller travailler. etc.

C’est en les visitant et échangeant avec les Bénédictines, que j’ai ressenti la liberté de penser et d’agir, je goûtai la Paix qui régnait chez elles, qui se retrouvait dans la vie de la Prière, ainsi que la stabilité de vie comme le demande Saint Benoît. Ce fut comme un roc où je pouvais m’appuyer. Les Moniales, en effet, rayonnaient de cette paix, ne revendiquaient rien, restaient humbles et sereines. Leur accueil reste fidèle aux pauvres, aussi bien qu’aux riches mêlant la charité à la politesse ; elles nous encouragent et nous soutiennent dans la Prière et la vraie recherche de Dieu. Ceci m’amena à lire la Règle de Saint Benoît et d’en vivre avec l’appui du Monastère.

Ma recherche sur Dieu ne pouvait pas se faire dans les paroisses ; les sujets étaient plutôt tournés vers des problèmes sociétaux, mais hélas, la part qui revenait à Dieu était escamotée. Avec les Bénédictines, ce fut le contraire… celles-ci nous entraînent à la Prière de louange et la Liturgique grégorienne, ce qui est fort beau. Les chants paroissiaux ne m’ont jamais amenée à la prière, leurs chants étant trop égocentriques.

Chez les Bénédictines nous trouvons des moniales doctes (comme le demande Saint Benoît), pour nous éclairer et nous conduire à Dieu.

Quant à la façon dont ma vie spirituelle a tourné ou progressé ? Ceci demeure personnel… A chacun d’essayer et de s’engager, en méditant le chapitre II de la Règle de Saint Benoît qui est l’agir de l’Abbesse… Si nous considérons notre prochain à son exemple alors, ce ne sera pas si mal !

Marie-Noëlle Coulon, Oblate

Ma conversion a eu lieu il y a 20 ans cette année, à la suite de la mort violente d’un ami à laquelle j’ai assisté. Depuis ce temps je chemine vers le Seigneur. Mon désir est d’être témoin de l’amour de Dieu par Jésus et de me laisser guider par l’Esprit Saint. 

J’ai recherché différents lieux de retraite dans la région de Saône et Loire afin d’approfondir ma foi et pour m’unir d’une manière plus intime à une famille monastique. J’avais rencontré Mgr Rivière (de son prénom Benoît !) à l’occasion d’une rencontre avec les jeunes de la Paroisse d’Étang sur Arroux, qui m’a indiqué l’Abbaye de Venière. La première fois que j’ai mis les pieds à Venière, j’ai su que là était ma famille de foi. L’accueil des sœurs, leur sourire, leur joie communicative, l’écoute assidue de Sr Martine qui était responsable des oblates à cette époque ainsi que de Mère Marie-Joseph qui me guidait quand j’habitais encore dans cette région, m’ont aidée sur le chemin de l’oblation. L’exemple des sœurs a été convainquant plus que toute parole.

C’est dans cette communauté que je me suis laissé enseigner à l’école de St Benoît et je ne cesse de chercher le visage de Dieu. Je suis très attachée à la tradition bénédictine qui propose “prière et travail” (Ora et Labora). La démarche bénédictine est de faire chaque geste de la vie quotidienne paisiblement, intensément, authentiquement pour la Gloire de Dieu. Saint Benoît nous invite également à garder le silence d’une manière habituelle. Ce silence me permet de mieux écouter la Parole de Dieu et de la méditer, de la partager notamment avec le Père Jean-Noël (qui a célébré l’Eucharistie lors de mon oblation) chaque jour que Dieu fait et ceci depuis de nombreuses années. La prière est au cœur de ma vie avec la prière des heures, la Lectio Divina, l’Oraison et l’Eucharistie. Je me sens en harmonie avec la Règle de Saint Benoît et aussi d’en vivre selon l’esprit bénédictin. C’est dans cette famille monastique (je vais souvent à l’Abbaye de Ganagobie) que je réalise le dessein de Dieu pour moi, là où Il m’a placée.
Claudine G.

Ce n’est pas nous qui choisissons le Monastère, c’est le Monastère qui nous choisit“. (Dom Guéranger). 

C’est ce que j’ai ressenti en posant mes valises de vie à Venière et dans cette Règle de St Benoît, je m’y suis emboîtée comme une pièce de puzzle dont la forme était dessinée, sa forme pour moi était la Tendresse, la Protection, un lieu sûr intérieur. Il n’est pas sans embûches mais je n’y risque rien sinon de m’approfondir davantage donc de me simplifier. Pour moi l’Oblature est un oui à la Vie, celle qui n’a pas de limites et qui accueille toute vie et tout humain quel qu’il soit. C’est un Suscipe permanent qui me sauve tous les jours de moi-même pour me laisser pénétrer par un Cœur Bienveillant celui du Christ qui ne rejette personne. “
Lise

Témoignage de G…

Les motifs qui me font entrer en oblature à Venière sont :

L’amour que je vous porte à toutes, sœurs de Venière, Vos chants, votre liturgie pleine de pureté et de force, la parole de Dieu, à travers vous, me touchent.  C’est comme une source bienfaisante. Je ne vois pas d’autres lieux qui pourraient me soutenir autant que vous. Votre accueil, votre amour, l’accompagnement dont j’ai pu profiter depuis déjà plus de 10 ans, le discernement, l’espérance, la joie sont précieux pour moi. 

Le second motif, le plus puissant, c’est l’amour du Christ, Lui pour moi et moi pour Lui.

Je dis oui, un grand oui sans réserve à Jésus Christ : le Seigneur m’a visitée, me visite, me réconforte et surtout il est présence douce et constante.  Il est Un, c’est Lui le premier dans mon cœur. 

La fin du psaume 4 que vous chantez le soir, porte ce que je ressens le soir, seule, dans mon chalet du Vercors :  “dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seule, dans la confiance “. 

J’ai profondément confiance en l’Éternel, en Jésus Christ, Fils du Dieu vivant :

– À Assise, en Italie, ce mois d’avril 2022, j’ai accepté totalement l’incarnation du Père dans le Fils Jésus, “Chemin, Vérité et Vie”.

-A Cotignac en juin 2022, lors du pèlerinage des mères, en arrivant au sanctuaire de Notre Dame des Grâces, j’ai reçu tant d’amour, de paix intérieure, de douceur que mon oui était total.

La prière chantée de Charles de Foucauld me touchait comme une profonde communion avec le Père : “Je n’ai qu’un désir, t’appartenir, car tu es mon Père et je m’abandonne à toi, car tu es mon Père, je me confie en toi…”

J’ai toujours choisi, je crois, d’être du côté des petits, des souffrants, des humbles.  …

J’espère honorer Jésus, en m engageant avec Lui, dans ma famille, en particulier mes petits-enfants, et puis les amis, les voisins et toutes les personnes rencontrées à travers mon travail que je poursuis encore ; et puis, pour notre humanité.

Je choisis la louange et l’intercession…. J’aimerai, humblement, dans la foi, être une petite étincelle de lumière auprès de ceux qui souffrent…qui cherchent, qui peinent… redonner de l’élan, redonner de la vie…

Malgré les épreuves, les traversées douloureuses, les douleurs partagées, je garde je crois cet esprit de gratitude, d’émerveillement, de confiance et d’espérance en l’Éternel, le Tout puissant, en Jésus Christ, notre Seigneur et notre Dieu. 

 Être oblate avec mes sœurs oblates et vous toutes mes sœurs de Venière est un cadeau humain et divin. C’est pour moi un appel fort et juste aujourd’hui.

Merci à vous mes sœurs bénédictines de m’accueillir dans cette démarche avec Saint Benoît : aimer, écouter, prier, louer, travailler, réconforter, servir, accueillir…en toute humilité. 

 Que le Seigneur m’aide en chaque instant, Lui qui Sait tout, Peut tout et qui nous Aime à l’infini.

 Amen.