« …Ce que nous avons vu et entendu,
nous vous l’annonçons, à vous aussi…  »

1Jean 1

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Réponses à vos questions

« Au début de l’évangile de Saint Jean, les paroles des prêtres et des lévites à Jean-Baptiste nous interrogent nous aussi aujourd’hui : « qui es-tu ? » ; « que dis-tu de toi-même ? » Jean 1,20-24. Elles nous font rebondir sur celles de Jésus de Nazareth qui demande un jour à ses disciples : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Luc 9,18-22.

Ce n’est qu’au matin de la résurrection de Jésus et à la Pentecôte dans l’effusion de l’Esprit Saint que le disciple pourra témoigner de ce qu’il est, car il aura vu et entendu l’inouï et il aura cru que Jésus est le Fils de Dieu, le Christ, Mort et ressuscité afin que nous devenions enfants de Dieu et que nous ayons en Lui la Vie éternelle.

C’est cela qui nous transforme et nous donne vie. Nous en témoignons… »

Vos questions- F.A.Q.

Témoigner en répondant à vos questions

Chacune de nous peut ressentir, à un moment ou un autre, le fait de ne pas avoir d’enfant. Mais toute vie humaine comporte des manques. Le manque peut être vécu de manière négative ou bien au contraire être le creuset d’où jaillit la vie. La fécondité que nous sommes appelées à vivre, comme moniales, n’est pas d’ordre charnel, mais d’ordre spirituel. Par notre prière, notre recherche aimante et fidèle du Christ, nous souhaitons transmettre la vie que Dieu nous offre.
Dans la communauté, l’une de nous a reçu le charisme de prier pour des femmes qui n’arrivent pas à avoir d’enfant et elle a souvent été exaucée.

– Le célibat, c’est être à Dieu (c’est pourquoi on parle de célibat consacré) parce qu’on l’aime et que l’on sait qu’en l’aimant on apprendra à aimer tous les hommes de la Terre.
– Le célibat, c’est se donner exclusivement à Dieu pour un amour universel.
– Le célibat, c’est un don par amour : comme tout don, il en résulte une paix, une joie… Dieu donne et se donne.

Certainement pas. Dans le Prologue de sa Règle, Saint Benoît évoque le Seigneur cherchant son ouvrier dans la foule et criant : « Qui veut la vie et désire voir des jours heureux ? Si tu réponds : c’est moi, Dieu te réplique : « Si tu veux avoir la vie véritable et éternelle, interdis le mal à ta langue … détourne-toi du mal et fais le bien, cherche la paix et poursuis-la » (Psaume 33 cité dans le Prologue de la Règle de Saint Benoît). C’est l’écho de toute la Bible. Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu adresse à Israël, par la bouche de Moïse, cet avertissement : « Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur, moi qui te commande aujourd’hui d’aimer le Seigneur ton Dieu, de suivre ses chemins … Choisis la vie !» (Deutéronome 30,15.19). (C’était le thème proposé par Jean-Paul II pour les JMJ de Denver.) Et Saint Benoît s’exclame : « Quoi de plus doux que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie » (Prologue de la Règle de Saint Benoît versets 19-20). Mais St Benoît est réaliste : il sait que la voie du salut connaît des débuts difficiles et qu’on peut être tenté de la quitter sous l’effet d’une crainte subite. « A mesure que l’on progresse dans la foi et la vie monastique, le cœur se dilate et l’on court dans la voie des commandements de Dieu avec la douceur ineffable de l’amour » (v.49).

Ce n’est pas un bonheur facile, ce n’est pas un bonheur clinquant, mais c’est un bonheur durable et profond, un chemin pascal de bonheur à la suite du Christ.

 

Nous sommes entrées librement au monastère. La clôture de ce lieu est un espace de liberté et d’intimité qui aide au recueillement et à la recherche de Dieu, par un certain retrait.
Elle n’est pas là pour nous enfermer mais pour nous permettre d’aller plus loin, plus haut, plus profond…

 

Bien sûr, car c’est là que se joue l’histoire du salut. Toute la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse, nous dit que Dieu est le Seigneur de l’histoire, depuis l’origine jusqu’à la fin des temps. Les prophètes n’ont cessé de relire l’actualité pour y discerner, à la lumière de l’Esprit Saint, les enjeux profonds qui y étaient engagés et avertir le peuple afin qu’il reste fidèle à l’Alliance. Dans l’Evangile, Jésus reproche avec douleur à ses auditeurs de ne pas savoir reconnaître les signes des temps, les signes de la visite de Dieu. (Matthieu 16,3 ; 24,37-39 ; Luc 19,41-44). Tout près de nous, le cardinal Lustiger a affirmé : « Qu’il s’agisse des personnes ou des peuples, il n’y a pas d’histoire profane » car il savait que les évènements du monde, les choix culturels des sociétés et les décisions prises dans le secret des consciences engagent sur un chemin de vie ou de mort, de péché ou de salut et prennent leur véritable sens à cette profondeur. Aussi un grand théologien protestant, Karl Barth, a pu dire qu’il fallait tenir d’une main la Bible et de l’autre le journal. C’est ce que nous essayons de faire au monastère, tout en gardant un certain recul pour y voir plus clair. Nous ne regardons pas la télévision, sauf cas exceptionnel, mais nous lisons des articles de fond et nous tenons au courant de l’actualité, que nous portons ensuite dans la prière communautaire et personnelle.

Oui, nos familles viennent nous voir.
Même si nous voyons moins souvent les nôtres, si nous n’assistons pas aux réunions de famille, séparées matériellement, nous sommes profondément unies à chacun par la prière, l’écoute disponible, la présence du cœur. Peu à peu la famille d’une sœur devient la famille de toutes. Nos proches aiment venir ici partager avec nous les grands moments familiaux.

Nous essayons de rester unies à Dieu toute la journée non par la prière vocale, ni par un effort du mental, mais par l’attention du cœur. Il s’agit de tout faire sous le regard de Dieu et avec Lui.
Les offices, répartis tout au long de la journée, sont comme des piliers qui nous ramènent plus intensément à Dieu si notre cœur s’est laissé distraire.

Saint Benoît dans le chapitre 58 de sa Règle se montre soucieux de la liberté des personnes. Il prévoit pour celui qui veut se joindre à la communauté des frères, un temps de discernement et de mûrissement de l’appel entendu. Il insiste sur la volonté libre, la réflexion avant de s’engager et sur la capacité à mener cette vie : « si tu veux … ; si tu peux … ; si après une mûre délibération, il promet … »

Huit années sont nécessaires pour respecter et favoriser la liberté, elles permettent à la personne qui désire suivre le Christ dans la vie bénédictine et se joindre à notre communauté d’éprouver sa vocation. Elles permettent aussi à la communauté d’évaluer les aptitudes de la personne à notre forme de vie. La vie bénédictine s’exprime par un brûlant amour du Christ que Benoît définit ainsi : « Ne rien préférer à l’amour du Christ »; chercher son visage par la lecture amoureuse de la Parole ; aimer l’office divin, c’est-à-dire aimer louer le Seigneur et intercéder pour les hommes, ce que Benoît définit ainsi : « ne rien préférer à l’office-divin »; aimer la vie commune, en se donnant aux autres avec charité dans le service mutuel, ce qui conduit aussi à « supporter » les défauts d’autrui dans la patience et conversion de vie. Saint Benoît en parle dans le beau chapitre 72 de sa Règle.

L’habit montre l’unité du corps que nous formons. Et puis l’habit est tout un symbole :
Le voile, bien sûr, rappelle le voile de mariée… c’est le signe de notre union, de notre appartenance au Christ … un peu comme le symbole si fort de l’anneau que nous portons (il est gravé JESUS + notre nom religieux)
La tunique, coupée en forme de croix, nous rappelle que nous avons revêtu le Christ à notre Baptême.
La ceinture qui me lie à JESUS … Oh, ne me lâche pas JESUS, j’ai besoin de toi… Symbole de la force de l’Esprit aussi car dans l’antiquité, on se ceignait les reins avant le combat ou les longues marches: l’Esprit nous fortifie sur notre chemin de vie …
Le scapulaire : autrefois, il servait plutôt de tablier. Il est donc symbole du service fraternel à rendre à nos Frères à la suite du Christ.

Et puis, je m’adresse maintenant très spécialement aux femmes qui nous rencontrent aujourd’hui : entre nous, il est très libérant d’être habillées toutes pareilles : pas besoin de réfléchir aux couleurs et formes, et à l’harmonie de nos vêtements chaque matin. Et cela nous gagne du temps … pour courir à la prière: quel bonheur !

C’est à partir de mon entrée au monastère que je me suis mise à aimer les études… Avant, l’école pour moi, c’était une épreuve !
Depuis mon entrée au monastère, j’aime tout : les cours, les devoirs, les études fouillées, les conférences… Ce qui a changé n’étant pas les stylos et les feuilles mais le thème : étude de la Bible, de l’histoire de l’Eglise, de la théologie, du monachisme, étude de la Règle de Saint Benoît et des différentes spiritualités.
Tout tourne autour de Dieu et comme il est bon d’apprendre à le connaître !
Bien sûr, il peut exister aussi quelques temps de formation pour les emplois dont nous sommes chargées : cuisine, infirmerie etc… C’est alors pour Dieu et nos Sœurs, ce qui est bon aussi !

 Saint Benoît a écrit sa Règle pour des « moines cénobites ». Il les définit ainsi : « ils vivent en commun dans un Monastère et combattent sous une Règle et un Abbé » – pour nous, une Abbesse.
Le mot  » supérieure  » peut prêter à confusion. Il vaudrait mieux le remplacer par le mot « serviteur » ! En fait, dans l’Eglise, toute autorité doit être exercée dans un esprit de service, à la suite du Christ qui a lavé les pieds de ses disciples.
L’Abbesse est élue par la Communauté pour une durée a priori indéterminée. Elle veille à l’unité de la communauté et guide chacune et toutes ensemble vers le Christ. Comme représentante du Bon Pasteur gouverne le Monastère, elle donne un élan pour les orientations communes et prend des décisions. Dans cette responsabilité, elle est aidée entre autre d’un Conseil formé de quelques Sœurs choisies ou élues. Pour les questions importantes, elle réunit la Communauté en Chapitre, afin que chaque Sœur s’exprime  dans une diversité enrichissante. De même, quand l’Abbesse répartit les charges ou demande des services, elle le fait dans un dialogue avec les Sœurs concernées. C’est cependant elle qui finalement prend la décision.
Ne pensons surtout pas que l’Abbesse a pour fonction de donner des ordres. Car c’est au plan spirituel que se situe essentiellement sa responsabilité. Elle cherche surtout à faire l’unité de la Communauté, à faire grandir la charité fraternelle et à susciter en chacune des Moniales une authentique vie de prière et d’union à Dieu.

Sûrement pas ! La vie monastique est une aventure palpitante ! On ne s’ennuie jamais ! L’une de nos sœurs anciennes qui a cinquante ans de vie monastique a dit un jour : « Depuis que je suis entrée au monastère, je ne me suis jamais ennuyée une seule minute ! »
Tout d’abord, nous vivons en communauté, chacune de nous se montre différente par sa culture, son éducation, ses goûts, son âge, ses idées, sa façon de travailler, d’entrer en relation, de s’exprimer … C’est à la fois un enrichissement et une bousculade continuelle.
Mais surtout, cette vie, nous la vivons avec quelqu’un : le Christ. Il est vivant et agissant dans le monde et dans chacune de nos vies. Avec Lui, c’est impossible de s’ennuyer. Quand nous Lui laissons la place d’agir, Il agit. Il nous entraîne toujours plus loin dans la découverte de qui Il est, dans la connaissance de son Père, dans l’abandon à l’Esprit-Saint, dans l’amour de nos sœurs et des hommes, dans la paix, la joie et la liberté intérieures, dans la prière, la louange et l’intercession, dans le courage et le don de soi, dans l’unification du cœur. Quand on marche avec Lui, on va de découverte en découverte, on ne stagne jamais, sauf quand on ne veut plus marcher car nous sommes libres.
Cette aventure palpitante comporte comme toute aventure des moments de joie, la découverte de « beaux paysages » et des moments d’obscurité où il faut traverser des broussailles et des embûches.
Pour vivre la vie monastique, c’est sûr, il faut avoir l’esprit d’aventure, on ne risque pas d’être déçu !

Nous sommes vingt-cinq Sœurs de tous âges, de toute origine sociale, de diverses cultures, qui vivons ensemble 24h sur 24 dans un espace appelé « la clôture » comprenant les bâtiments et trois hectares de terrain.
La vie communautaire est un des piliers de notre vie bénédictine : elle est le lieu où se pratique concrètement la charité. Chacune par sa fidélité, par son service, par le don d’elle-même, contribue à faire vivre la Communauté et à la maintenir dans la paix.
Bien sûr, il y a parfois des heurts, des caractères qui ne s’accordent pas de façon immédiate…
Mais la Règle de Saint Benoît donne aussi des outils pour faciliter l’amour fraternel.

  • les diverses fonctions sont réparties : chacune est au service des autres, ce qui fait régner un esprit d’entraide ;
  • la Règle propose de prendre un temps pour se réconcilier le soir lorsqu’il y a eu des frottements ;
  • il y a aussi le précieux outil du silence à observer en de nombreux lieux et temps, silence qui donne le temps de réfléchir avant de réagir ;
  • notons le rôle de l’Abbesse qui sait susciter entre les Moniales des collaborations fructueuses ;
  • enfin, par la prière personnelle et la méditation de la Bible, chacune trouve la lumière pour poser les gestes et dire les mots qui unissent au lieu de diviser.

On le voit, l’entente ne va pas toujours de soi, elle demande une volonté, un effort ; mais avec la grâce de Dieu, elle est possible. Et très généralement, c’est la joie fraternelle qui règne dans la Communauté.

Le Postulat suivi du Noviciat puis de la Profession temporaire s’étendent sur un minimum de neuf ans durant lesquels la candidate discerne avec la Communauté si c’est bien à cette vie monastique qu’elle est appelée. Pendant le Postulat, le Noviciat ou à l’issue de la Profession temporaire, elle peut donc se retirer sans difficulté. Mais elle peut aussi choisir de s’engager définitivement dans la Communauté. Elle prononce alors des vœux par lesquels elle promet pour sa vie entière de vivre selon la Règle de Saint Benoît dans cette Communauté. On comprend donc que l’Eglise attende d’elle une fidélité à cette parole donnée librement.
Mais il peut arriver qu’une Moniale ne parvienne plus à persévérer dans ses engagements et qu’il se révèle sage de la relever de ses vœux. Les Moniales, même si elles rencontrent des difficultés dans leur vie monastique, y persévèrent jusqu’au bout. Sachant que Dieu ne manque pas d’accorder sa grâce à ceux qui la lui demandent, elles s’appuient sur leur relation vivante au Seigneur, sur le soutien de la vie fraternelle, sur l’aide spirituelle de l’Abbesse, et découvrent dans leur fidélité quotidienne un chemin de bonheur.